
La Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme (LCDH) alerte sur la situation des droits humains en République centrafricaine, marquée selon elle par l’insécurité, la peur des victimes et des violations imputées à certains éléments des forces de défense et de sécurité.
La position de la LCDH a été présentée lors d’une rencontre consacrée à l’examen à mi-parcours de la situation des droits humains en Centrafrique en 2026. À cette occasion, Maître Bruno Yacinth Piegba, vice-président du Réseau des défenseurs des droits de l’homme en Centrafrique (REDAC), a exposé plusieurs préoccupations liées à la protection de la population.

Selon lui, une partie de la population vit dans l’insécurité et dans la crainte permanente. Il estime que les textes adoptés et ratifiés par les autorités centrafricaines en matière de droits humains ne sont pas suffisamment respectés.
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« Aujourd’hui nous adoptons les textes mais personne ne les respecte », a déclaré Maître Yacinth Piegba, en évoquant notamment les engagements internationaux pris par l’État centrafricain.
La peur empêche les victimes de porter plainte
Le responsable du REDAC explique que les défenseurs des droits humains rencontrent des difficultés à intervenir lorsque les victimes ne saisissent pas les juridictions. Il attribue cette situation à la peur de représailles.
Selon son témoignage, certaines personnes hésitent à porter plainte parce que les auteurs présumés des actes dénoncés conserveraient leur capacité de nuisance.
« Les gens ont toujours peur », a-t-il déclaré, en expliquant que cette crainte limite également le travail des organisations de défense des droits humains.
Maître Yacinth Piegba estime ainsi que l’absence de plaintes devant les juridictions ne signifie pas nécessairement l’absence de violations. Il considère que la peur des victimes constitue un obstacle important à l’accès à la justice.
La LCDH dénonce les barrières illégales
Parmi les faits cités, la question des barrières illégales occupe une place importante. Maître Yacinth Piegba affirme que certaines barrières continuent d’être installées malgré les textes pris par les autorités pour les interdire.
Il met en cause certains éléments des forces de défense et de sécurité dans l’installation ou le maintien de ces dispositifs.
Le responsable du REDAC cite notamment plusieurs axes routiers, dont les routes de Damara, Bambari, Bangassou, Mbaïki et Boali. Il affirme que la population y est confrontée à des barrières où des formalités sont réclamées malgré leur interdiction.
Cette question intervient alors que près de 20 porteurs de tenue ont récemment été jugés devant le tribunal militaire de Bangui pour des faits liés à des barrières illégales. Les infractions finalement retenues contre les prévenus sont notamment la concussion et l’extorsion de fonds.
Des défenseurs des droits humains menacés
La LCDH et les organisations partenaires font également état de menaces visant les défenseurs des droits humains.
Maître Yacinth Piegba affirme que certains défenseurs sont régulièrement accusés de complicité avec des groupes armés ou des personnes considérées comme des malfrats lorsqu’ils interviennent sur des dossiers sensibles.
« Aujourd’hui, nous sommes constamment menacés », a-t-il déclaré, en précisant que certaines menaces seraient formulées directement par téléphone.
Il affirme malgré ces pressions que les défenseurs des droits humains poursuivent leur travail avec fermeté et objectivité.
Une loi destinée à protéger les défenseurs des droits humains existe par ailleurs, mais elle n’a pas encore été promulguée, selon le responsable du REDAC. Il estime que cette absence de promulgation laisse les défenseurs dans une situation de vulnérabilité.
Le coût de la vie également dénoncé
La LCDH élargit enfin la question des droits humains aux conditions de vie de la population. Maître Yacinth Piegba évoque notamment la hausse du coût de la vie, les coupures d’électricité, la qualité de l’eau, l’état des routes et les difficultés rencontrées par les producteurs agricoles pour écouler leurs marchandises.
Il estime que le respect des droits humains ne se limite pas à la protection contre les violences. Il inclut également, selon lui, l’accès à des conditions de vie permettant à la population de vivre convenablement.
Il cite notamment les difficultés liées à l’électricité et à l’approvisionnement en eau, ainsi que la dégradation des routes qui complique l’acheminement des produits agricoles vers les marchés.
Pour la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme, ces différents éléments constituent les principales préoccupations relevées dans son évaluation à mi-parcours de la situation des droits humains en République centrafricaine en 2026. Actions disponibles
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