Affaire Fatime Alim : le ministre de la justice Arnaud Djoubaye Abazène défie la Cour de Cassation et maintient sa prisonnière personnelle en détention par jalousie

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Même le Procureur Général près la Cour de Cassation ne peut rien contre un ministre qui transforme la justice en instrument de vengeance personnelle.
L’affaire Fatime Alim franchit un nouveau seuil dans l’absurdité et l’horreur. Ce qui était déjà un scandale de corruption judiciaire se montre désormais être quelque chose de bien plus sombre : une affaire de vengeance personnelle d’un ministre jaloux qui utilise l’appareil d’État pour punir une femme qui a refusé ses avances amoureuses.
En effet, le 11 novembre 2025, le Procureur Général près la Cour de Cassation, la plus haute autorité du ministère public en Centrafrique, a pris une décision rare du genre. Dans une lettre officielle portant la référence N° 253 / C. Cass/PG/25, il ordonne formellement au Procureur Général près la Cour d’Appel de Bangui de libérer immédiatement Dame Alim Fatime Aboubakar.
Le document, dont la rédaction de Corbeau News-Centrafrique a obtenu copie, est d’une clarté absolue. Le Procureur Général près la Cour de Cassation qualifie explicitement la détention continue de Fatime Alim de “détention arbitraire”. Il rappelle que le message porté utilisé pour justifier son maintien en prison “ne figure pas sur la liste des titres de détention reconnus par les lois pénales et par le règlement pénitentiaire”.
L’instruction est sans ambiguïté : “Je vous instruis de retirer la mesure que vous avez prise et laisser la Dame ALIM FATIME ABOUBAKAR partir libre pour avoir complètement exécuté la seule peine privative de liberté à laquelle elle a été condamnée”.
Le Procureur Général près la Cour de Cassation conclut même avec une formule qui ne laisse place à aucune interprétation : “l’exécution ne doit souffrir d’aucun retard ou contestation”.
Voilà le scandale : cette décision de la plus haute instance judiciaire du pays n’a jamais été exécutée. Le ministre de la Justice Arnaud Djoubaye Abazène a tout simplement refusé de s’y conformer. Il a donné ordre de maintenir Fatime Alim en détention, en violation directe de l’instruction du Procureur Général près la Cour de Cassation.
La régisseuse de la maison d’arrêt de Bimbo, celle qui gère cette prison réservée aux femmes, madame Natacha Clarisse Ndokoyanga, s’est retrouvée face à un dilemme impossible : obéir à la loi et aux ordres de la plus haute autorité judiciaire, ou céder à la pression d’un ministre tout-puissant. Elle a finalement refusé d’exécuter la décision de libération de madame Fatima.
Aujourd’hui, des jours après que le Procureur Général près la Cour de Cassation ait ordonné sa libération, Fatime Alim croupit toujours en prison. Sans aucune base légale. En violation de tous les principes du droit. Par la seule volonté d’un homme qui refuse de lâcher prise.
Mais pourquoi un tel acharnement ? Pourquoi le ministre Arnaud Djoubaye Abazène refuse-t-il d’obéir même aux plus hautes instances judiciaires du pays ? Des sources proches du dossier dévoilent une vérité glaçante. Le ministre, attiré par la beauté de Fatime Alim depuis le début, devient un bébé devant cette jolie dame. Il aurait formulé une proposition bien plus personnelle que professionnelle : il voulait désormais l’épouser simplement. C’est comme si un hippopotames veut épouser une chatte. C’est terrible!
Mais Fatime Alim a refusé. Catégoriquement. Et c’est là que l’affaire a basculé du marchandage judiciaire vers quelque chose de bien plus sinistre : la vengeance d’un homme puissant éconduit.
La jalousie du ministre est devenue le moteur de cette détention illégale. Son objectif, selon plusieurs observateurs de l’affaire, serait de briser la jeune femme, de “dégrader sa beauté” par les conditions de détention, de la punir pour avoir osé lui dire non.
Ce n’est plus une affaire de corruption judiciaire. C’est devenu une affaire personnelle. Une affaire où un ministre transforme l’appareil d’État en instrument de vengeance privée contre une femme qui a refusé ses avances.
Cette affaire confirme de manière éclatante l’effondrement complet de l’État de droit en Centrafrique. Même quand la justice décide, même quand la plus haute autorité du ministère public ordonne, l’exécutif peut simplement refuser d’obéir.
La séparation des pouvoirs n’existe plus. Le ministre de la Justice, celui-là même qui devrait garantir l’application des décisions judiciaires, est devenu l’obstacle principal à leur exécution.
Pendant que les autorités centrafricaines continuent de proclamer que “la Centrafrique est un État de droit”, la réalité dans les prisons de Bangui raconte une histoire bien différente. Une histoire où une jeune femme reste enfermée illégalement parce qu’elle a osé refuser les avances d’un ministre puissant.
Fatime Alim est devenue une prisonnière d’État. Non pas une prisonnière de la justice, mais une prisonnière du ministre Arnaud Djoubaye Abazène. Sa détention n’a plus rien de judiciaire. C’est une détention purement politique, ou plutôt personnelle.
Chaque jour qui passe dans sa cellule de Bimbo est une journée d’illégalité supplémentaire. Une journée où l’État centrafricain bafoue ses propres lois. Une journée où un ministre défie impunément la Cour de Cassation.
Le Procureur Général près la Cour de Cassation a fait son travail. Il a ordonné la libération. Il a qualifié la détention d’arbitraire. Il a rappelé la loi. Mais face à un ministre qui se place au-dessus de tout, même la plus haute instance judiciaire se trouve impuissante.
C’est cela, la “version 3D” de la justice centrafricaine dont parlent cyniquement les observateurs à Bangui : une justice à trois dimensions où corruption, impunité et vengeance personnelle se mélangent pour créer un système où plus rien ne fonctionne normalement.
Dans ce système, un ministre peut vendre des décisions judiciaires au plus offrant, changer de camp selon les enchères, maintenir quelqu’un en prison illégalement, défier la Cour de Cassation, transformer une affaire judiciaire en règlement de comptes personnel, et tout cela sans jamais être inquiété.
Fatime Alim paie le prix de cette dérive. Elle paie le prix d’avoir cru qu’elle pouvait obtenir justice. Elle paie le prix d’avoir osé refuser un ministre puissant.
Corbeau News-Centrafrique continuera de suivre cette affaire jusqu’à ce que justice soit rendue. Jusqu’à ce que Fatime Alim retrouve la liberté qui lui est due selon la loi. Jusqu’à ce que le ministre Arnaud Djoubaye Abazène soit contraint de respecter les décisions de la justice qu’il est censé servir.
L’affaire de l’héritage d’Alhadji Biri continuera d’être traitée dans nos prochains articles. Mais aujourd’hui, ce qui importe, c’est de documenter cette dérive inacceptable : un ministre qui transforme la justice en instrument de vengeance personnelle, en violation totale de toutes les lois de la République.
Par Alain Nzilo….
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Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. 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