la mafia reprend à l’aéroport de Bangui Mpoko avec CAS CORE Aviation Services
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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Depuis plus de 5 ans, la rédaction de CNC informe sur tout ce qui se passe à l’aéroport international de Bangui-M’poko. Les entreprises chargée d’assistance en escale changent de nom, les directeurs changent de visage. Le reste ne change pratiquement non plus.
Ce qui est étonnant, il y a quelque chose de presque mécanique dans ce qui se répète à l’aéroport Bangui-M’poko. Une nouvelle société décroche le contrat d’assistance en escale, ses responsables découvrent l’ampleur des flux financiers qui traversent cette plateforme, et quelques mois plus tard, les mêmes dérives réapparaissent : personnel maltraité, qualifications ignorées, argent public absorbé. CAS CORE Aviation Services, la dernière en date, ne fait pas exception. Elle confirme la règle.
À quelques jours de la fin de la réquisition, les agents de la société parlent. Pas anonymement, pas à demi-mot. Ils parlent parce qu’ils n’ont plus grand-chose à perdre. Contactée par la rédaction de CNC, la direction générale n’a pas répondu.
Ce que racontent ces travailleurs est précis. Des cadres certifiés, formés pour des postes techniques où l’erreur peut tuer, ont été écartés sans procédure, sans motif écrit, sans explication recevable. À leur place ou à côté d’eux : des agents qui devraient être à la retraite depuis longtemps, et qui restent, dit-on, parce qu’ils se réclament de protections politiques. Certains iraient jusqu’à invoquer la proximité avec la présidence. Vrai ou faux, ce genre de discours prospère dans les entreprises où personne ne demande de comptes.
Le reste du tableau est tout aussi sombre. Une majorité d’employés travaille sans contrat écrit. Les bulletins de salaire n’existent pas pour tout le monde. Les heures supplémentaires s’accumulent, non payées. C’est illégal. C’est banal, à Bangui-Mpoko.
Ce qui l’est moins, c’est qu’on parle ici d’une plateforme aéroportuaire. Pas d’un chantier de terrassement ou d’un entrepôt de stockage. Un aéroport, c’est une chaîne de sécurité où chaque maillon a un rôle précis. Quand on démotive les agents qualifiés, qu’on les humilie ou qu’on les menace de licenciement pour les faire taire, on ne crée pas seulement un conflit social. On crée les conditions d’un accident.
La rédaction de CNC l’a écrit plusieurs fois ces cinq dernières années. Avant CAS CORE, il y avait d’autres sociétés. Elles aussi avaient découvert les milliards qui circulent dans cet aéroport. Elles aussi avaient fini par se comporter en prédateurs plutôt qu’en gestionnaires. Le problème n’est donc pas un directeur général de trop ou une équipe incompétente. Le problème, c’est qu’il n’existe aucun mécanisme réel pour les arrêter.
Le ministère des Transports et l’Autorité nationale de l’aviation civile sont interpellés. Le personnel réclame des contrats en bonne et due forme, le départ des agents retraités qui bloquent les postes, et un dialogue social qui ne soit pas une façade. Ces demandes ne sont pas extravagantes. Elles sont minimales.
Si rien ne bouge dans quelques semaines, ce ne sera pas une surprise. Ce sera juste la suite logique de ce qu’on observe ici depuis trop longtemps.
Par Brahim Sallé
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