Centrafrique 2025 : Entre faillite économique, chaos sécuritaire et perte de souveraineté, le prix exorbitant de l’alliance avec la Russie
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
La République centrafricaine navigue vers un naufrage annoncé sous le poids des exigences russes et de ses propres contradictions.
Le contrat Africa Corps imposé par Moscou à Faustin-Archange Touadéra montre l’ampleur du piège dans lequel s’enlise la Centrafrique. Cette facture de 15 millions de dollars mensuels, soit 180 millions annuels, dépasse largement les capacités d’un pays dont le budget national atteint péniblement 300 millions. Cette ponction budgétaire condamne l’État à l’asphyxie financière immédiate.
L’économie centrafricaine va sans doute vaciller sous ce fardeau. Les salaires des enseignants ne pourront plus être versés. Les dispensaires manqueront de médicaments essentiels. Les routes se dégraderont d’avantage et plus dure sans possibilité de réparation.
La Banque africaine de développement et le FMI alertent sur cette dérive budgétaire. Leurs analyses démontrent qu’un tel engagement financier plongerait le pays dans une spirale d’endettement irréversible. Les projets de développement s’arrêteraient nets, privant les populations d’infrastructures vitales.
Africa Corps, selon Touadera, présente des résultats décevants sur d’autres théâtres d’opération. Au Mali et au Niger, cette structure peine à contenir la progression des groupes djihadistes malgré des moyens considérables. En Centrafrique, où les rebelles restent actifs, le risque d’effondrement du régime grandit.
L’échec potentiel d’Africa Corps exposerait dangereusement le régime de Touadéra, selon plusieurs annalistes.
Le contrat Africa Corps officialise la perte de souveraineté nationale. Les décisions militaires émanent désormais du ministère russe de la Défense plutôt que du gouvernement centrafricain. Cette subordination transforme Touadéra en simple exécutant des volontés moscovites, vidant la présidence de toute substance politique.
L’exploitation des ressources minières échappe complètement au contrôle étatique. Les mines d’or alimentent directement les circuits russes. Cette spoliation prive l’État de recettes fiscales indispensables au fonctionnement des services publics.
L’isolement international s’aggrave face à cette dérive. L’Union européenne et les États-Unis conditionnent leur aide au respect de la souveraineté centrafricaine. Cette position ferme réduit les sources de financement alternatives et enfonce le pays dans la dépendance russe.
Les conséquences sociales de cette crise dépassent les simples indicateurs économiques. Une génération entière grandit dans la violence et l’arbitraire, perdant confiance dans les institutions nationales. Cette destruction du lien social hypothèque lourdement l’avenir du pays, même en cas d’évolution politique favorable.
L’Union africaine exprime ses inquiétudes face à cette évolution. Les dirigeants continentaux redoutent la création d’un précédent qui encouragerait d’autres puissances à imposer des contrats similaires à des États fragiles. Cette contagion menacerait la stabilité de toute la région centrafricaine.
Touadéra découvre amèrement les limites de sa stratégie d’alliance avec Moscou. Il espérait instrumentaliser Wagner pour consolider son pouvoir, mais c’est l’inverse qui se produit. Le président centrafricain devient progressivement otage d’un système qu’il ne contrôle plus.
Les alternatives existent pourtant. L’Union africaine propose un mécanisme de financement continental pour la sécurité. L’Union européenne étudie un programme d’appui budgétaire conditionné au respect de la gouvernance démocratique. Ces options nécessitent cependant une rupture claire avec les pratiques actuelles.
La fenêtre de manœuvre se referme rapidement. Chaque jour de retard dans les réformes aggrave la dépendance russe et complique les négociations avec les partenaires traditionnels. Touadéra doit choisir entre sa survie politique immédiate et l’avenir de son pays.
Cette crise démontre l’échec du modèle de développement imposé par les puissances extérieures. La Centrafrique devient le laboratoire d’une nouvelle forme de domination, où la souveraineté nationale s’échange contre une protection militaire illusoire. Les Centrafricains subissent les conséquences de choix politiques qui les dépassent, condamnés à vivre dans un pays dont ils ne maîtrisent plus le destin.
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)