Centrafrique : Les abus de la garde présidentielle atteignent un nouveau sommet avec l’agression de M. Konamna, un conducteur innocent

Publié le 15 juin 2023 , 7:40
Mis à jour le: 15 juin 2023 4:50 pm

Centrafrique : Les abus de la garde présidentielle atteignent un nouveau sommet avec l’agression d’un conducteur innocent

 

Deux éléments de la garde présidentielle
Deux éléments de la garde présidentielle

 

 

Bangui, 16 juin 2023 (CNC) —   En République centrafricaine, la violence et l’impunité des éléments de la garde présidentielle ont une fois de plus été mises en évidence, avec une récente agression choquante perpétrée contre un conducteur sans défense. La victime, Guy Konamna, lutte actuellement entre la vie et la mort à l’hôpital de la gendarmerie au camp Fidèle Henri Izamo à Bangui. Selon les informations qui circulent sur les réseaux sociaux, Monsieur Konamna aurait été violemment agressé par les éléments de la garde présidentielle, sous le commandement du capitaine Gervais Simplice Yakokpamon.

 

Un conducteur innocent victime de violences extrêmes

 

Les faits se seraient déroulés dimanche dernier au Pk 24, sur la route de Boali à l’entrée de Bangui, la capitale du pays. La garde présidentielle aurait soupçonné la victime d’avoir des liens avec la coalition des patriotes pour le changement (CPC), une alliance de groupes armés dirigée par l’ancien Président François Bozizé.

 

Le 11 juin, alors que Guy Konamna rentrait de Douala après avoir ramené un véhicule, il a été arrêté à la barrière du Pk 24 par des éléments de la garde présidentielle. S’attendant à une simple formalité, il a été conduit chez un adjudant de l’armée, fouillé, puis remis au capitaine Gervais Simplice Yakokpamon de la garde présidentielle.

 

S’ensuivit un interrogatoire brutal sur son identité, au cours duquel Guy Konamna a été frappé à plusieurs reprises. Par la suite, il a été emmené dans une pièce close où neuf soldats de la garde présidentielle l’ont passé à tabac pendant deux heures.

 

Selon la victime, ses agresseurs l’ont accusé d’avoir insulté le chef de l’État lors d’un appel téléphonique, ainsi que d’avoir transporté des étrangers suspects sur le territoire centrafricain. Cependant, Monsieur Konamna, interrogé,  affirme ne pas avoir le numéro du président de la République et nie toute affiliation avec la CPC.

 

La situation a atteint un niveau d’horreur supplémentaire lorsque Guy Konamna a révélé avoir été torturé sous l’œil de la caméra du téléphone du capitaine Gervais Simplice. La vidéo de cette atrocité a d’ailleurs été diffusée sur les réseaux sociaux, exposant la cruauté et l’inhumanité de ceux qui étaient censés protéger la population.

 

Après ces deux heures d’agression, Guy Konamna a été transféré à la section des recherches et d’investigation de la gendarmerie pour être interrogé. Cependant, sa santé s’est détériorée sur place, obligeant la SRI à le transférer au dispensaire de la gendarmerie pour recevoir des soins médicaux, sous une surveillance militaire étroite.

 

 

 

Lorsque nous avons contacté le capitaine Gervais Simplice pour obtenir sa version des faits, sa réaction a été menaçante. Il nous a ordonné de nous en tenir aux témoignages de la victime et de nous adresser à sa hiérarchie pour obtenir de plus amples informations. Cette attitude révèle une culture d’impunité et de mépris envers les droits humains fondamentaux.

 

Cette affaire tragique met en lumière le fait que les Centrafricains de l’ethnie Gbaya sont actuellement traqués par les milices au pouvoir, ainsi que par la garde présidentielle. Vivre à Bangui est devenu une souffrance pour les Centrafricains dans leur propre pays, témoignant d’une dangereuse dérive dictatoriale.

 

Par Gervais Lenga

 

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