Ça y’est! C’est parti. Hassan Bouba décidé à saboter le travail de son successeur au ministère de l’élevage
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Muté au ministère de l’Habitat, Hassan Bouba digère mal son éviction de l’Élevage. Il utilise désormais son réseau mafieux à Bangui pour paralyser la gestion de son successeur Amadou Bi Aliou.
Le remaniement du gouvernement Moloua 3 en mai 2026 est resté en travers de la gorge de l’ancien patron de l’Élevage et de la santé animale. Muté au ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat, Hassan Bouba vit ce changement de portefeuille comme un coup de massue. Pour cet homme qui a construit toute sa fortune et son assise politique sur le secteur pastoral depuis cinq ans, le contrôle des bêtes est une affaire vitale. Son remplaçant est pourtant un ancien camarade de l’Union pour la paix en Centrafrique, l’UPC, qui connaît parfaitement ses méthodes. Cela n’empêche pas l’ancien ministre de vouloir faire vivre un enfer à son remplaçant.
La vengeance a débuté au marché à bétail de Bouboui, un point névralgique situé au point kilométrique 45 sur la route de Bouali. Ce site stratégique est géré par une véritable mafia que l’ancien ministre contrôle via ses propres hommes. Il s’agit d’ex-rebelles qu’il a introduits dans les rangs de l’armée régulière et fait venir dans la capitale pour empocher les taxes et gérer les flux de bêtes. Dès sa prise de fonction, le nouveau ministre s’est heurté à ce réseau criminel. Sur ordre direct de leur chef, les éléments armés de Bouboui ont attaqué deux troupeaux de bœufs et exécuté froidement les éleveurs pour s’emparer de plus d’une centaine de têtes de bétail.
Ce butin est actuellement acheminé vers la frontière de la République du Congo pour y être revendu en toute impunité. Cette attaque n’a pas pour unique but le profit financier. Il s’agit d’une stratégie de désinformation politique majeure. En multipliant les exactions aux portes de Bangui, le réseau de l’actuel ministre de l’Urbanisme fait croire au Premier ministre et aux autorités que les rebelles infiltrés menacent directement la sécurité nationale. Le gouvernement tombe dans le panneau en attribuant ces crimes à une agression extérieure, alors que la source du chaos siège au Conseil des ministres.
Hassan Bouba a positionné ses hommes armés tout autour de la capitale centrafricaine. Initialement, ces troupes devaient servir de moyen de pression ou de menace directe si le pouvoir décidait de l’exclure définitivement du gouvernement. Puisqu’il a été conservé au sein de l’équipe ministérielle mais déplacé de son poste de prédilection, la tactique a changé. Ses réseaux commettent des vols de bétail à grande échelle et créent la terreur uniquement pour paralyser l’action du nouveau ministre de l’Élevage.
Cette impunité totale s’explique par le statut particulier de cet homme. Arrêté par la Cour pénale spéciale et incarcéré à la prison de Camp de Roux pour des crimes présumés, il a été libéré de force par les paramilitaires russes de Wagner et des gendarmes complices qui ont brisé les portes du centre de détention. Revenu au sommet de l’État après cet épisode, il sait que le pouvoir actuel n’a pas les moyens de l’inquiéter ni de le chasser du gouvernement. Ses lieutenants poursuivent donc le pillage des ressources pastorales autour de la capitale pendant que les officiels dénoncent des attaques imaginaires de l’UPC aux barrières de Bangui.
Par Anselme Mbata
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