Obed Namsio et Félix Moloua au cœur d’un jeu de chaises musicales.
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Les couloirs du Palais de la Renaissance n’ont jamais été aussi agités depuis l’installation de la VIIe République. Félix Moloua refuse de partir. Obed Namsio attend toujours. Et Touadéra, lui, gère ça en silence, très loin des oreilles d’Africa Corps.
Un dossier traité hors de portée d’Africa Corps
Le premier enseignement de ce remaniement qui n’ose pas encore s’annoncer, c’est le secret dans lequel il se prépare. Le chef de l’État a choisi de traiter ces arbitrages dans le premier cercle politique, sans que les instructeurs russes d’Africa Corps n’aient leur mot à dire. Touadéra entend garder la main sur l’équilibre interne du pouvoir, sans avoir à négocier ses choix avec ses alliés sécuritaires.
Moloua ne veut pas descendre
Le schéma initial était lisible : Obed Namsio prend la Primature, Moloua reçoit un autre poste en compensation. Sauf que Moloua n’est pas d’accord.
Lui proposer le poste de Ministre d’État, Directeur de cabinet du Président, c’est lui demander de rétrograder. Après avoir occupé l’immeuble Petroca, un tel retour est exclu. Il l’a dit clairement : pas question de démissionner.
Face à ce refus, Touadéra hésite. Limoger Moloua, c’est risquer une fracture au sein de la majorité. Alors il négocie, il attend, il évite l’affrontement direct.
Le piège de la loi organique
Moloua n’est pas naïf. Il connaît la façon de manœuvrer du chef de l’État, et il n’a pas l’intention de lâcher son poste pour un siège qui n’existe pas encore. À ce jour, la loi organique définissant les attributions du Vice-président n’a pas été votée à l’Assemblée nationale.
Sa position est simple : il reste à la Primature, conduit lui-même le projet de loi devant les députés, et ce n’est qu’une fois le poste légalement créé qu’il acceptera de passer la main à Obed Namsio. Pas avant.
Le perchoir d’abord
Pendant que ce bras de fer s’étire, un autre dossier s’est imposé. Touadéra a décidé de régler d’abord la question du perchoir de l’Assemblée nationale, dont l’échéance est fixée au 10 mai.
La bataille est ouverte entre deux poids lourds du régime : Simplice Mathieu Sarandji, patron du parti et directeur de campagne historique, face à Évariste Ngamana, le beau-frère influent, titulaire du faux diplômes et ancien chef milicien. L’ambiance au sein de la majorité présidentielle est tendue.
La logique du président semble désormais établie : stabiliser le sommet du législatif avant de toucher à l’exécutif. Puisque le poste de Vice-président attend encore sa base légale et que limoger Moloua reste un sujet brûlant, le jeu de chaises musicales va encore durer.
Dans l’antichambre du pouvoir, les candidats aux postes ministériels commencent à s’impatienter.
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Par Gisèle MOLOMA
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