Centrafrique : sur les antennes de la RNL, l’opposant Raymond Adouma accuse le pouvoir de gouverner avec des bandits

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Centrafrique : sur les antennes de la RNL, l’opposant Raymond Adouma   accuse le pouvoir de gouverner avec des bandits

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

Au cours du débat Patara diffusé sur les ondes de la radio Ndékè-luka, l’ancien ministre Raymond Adouma   a lancé une accusation directe contre le ministre de la Jeunesse et de l’Éducation civique, Héritier Doneng. Il a affirmé que les « requins » constituent une milice privée mise en place par ce dernier.

 

« Les requins sont une milice privée créée par le ministre Doneng », a déclaré Raymond Hadouman. Pour lui, cette milice ne répond pas aux textes de la République et ne peut pas servir à construire une république digne de ce nom. « On ne fait pas de la réconciliation avec une milice privée », a-t-il insisté.

 

L’opposant, membre du Bloc républicain pour la défense de la Constitution du 30 mars 2016, a rappelé que le ministre Doneng aurait promis dans des vidéos de frapper les membres de l’opposition « comme si c’était ses subalternes ». Adouma   a vu dans ces propos la preuve d’une mentalité qui n’a rien à voir avec les valeurs républicaines. Selon lui, le pouvoir utilise ces groupes pour intimider ses adversaires politiques.

 

Adouma   a élargi son attaque en affirmant que le régime gouverne « comme des bandits ». Il a reproché au gouvernement de ne pas respecter les textes officiels et d’entretenir des structures parallèles au lieu de s’appuyer uniquement sur les forces de défense et de sécurité régulières. Pour lui, cela montre que le pouvoir n’a pas l’intention de bâtir une véritable démocratie.

 

Le ministre Héritier Doneng a réagi en expliquant l’origine du mouvement des requins. Il a indiqué que ce groupe avait été créé à une certaine époque pour contrer le mouvement « Hezingo Biane », qui appelait selon lui à la déstabilisation du pays. Doneng a présenté cette initiative comme une réponse de jeunes patriotes soucieux de leur avenir. Il a ajouté que le mouvement des requins avait été dissous une fois l’autre groupe disparu, et qu’il s’agissait simplement d’une bataille de communication et non d’une milice permanente.

 

Doneng a aussi qualifié le BRDC de « bloc des rebelles pour la destruction du Centrafrique », estimant que cette organisation n’est pas une véritable opposition mais un groupe pessimiste qui refuse le changement. Il a défendu le bilan du président Touadéra en parlant d’unité nationale retrouvée et d’entrée dans une ère de renaissance basée sur le travail.

 

Adouma   a maintenu sa position. Il a jugé décevant qu’un membre du gouvernement traite l’opposition de rebelles et a rappelé que le multipartisme avait été obtenu grâce aux luttes passées. Pour lui, l’existence même des requins et le langage utilisé par le ministre prouvent que le pouvoir méprise les règles de la République.

 

Le débat, organisé après la prestation de serment du président Touadéra le 30 mars 2026 au complexe sportif Barthélémy-Bouganda, a révélé des tensions fortes entre les deux camps. Adouma   a continué à contester la légitimité de la septième République et a insisté sur le fait que l’opposition ne participerait pas à ce qu’il considère comme une comédie électorale.

 

Ce face-à-face met en évidence les divisions profondes qui traversent encore la vie politique centrafricaine. Tandis que le camp au pouvoir parle de cohésion et de progrès, l’opposition accuse le régime d’utiliser des méthodes irrégulières et de gouverner avec des groupes qui échappent au cadre légal. L’avenir dira si ces accusations trouveront un écho plus large ou si le discours officiel sur la renaissance prendra le dessus.

 

Par Abdrahim Y.

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