Sur le chantier minier de Rondi, dans la Nana-Mambéré, le commandant LAMTAGUÉ et ses hommes instaurent un système d’esclavage contre leur propres compatriotes centrafricains

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Sur le chantier minier de Rondi, dans la Nana-Mambéré, le commandant LAMTAGUÉ et ses hommes instaurent un système d’esclavage contre leur propres compatriotes centrafricains

Sur le chantier minier de Rondi, dans la Nana-Mambéré, le commandant LAMTAGUÉ et ses hommes instaurent un système d’esclavage contre leur propres compatriotes centrafricains
Le commandant Lamtagué

 

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Après avoir révélé, il y’a quelques jours,  comment le commandant LAMTAGUÉ a transformé le chantier chinois de Rondi en agence de recrutement clandestine pour travailleurs camerounais, Corbeau News Centrafrique dévoile aujourd’hui un scandale encore plus grave : ce même officier et ses hommes ont instauré un véritable système d’esclavage contre les Centrafricains de la localité.

 

On parle souvent de l’esclavage commis par les Blancs contre les Africains, par les Arabes contre les Africains. Mais à Rondi, dans la préfecture de la Nana-Mambéré, ce sont les Centrafricains eux-mêmes qui asservissent leurs propres compatriotes. Ce ne sont pas des étrangers qui viennent imposer ce système. Ce sont des soldats des Forces Armées Centrafricaines, déployés pour sécuriser le site minier chinois, qui ont trouvé l’opportunité d’installer leur propre racket et de faire de l’argent sur le dos des pauvres villageois.

 

Ces pères, mères, filles et fils qui exploitaient ces sites miniers manuellement depuis des années ont tout perdu. L’État a cédé leurs terres aux Chinois. Aujourd’hui, ils se retournent pour faire quoi ? Pour aller récupérer les “poubelles”, ces graviers que les Chinois rejettent après avoir extrait l’or. Dans leur langage local, ils appellent ça “poubelle” parce que ce sont les sables de surface qu’il faut retirer avant d’arriver aux graviers aurifères. Les exploitants chinois les jettent quelque part. Les villageois viennent alors récupérer ces déchets dans l’espoir de trouver quelques miettes d’or pour survivre, car ils n’ont plus accès à leurs propres terres.

 

Mais voilà que le commandant LAMTAGUÉ a instauré un système ahurissant. Pour aller récupérer ces graviers, chaque matin, le vieux, le papa, la maman, le fils, tout le monde qui arrive trouve une barrière à l’entrée. Tu payes 1 000 FCFA pour aller récupérer les “poubelles” des Chinois. Tu veux faire deux tours ? 2 000 FCFA. C’est comme ça que ça se passe. Et si tu ne payes pas, si tu tentes de contourner la barrière, si les soldats te rattrapent, ils te frappent presque à mort.

 

Sur ce site minier, il y a deux bases militaires : Base 1 et Base 2. Pour ramasser les poubelles des Chinois, il faut respecter les conditions imposées par les militaires et payer ce qu’ils exigent. Mais ce n’est pas tout. Le commandant LAMTAGUÉ facture également les gens qui continuent de faire l’orpaillage manuel ailleurs dans le village, pas sur le site chinois, mais dans des trous qu’ils ont creusés eux-mêmes pour chercher de l’or. Le commandant a fixé une taxe : chaque personne doit payer 50 000 FCFA par semaine. Chaque semaine. Cinquante mille francs CFA. Si tu ne payes pas, ils viennent bloquer tout. Les pompes à eau, les groupes électrogènes, tout le matériel que tu utilises pour extraire l’or. Ils bloquent tout.

 

L’argent ne va pas directement au commandant LAMTAGUÉ. Tu dois remettre l’argent à l’adjudant-chef KOTA MABOKO, le chef de base, et à son adjoint l’adjudant BANAMAYE. Ce sont eux qui collectent. Au fur et à mesure, ils font le compte rendu au commandant. Voilà comment les Centrafricains privent leurs propres compatriotes. Comment le pays peut-il fonctionner dans ce sens ? C’est incroyable.

 

Et puis, bizarrement, ces soldats ont leurs propres sites miniers. Chaque soldat cherche également son or. Dans ces sites, ils prennent les villageois, les villageois creusent les trous, lavent les graviers, et les soldats récupèrent l’or. Si jamais les villageois tentent de demander de l’argent pour leur travail, les militaires les menacent. Quand ils insistent, ils les frappent durement. C’est comme si tu es là pour faire le travail d’esclave de ces soldats. C’est tout. Du travail gratuit et forcé sous la menace des armes.

 

Voilà comment les soldats des FACA déployés sur ce site minier de Rondi, dans la commune d’Abba, font souffrir leurs compatriotes. Parce qu’ils ont des armes à la main. Parce qu’ils sont déployés par l’État. Vraiment, c’est la honte.

 

Si on voit bien, ce système ne se passe pas seulement à Rondi. Partout sur le territoire national, sur les sites miniers, que ça soit à Gaga, Zawa, Berberati, Nakombo, ou ailleurs, les soldats font de telles choses. Mais ici, dans cette localité de la Nana-Mambéré, l’ampleur du racket et de l’esclavage dépasse tout ce qu’on peut imaginer. Un officier de l’armée nationale qui s’enrichit sur le recrutement illégal d’étrangers, qui taxe ses propres compatriotes pour qu’ils puissent ramasser les déchets des Chinois, qui impose des taxes hebdomadaires aux orpailleurs, qui utilise les villageois comme main-d’œuvre gratuite.

 

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