Bertin Béa pointe du doigt l’instrumentalisation de la Minusca en RCA
Bangui, 07 novembre 2023 (CNC) – Dans un nouveau contexte politique et social tendu en République centrafricaine (RCA), l’analyse de Monsieur Bertin Béa, premier vice-Président du Parti KNK, met en lumière les préoccupations majeures entourant la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en RCA (MINUSCA) et son interaction avec les autorités du pays. Ses commentaires incisifs révèlent une situation complexe et controversée, alimentant le débat sur le rôle de la MINUSCA en RCA.
Le troisième rapport du Secrétaire général des Nations Unies sur la situation en RCA, présenté le 26 octobre 2023 par Madame Valentine RUGWABIZA, Représentante spéciale du Secrétaire général et Cheffe de mission de la MINUSCA, est au cœur de cette analyse. Le rapport est essentiel en vue du renouvellement du mandat de la MINUSCA prévu pour le 15 novembre. Cependant, l’analyse de monsieur Bertin Béa met en avant des inquiétudes quant à une supposée instrumentalisation de la MINUSCA par les autorités centrafricaines et leurs alliés occidentaux, ce qui pourrait avoir des répercussions négatives sur l’opposition et le peuple centrafricain.
L’analyse politique de Monsieur Bertin Béa souligne que la MINUSCA, l’ONU et les diplomates occidentaux semblent être déconnectés des réalités sur le terrain en RCA, créant ainsi un “monde parallèle”. Cette situation alimente des protestations et des manifestations de l’opposition non seulement en RCA, mais également à l’étranger, où la diaspora centrafricaine est significative. L’opposition est préoccupée par le soutien perçu à la politique actuelle en RCA, qui, selon elle, va à l’encontre de la Charte des Nations Unies et des intérêts du peuple centrafricain.
Une autre problématique soulevée est le retard dans la présentation du rapport, qui visait à montrer des actions positives des autorités centrafricaines et de la MINUSCA. Ce retard est interprété comme une preuve d’instrumentalisation de la mission onusienne. De plus, un séminaire préalable à la présentation du rapport, intitulé “Revue stratégique du processus de mutualisation de la feuille de route de LUANDA et de l’APPR-RCA”, est mentionné. Ce séminaire, auquel ont participé des diplomates occidentaux, suscite des inquiétudes quant à une possible coordination entre les autorités de la RCA et la MINUSCA pour montrer des avancées dans le processus de paix.
En ce qui concerne la situation sécuritaire en RCA, l’analyse politique de Monsieur Béa souligne des divergences entre la MINUSCA, l’ONU et les autorités centrafricaines. Les progrès constatés dans le désarmement de certains groupes armés sont remis en question par l’opposition, qui doute de leur engagement réel en faveur d’un processus de paix durable. De plus, des désaccords persistent concernant la distribution de fonds pour le processus de paix.
Monsieur Bertin Béa critique également le manque d’analyse critique et prospective dans les rapports de la MINUSCA, ainsi que le rôle minoré de l’opposition politique. Il suggère qu’un leadership différent au sein de la MINUSCA pourrait mieux servir les intérêts du peuple centrafricain.
Il y’a lieu de rappeler que monsieur Bertin Béa insiste sur la nécessité de maintenir la MINUSCA en RCA jusqu’à ce que l’ordre constitutionnel soit rétabli et que la situation politique se stabilise. Il met en garde contre toute tentative visant à expulser la MINUSCA du pays, soulignant que cela pourrait renforcer le régime en place et ses milices étrangères. L’analyse politique appelle à la vigilance et exhorte la communauté internationale à ne pas perdre de vue les véritables enjeux en RCA, y compris la recherche de solutions durables pour mettre fin au conflit et promouvoir la réconciliation nationale. Monsieur Béa rappelle ainsi l’importance de l’engagement international pour rétablir la paix et la démocratie en République centrafricaine.
Par Alain Nzilo
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