Centrafrique : la déconfiture des FACA et de sa doctrine militaire

Publié le 13 mars 2023 , 8:05
Mis à jour le: 13 mars 2023 2:34

 

Bangui (CNC) – La République centrafricaine (RCA) a connu de nombreuses crises politiques et sécuritaires au cours des dernières décennies, avec des groupes armés qui contrôlent des zones entières du pays et commettent des exactions contre la population civile. Les forces armées centrafricaines (FACA) ont été impliquées dans ces conflits, mais elles ont souvent été mal équipées, mal formées et mal organisées. L’armée nationale, hors mis sa déconfiture, on assiste désormais à l’effondrement de sa doctrine militaire. C’est désormais le désordre.

La ministre de la défense salue les soldats FACA formés par les russes à Bérongo. Photo CNC
La ministre de la défense salue les soldats FACA formés par les russes à Bérongo. Photo CNC / Fred Krock

 

Rédigé par Gisèle MOLOMA

Publié par Corbeaunews-Centrafrique (CNC), le mardi 14 mars 2023

 

La déconfiture des FACA et de sa doctrine militaire

 

Si la doctrine militaire de l’armée centrafricaine est basée sur la défense de la nation centrafricaine et de ses intérêts vitaux, elle s’appuie également sur des valeurs telles que le professionnalisme, le courage, l’honneur, la loyauté et le respect de la vie humaine. Elle repose également sur des principes éthiques et juridiques dans l’utilisation de la force. Malheureusement, depuis près de 6 ans, les Centrafricains assistent à l’effondrement général des valeurs qui constituent le socle de leur armée.

 

Absence du professionnalisme au sein de l’armée centrafricaine  

 

Le professionnalisme dans l’armée centrafricaine instauré depuis sa création par l’ancien Président Jean Bedel Bokassa est généralement fondé sur plusieurs principes primordiaux : la subordination des militaires à l’autorité souveraine, l’allégeance à l’État et l’engagement à la neutralité politique, ainsi qu’une culture institutionnelle de l’éthique.

Ces principes sont inscrits dans les valeurs qui distinguent les actions d’un soldat professionnel telles que la discipline, l’intégrité, l’honneur, l’engagement, le service, le sacrifice et le devoir. Ces valeurs s’épanouissent dans une organisation dotée d’une mission bien définie, de lignes claires d’autorité, de la redevabilité et des textes réglementaires et législatifs. Ainsi, depuis plus de quarante ans, la doctrine militaire des FACA est souvent centrée sur la défense du territoire national contre les menaces extérieures, plutôt que sur la sécurisation des chantiers miniers et la protection rapprochée des personnalités politiques.

Depuis l’arrivée des soi-disant instructeurs de Wagner pour former les soldats centrafricains, cette doctrine s’est effondrée et que ces valeurs se sont érodées du jour en jour. Les mercenaires de Wagner, pourtant présentés comme des militaires russes, partenaires de l’armée nationale, sont aujourd’hui à la commande de cette armée.

De la formation au déploiement des soldats sur le terrain en passant par la planification stratégique des opérations, l’armée centrafricaine est complètement soumise à la société de sécurité privée russe Wagner.

Depuis trois ans, c’est désormais Wagner qui décide de tout. La formation initiale des nouvelles recrues de l’armée nationale, dont la durée légale était de six mois au minimum, est aujourd’hui ramenée à trois semaines. Le soldat FACA n’est plus formé à être un soldat républicain, c’est-à-dire respectueux des principes militaires, mais comme des mercenaires. Le soldat, une fois sorti de formation de Wagner à Berongo, n’a plus une culture de la discipline, de l’intégrité, de l’honneur, de l’engagement, du service et  du sacrifice pour sa nation. L’exemple est nombreux, et même palpable sur le terrain tel que sur des barrières de contrôles routiers, etc..

La formation dispensée aux soldats FACA par les hommes de Wagner les pousse à devenir des braqueurs, des voleurs, des assassins, etc., en un mot des criminels.

En principe, un soldat FACA, après avoir passé six mois au centre de formation militaire à Bouar, camp Kassaï ou autre, est affecté  dans un corps de l’armée. Une fois dans un bataillon, il revient encore faire une formation commune de base. Ceci dit, la formation dispensée par la société russe Wagner aux soldats FACA devraient être considérée comme une formation complémentaire, exactement comme celles dispensées par des partenaires occidentaux. Cela ne doit jamais remplacer la formation de base de six mois. Or, l’état-major des armées, dirigé par des officiers hommes d’affaires, sont devenus des figurants totalement incompétents, est soumis complètement aux mercenaires de Wagner qui décident de tout, conduisant à l’effondrement total de sa doctrine militaire.

 

Les FACA divisés et politisés

 

En outre, les FACA ont souvent été divisées et politisées, avec des officiers supérieurs ayant des liens étroits avec les différents gouvernements qui se sont succédé au pouvoir. Cela a entraîné des rivalités et des luttes de pouvoir qui ont compromis l’efficacité opérationnelle des forces armées centrafricaines.

En conséquence, les FACA ont été incapables de protéger leur pays et la population civile et ont souvent commis des exactions contre elle. Cela a créé un climat d’insécurité et d’instabilité qui a favorisé la montée des groupes armés et la perpétuation des cycles de violence dans le pays.

En six années, la réforme de l’armée initiée par le Président de la République Faustin Archange Touadera est un fiasco monumental.

 

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