Centrafrique : comme nt Faustin-Archange Touadera instrumente la division des musulmans de la RCA pour capter les 34 milliards d’ABU DHABI

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Par : la rédaction de ,
CNC a mené sa propre enquête sur les liaisons dangereuses entre le Palais de la Renaissance, la mafia de l’ancien président par intérim du conseil supérieur islamique de Centrafrique, monsieur Ahmat Deléris Rator et les réseaux d’influence tchadiens à Bangui.
Ce que le commun des mortels considérait au départ comme une simple querelle de leadership ou une rivalité intestine pour le contrôle d’une institution religieuse s’avère être, en réalité, un complot d’État. Une machination politique et financière de haut vol qui remonte jusqu’au sommet de l’État centrafricain.
Nos investigations exclusives confirment que la profonde fracture qui paralyse aujourd’hui le Conseil Supérieur Islamique de Centrafrique (CSISCA) n’est pas le fruit du hasard, ni une simple division spontanée de la base. Elle est méthodiquement entretenue, financée et protégée par le président Faustin-Archange Touadéra en personne. Au mépris des lois de la République, de la légitimité des urnes et de la souveraineté de la communauté musulmane, le Palais de la Renaissance a choisi son camp : celui de l’illégalité, de la spoliation et d’une clique mafieuse dirigée par un homme au statut de plus en plus contesté, M. Ahmat Deléris Rator.
1. LE RETOURNEMENT DU STATUT DE L’INTÉRIM : LE HOLD-UP HISTORIQUE DE DELÉRIS RATOR (2020-2025)
Pour comprendre l’explosion de la crise actuelle, il faut remonter à la mort, le 28 novembre 2020, de l’Imam Oumar Kobine Layama, figure tutélaire et émissaire de la paix en RCA. Au lendemain de ce drame, un homme s’empare des rênes de l’institution pour assurer une transition qui ne devait être que technique et temporaire : Ahmat Deléris Rator.
Pourtant, dans les textes juridiques et les statuts sacrés qui régissent le CSISCA, la règle est claire, limpide et universelle : un intérim a une durée strictement limitée. Il est conçu pour expédier les affaires courantes et organiser, dans un délai court, des élections transparentes afin de doter la communauté d’un bureau exécutif légitime.
Contre toute attente, et au mépris total de ces textes fondateurs, Deléris Rator va transformer cet intérim d’urgence en un règne sans partage. Ce qui devait durer quelques mois va s’éterniser de 2020 à 2025. Pendant cinq longues années, profitant des crises sécuritaires et des faiblesses institutionnelles du pays, Rator bloque tout processus démocratique. Face à cette confiscation flagrante du pouvoir, la lassitude puis la révolte ont fini par gagner les membres légitimes du Conseil. Face au refus obstiné de Rator d’organiser le moindre scrutin (ce dernier prétendant vouloir tout contrôler lui-même afin de s’éterniser), les forces vives de l’Islam centrafricain ont décidé de prendre leurs responsabilités en créant un comité ad hoc légal pour convoquer de véritables élections.
2. LA LÉGITIMITÉ DES URNES FACE AU REJET DU PALAIS DE LA RENAISSANCE
Au début de l’année 2026, l’issue des urnes est sans appel. Un nouveau bureau exécutif national, présidé par l’Imam Abdoulaye Ouassélégué, est élu de manière totalement transparente, démocratique et conforme aux statuts.
Mieux encore, ce nouveau bureau bénéficie d’une onction républicaine indiscutable : son investiture officielle s’est déroulée dans l’enceinte de l’Assemblée Nationale, en présence de membres éminents du gouvernement, notamment le Ministre de l’Administration du Territoire et le Ministre des Transports. À cet instant, la légalité et la légitimité sont réunies au même endroit.
Mais c’était sans compter sur le veto arbitraire de Faustin-Archange Touadéra. Immédiatement après cette élection, le chef de l’État actionne sa machine politique pour saboter ce nouveau bureau. Pourquoi un tel acharnement présidentiel contre une équipe élue selon les règles ? La réponse réside dans la doctrine fondamentale du nouveau bureau exécutif : l’apolitisme. Si le nouveau bureau prône le respect strict, constitutionnel et coranique des autorités établies du pays, il refuse catégoriquement que la religion islamique soit instrumentalisée, infiltrée ou transformée en un organe de propagande politique. Une posture de dignité et d’indépendance qui dérange profondément un régime habitué à la vassalisation des corps sociaux.
3. PACTE FINANCIER ET NETWORKING DES « CHEFS DE RACE » : LES DESSOUS DE L’AXE RATOR-TOUADÉRA
Pour maintenir son emprise, Ahmat Deléris Rator dispose d’une arme secrète : des connexions communautaires et financières transfrontalières. Bien qu’il ait grandi en République Centrafricaine, Rator est originaire du Tchad. En RCA, il s’est appuyé sur les réseaux des « chefs de race » de la communauté tchadienne installée à Bangui et dans les provinces.
Ces réseaux d’influence étrangers, gérés comme de véritables corporations d’intérêts, ont injecté des sommes astronomiques pour acheter la protection et la bienveillance du président Touadéra. Les chiffres qui filtrent des cercles financiers secrets du pouvoir sont vertigineux :
200 millions de francs CFA versés directement à Faustin-Archange Touadéra pour sécuriser l’investiture de leur faction.
19 millions de francs CFA investis pour soutenir les campagnes et les mouvements d’influence du régime.
En contrepartie de cette pluie de millions, Deléris Rator a offert au régime Touadéra ce qu’il désirait le plus : la soumission politique totale. Sous sa gouvernance illégitime, le CSISCA a été dégradé au rang de simple comité de soutien et d’animation du Mouvement Cœurs Unis (MCU), le parti au pouvoir. Rator s’affichait ouvertement, sans la moindre retenue, comme un agent électoral du régime, une dérive partisane qui a profondément choqué et blessé la majorité des fidèles musulmans centrafricains, désireux de préserver la sacralité de leur foi des contingences politiciennes.
Conscient de cet apport financier et de cette servitude politique volontaire, Touadéra protège Rator comme un atout stratégique. Récemment encore, le chef de l’État a convoqué en urgence au Palais de la Renaissance Rator et ses « chefs de race » tchadiens pour planifier un contre-comité ad hoc illégal, destiné à fabriquer un simulacre de “nouveau bureau” à sa solde, piétinant ainsi le bureau déjà élu et installé à l’Assemblée Nationale.
4. L’AFFAIRE D’AMDAFOCK : LA COMPLICITÉ DE L’OMBRE ET LA STRATÉGIE DU DÉMENTI
La preuve la plus claire de cette instrumentalisation politique est apparue lors des graves événements militaires et sécuritaires survenus à la frontière, lors de l’attaque de la ville d’Amdafok.
Face à l’urgence de la situation et à la nécessité de contrôler le récit médiatique et diplomatique, Faustin-Archange Touadéra n’a pas daigné consulter les autorités légales et élues du nouveau bureau du CSISCA. Deux jours seulement après l’attaque, le président a convoqué de toute urgence au Palais de la Renaissance son allié de toujours, Ahmat Deléris Rator, accompagné de ses éternels lieutenants des réseaux communautaires tchadiens et de complicités locales, à l’instar de l’imam de la mosquée Baboulou.
Présentée abusivement à la télévision publique comme une rencontre avec « la communauté des imams de la RCA », cette réunion n’était qu’une mise en scène. Touadéra a dicté à la clique de Rator la feuille de route : publier un démenti officiel affirmant que les assaillants d’Amdafok n’étaient en aucun cas des musulmans, mais des “étrangers”. En agissant ainsi, le pouvoir exécutif démontre qu’il n’utilise Rator que comme un bouclier confessionnel et une caisse de résonance pour ses propres besoins de communication politique, quitte à enfoncer un peu plus le clou de la division au sein de la communauté.
5. LE VÉRITABLE MOBILE DU CRIME : LA GUERRE POUR LE CONTRÔLE DES 34 MILLIARDS DE DUBAÏ ET D’ABU DHABI
Si Faustin-Archange Touadéra s’implique avec autant d’énergie et de cynisme dans les affaires internes de l’Islam centrafricain, ce n’est pas seulement pour des raisons électorales. Derrière le rideau de fumée des déclarations politiques se cache un mobile beaucoup plus sonnant et trébuchant : l’or vert du Golfe.
Comme révélé précédemment par l’équipe technique du projet, le regretté Imam Kobine avait arraché auprès des autorités d’Abu Dhabi et des Émirats un financement historique de 34 milliards de francs CFA pour le « Projet Kodou ». Ce programme humanitaire d’envergure nationale prévoit la construction de 12 complexes modernes abritant des écoles primaires et secondaires, des hôpitaux équipés et des mosquées dans neuf préfectures de la République Centrafricaine.
Cette manne financière colossale, actuellement en transit ou logée sous haute surveillance à la Banque Centrale, aiguise les appétits les plus féroces du clan déchu. N’ayant aucune légitimité technique ni morale sur ce projet (dont les plans et documents cadastraux originaux sont jalousement gardés par l’ingénieur Robert Patrick Veret et le ministre Kaïdjama), la clique de Deléris Rator et de Mamadou Ramady fait le siège du Palais présidentiel pour obtenir un décret ou un passe-droit politique. Leur but ? Faire main basse sur ces 34 milliards au détriment de l’intérêt général des enfants, des malades et des fidèles de RCA.
Et c’est ici que le rôle de Faustin-Archange Touadéra devient particulièrement suspect. Connu pour sa gestion opaque des finances publiques et décrit par de nombreux observateurs de la vie politique centrafricaine comme un homme d’État habité par une avidité financière insatiable, le président centrafricain voit dans ce conflit une opportunité en or. En entretenant sciemment le chaos et la division entre le bureau légitime de l’Imam Ouassélégué et la faction illégitime de Deléris Rator, Touadéra se pose en arbitre indispensable. Une stratégie du pourrissement qui pourrait lui permettre, à terme, de négocier sa “part du gâteau” ou de ponctionner une commission substantielle sur les 34 milliards d’Abu Dhabi, en échange du maintien au pouvoir de ses obligés.
UN SCANDALE D’ÉTAT QUI MENACE LA COHÉSION NATIONALE
La crise du CSISCA n’est plus une simple affaire religieuse : c’est un scandale d’État majeur. En préférant une alliance financière occulte avec un réseau d’intérêts transfrontaliers mené par un président par intérim hors-délai, plutôt que de respecter le verdict des urnes d’un bureau apolitique et républicain, Faustin-Archange Touadéra joue avec le feu.
Pour quelques centaines de millions de francs CFA de pots-de-vin et la promesse d’un strapontin sur les 34 milliards du Projet Kodou, le régime est prêt à sacrifier l’unité des musulmans de Centrafrique et à bloquer la construction d’hôpitaux et d’écoles indispensables à un peuple meurtri. Face à cette trahison au sommet, la vigilance de la base confessionnelle, le courage des techniciens du projet et l’indépendance du nouveau bureau exécutif restent les uniques remparts pour empêcher que la foi et l’avenir des enfants de la RCA ne soient vendus au plus offrant dans les salons feutrés du Palais de la Renaissance.
Par Alain Nzilo
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