Centrafrique : Le BRDC met Touadéra face à ses contradictions constitutionnelles

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
L’opposition démocratique centrafricaine réunie au sein du BRDC dénonce l’impossibilité juridique d’organiser des Élections avec la Constitution actuelle.
Le Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC) vient de porter un coup dur au processus électoral en cours. Dans une lettre ouverte adressée ce 24 septembre au président Touadéra, l’opposition met le doigt sur une contradiction majeure : la Constitution promulguée par le chef de l’État lui-même rend impossibles les Élections de décembre.
L’argument du BRDC est simple et redoutable. La Constitution de 2016, initiée et promulguée par Touadéra, impose dans son article 10 une condition stricte pour occuper les hautes fonctions : être “centrafricain d’origine, de parents eux-mêmes centrafricains d’origine”. Le problème ? Cette exigence est techniquement impossible à remplir.
La Centrafrique a accédé à l’indépendance le 13 août 1960. Avant cette date, tous les habitants du territoire étaient français grâce à la loi Lamine Gueye. Comment peut-on alors être “centrafricain d’origine” quand la nationalité centrafricaine n’existait pas avant 1960 ? Le BRDC en tire une conclusion logique et embarrassante pour le pouvoir : ni Touadéra ni les autres dirigeants actuels ne peuvent être éligibles selon leur propre Constitution.
“Seule la génération de nos enfants pourra être éligible”, écrit le coordonnateur du BRDC, Crépin Mboli-Goumba. Une affirmation qui démontre l’absurdité juridique de la situation. Le président lui-même ne pourrait pas se représenter selon les critères qu’il a établis.
Mais ce n’est pas tout. Le BRDC pointe une autre faille majeure : le code électoral n’a jamais été mis en conformité avec cette Constitution. L’exigence d’être “centrafricain d’origine” n’apparaît nulle part dans le code électoral. Cette contradiction rend le code anticonstitutionnel et donc illégal. Par conséquent, toute élection organisée sur cette base serait elle-même illégale.
L’opposition ne s’arrête pas là. Elle rappelle que l’Autorité nationale des Élections (ANE) demande au président de prendre un décret le 29 septembre pour convoquer le corps électoral. “Quel texte viseriez-vous, puisque le code électoral est lui-même anticonstitutionnel ?”, interroge le BRDC. “Quel corps électoral convoqueriez-vous, puisque le fichier électoral n’est toujours pas disponible ?”
Cette dernière question touche un autre problème persistant. L’article 19 du code électoral exige que le fichier électoral soit affiché publiquement et disponible toute l’année. Or, personne n’a encore vu ces fameuses listes électorales dans les communes centrafricaines.
Le BRDC rappelle également un détail technique important. Selon les experts de la MINUSCA, la date limite pour commander le matériel électoral était fixée au 22 septembre. Nous sommes déjà le 24 septembre. Toute commande passée après cette échéance ne peut plus garantir la tenue des Élections dans les délais prévus. Le chronogramme de l’ANE devient donc techniquement caduc.
Face à ces multiples obstacles, l’opposition tire une conclusion sans appel. Les Élections prévues pour décembre cumulent les vices de forme : chronogramme caduc, code électoral anticonstitutionnel, absence de listes électorales, exclusion de fait de tous les acteurs politiques majeurs y compris le président lui-même.
La lettre du BRDC met Touadéra dans une position délicate. Comment peut-il maintenir un processus électoral basé sur des textes qu’il a lui-même rendus inapplicables ? Comment justifier l’organisation d’élections avec un code électoral qui contredit sa propre Constitution ?
L’opposition demande donc au président de “prendre les mesures nécessaires afin que se tienne le dialogue”. Un dialogue qui permettrait de “trouver une solution politique à cette situation” avant qu’elle ne dégénère en crise majeure.
Le ton de la lettre reste respectueux mais ferme. Le BRDC ne peut “croire qu’il pourrait être de votre fait d’instruire votre Premier Ministre d’ouvrir le dialogue avec le BRDC et en même temps favoriser la tenue d’élections exclusives, irrégulières et illégales”.
Cette démarche du BRDC montre clairement la solidité juridique de leur opposition au processus en cours. Ils ne contestent pas seulement la forme ou le calendrier des élections. Ils remettent en cause leur faisabilité même au regard des textes constitutionnels et légaux en vigueur. Une position qui pourrait contraindre le pouvoir à revoir entièrement sa copie ou à assumer l’organisation d’élections juridiquement contestables.
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)