ACFPE : Le recrutement du Directeur Général vire au scandale à 50 millions de francs CFA

Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le processus de recrutement du nouveau Directeur Général de l’Agence Centrafricaine pour la Formation Professionnelle et l’Emploi (ACFPE) tourne au chaos administratif et financier. Une enquête exclusive menée par Corbeau News Centrafrique dévoile un scandale impliquant le double paiement de cabinets de recrutement, des violations massives des procédures réglementaires et un réseau de népotisme orchestré au plus haut niveau de l’institution.
Vingt-cinq millions dilapidés sans résultat….
Le cabinet CIFOM, mandaté initialement pour organiser le recrutement du Directeur Général de l’ACFPE, a reçu vingt-cinq millions de francs CFA pour mener à bien cette mission. Après avoir entamé l’examen des dossiers de candidature, le cabinet s’est retiré du processus sans rembourser les fonds publics déjà encaissés. Les vingt-cinq millions ont ainsi disparu sans aucun résultat tangible pour l’ACFPE.
Selon les informations recueillies par notre service d’investigation, ce retrait soudain résulte des pressions contradictoires exercées sur le cabinet. D’un côté, le Président du Conseil d’Administration Henri Koulayom et la ministre du Travail Annie-Michelle Mouanga ont exigé la validation de la Directrice Générale intérimaire actuelle, Renée Michèle Bimbo, qui occupe ce poste depuis un an et demi. De l’autre, des instances proches du parti au pouvoir, le MCU, auraient proposé leurs propres candidats. Pris dans cet étau politique, le cabinet CIFOM a préféré abandonner le dossier plutôt que de cautionner un processus manifestement truqué.
Un second cabinet, un nouveau gaspillage de vingt-six millions….
Après cette impasse, le Président du Conseil d’Administration Henri Koulayom a immédiatement sollicité le cabinet de l’ancien Directeur Général de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) pour reprendre le processus de recrutement. Ce nouveau mandataire recevra à son tour vingt-six millions de francs CFA pour effectuer exactement la même mission que son prédécesseur.
Le coût total de cette opération chaotique s’élève désormais à cinquante et un millions de francs CFA pour un seul recrutement, alors que les statuts de l’ACFPE prévoient explicitement que cette procédure relève directement du Conseil d’Administration sans recours obligatoire à des prestataires externes coûteux.
Un comité de façade pour légitimer le recours aux cabinets….
Un arrêté ministériel a officiellement créé un comité de recrutement pour le poste de Directeur Général de l’ACFPE. Ce comité, présidé par le Professeur Henri Koulayom en sa qualité de Président du Conseil d’Administration, devait comprendre selon les textes : M. Aristide Ganabo et M. Victor Mazanga (administrateurs de l’ACFPE), un représentant du Contrôle Général du Secteur Parapublic, un représentant du Ministère du Travail, le Contrôleur Financier de l’ACFPE, un représentant de l’UNPC, un représentant du GICA et un représentant des syndicats de travailleurs.
La création de ce comité apparaît désormais comme une simple opération de communication destinée à donner une apparence de légalité au processus. En réalité, la présence de nombreux représentants de diverses structures de l’État et de l’ACFPE au sein de ce comité aurait rendu difficile, voire impossible, toute manipulation ou trucage du recrutement. Ces représentants, issus d’horizons différents et dotés de prérogatives de contrôle, constituent normalement un garde-fou contre les dérives.
C’est précisément pour contourner cet obstacle que le Président du Conseil d’Administration Henri Koulayom a choisi de confier l’intégralité du processus à des cabinets externes. Cette externalisation permet de court-circuiter le comité statutaire et de conduire le recrutement en dehors de tout contrôle effectif. Les cabinets privés, rémunérés grassement sur les fonds de l’ACFPE, deviennent ainsi les instruments d’un trucage que le comité officiel aurait rendu impossible.
Cette stratégie de contournement explique le double paiement de cinquante et un millions de francs CFA à des prestataires externes, alors que le comité prévu par l’arrêté ministériel aurait pu effectuer ce travail sans coût supplémentaire pour l’établissement. Le recours aux cabinets ne répond à aucune nécessité technique ou réglementaire. Il sert uniquement à créer les conditions d’une manipulation qui n’aurait pas été possible dans le cadre des procédures normales.
Des termes de référence vidés de leur substance….
L’examen comparatif des termes de référence utilisés lors des précédents recrutements du Directeur Général de l’ACFPE avec ceux élaborés par le PCA Henri Koulayom révèle une manipulation délibérée des critères de sélection.
En septembre 2021, sous la présidence de Félix N’Ganga, les termes de référence comportaient une section détaillée sur les expériences professionnelles requises. Le document exigeait explicitement : “Avoir travaillé au moins pendant dix (10) ans dont trois (03) à un poste de responsabilité de niveau de Directeur ou équivalent.” Cette exigence garantissait que seuls des candidats ayant fait leurs preuves dans des fonctions de direction de haut niveau pourraient prétendre au poste.
De même, en août 2019, sous la présidence de Noël Ramadan, figure respectée du syndicalisme centrafricain, les termes de référence contenaient exactement la même exigence d’expérience professionnelle. Ces standards rigoureux assuraient la sélection de candidats qualifiés et expérimentés, capables de diriger une institution aussi importante que l’ACFPE.
Sous la direction d’Henri Koulayom, ces exigences ont été purement et simplement supprimées ou considérablement affaiblies. Les termes de référence actuels ne comportent plus de critères précis sur l’expérience professionnelle minimale requise. Cette régression majeure crée les conditions pour valider des candidatures qui n’auraient jamais franchi les seuils de sélection appliqués par les précédents Conseils d’Administration.
Cette manipulation des critères traduit une intention claire : tailler les termes de référence sur mesure pour la Directrice Générale intérimaire Renée Michèle Bimbo, dont le profil ne correspondrait manifestement pas aux standards rigoureux établis en 2019 et 2021. En abaissant délibérément le niveau d’exigence, le PCA Koulayom transforme un processus de recrutement compétitif en simple formalité administrative destinée à légitimer une nomination déjà décidée en coulisses.
Les conflits d’intérêts du Professeur Koulayom….
Le Président du Conseil d’Administration Henri Koulayom, présenté comme un universitaire reconnu par le CAMES et titulaire de plusieurs doctorats, se trouve au centre d’un réseau de conflits d’intérêts manifestes. Il dirige une université privée, Go to School, qui reçoit chaque année entre vingt-cinq et trente-cinq millions de francs CFA de l’ACFPE pour la formation des agents de l’établissement.
Cette situation crée une dépendance financière directe entre le PCA et l’institution qu’il est censé superviser de manière indépendante. Plus troublant encore, plusieurs agents de l’ACFPE se sont plaints d’avoir été contraints de suivre des formations dans l’université privée du Professeur Koulayom, même lorsque ces formations ne correspondaient pas à leurs besoins professionnels. Aucun appel d’offres n’a jamais été lancé pour sélectionner d’autres établissements de formation, l’université du PCA bénéficiant d’un monopole de fait sur ces marchés publics.
En manipulant les termes de référence du recrutement pour faciliter la confirmation de la Directrice Générale intérimaire, Henri Koulayom chercherait selon plusieurs sources à “remettre l’ascenseur” à la ministre Annie-Michelle Mouanga, garantissant ainsi la pérennité de ses lucratifs contrats de formation. Cette pratique transforme le Conseil d’Administration en instrument de captation de ressources publiques plutôt qu’en organe de gouvernance responsable.
Un réseau familial au sommet de l’ACFPE….
La Directrice Générale intérimaire Renée Michèle Bimbo, que l’ensemble du processus vise manifestement à confirmer dans ses fonctions, entretient des liens familiaux étroits avec la ministre du Travail Annie-Michelle Mouanga. Cette dernière est elle-même apparentée au Premier Ministre Félix Moloua et à la deuxième épouse du Président de la République, Tina Touadéra, créant ainsi une concentration de pouvoir familial au sein de l’appareil d’État.
Cette configuration explique l’acharnement déployé pour contourner les procédures réglementaires et imposer une candidature qui ne survivrait probablement pas à un processus de sélection véritablement transparent et compétitif. Le népotisme institutionnalisé atteint ici des sommets, transformant les établissements publics en fiefs familiaux où les compétences et l’intérêt général cèdent le pas aux loyautés personnelles et aux arrangements clientélistes.
Un précédent dangereux pour la gouvernance publique….
Au-delà du cas spécifique de l’ACFPE, ce scandale montre la dérive généralisée de la gouvernance des entreprises et établissements publics en République Centrafricaine. La loi numéro 20.004 du 13 janvier 2020, qui organise le cadre institutionnel, juridique et financier applicable à ces structures, devait justement prévenir de telles dérives en instaurant des mécanismes de contrôle et de transparence.
Force est de constater que ces garde-fous réglementaires sont systématiquement contournés lorsque des intérêts politiques ou financiers puissants sont en jeu. L’impunité dont bénéficient les auteurs de ces malversations encourage la reproduction de ces pratiques dans d’autres établissements publics.
Les cinquante et un millions de francs CFA dilapidés dans ce processus de recrutement chaotique représentent des ressources qui auraient pu financer des programmes de formation professionnelle pour des centaines de jeunes Centrafricains. Ils auraient pu contribuer à l’amélioration des infrastructures de l’ACFPE ou au renforcement de ses capacités opérationnelles. Au lieu de cela, ils enrichissent des cabinets de complaisance et alimentent un système de corruption institutionnalisée.
Où sont les organes de contrôle?
Devant cette hémorragie financière et ce mépris affiché des textes réglementaires, l’absence de réaction des organes de contrôle interpelle. Ni l’Inspection Générale d’État, ni la Cour des Comptes n’ont manifesté leur intention d’examiner ce dossier explosif. Le Contrôle Général du Secteur Parapublic, pourtant membre statutaire du comité de recrutement, semble avoir été marginalisé ou s’est abstenu d’exercer sa mission de surveillance.
Cette passivité des institutions de contrôle montre soit leur impuissance devant les réseaux politiques protégeant les protagonistes de ce scandale, soit leur complaisance dans un système où la corruption a cessé d’être l’exception pour devenir la norme. Dans les deux cas, c’est la crédibilité de l’ensemble de l’appareil d’État qui est érodée.
Les agents de l’ACFPE, témoins impuissants de ce pillage organisé de leur institution, expriment leur désarroi devant une situation qui sape le moral et décrédibilise l’établissement. Comment peuvent-ils accomplir leur mission de service public lorsque les dirigeants censés incarner l’exemplarité se comportent en prédateurs?
Corbeau News Centrafrique continuera de suivre ce dossier et publiera prochainement de nouveaux développements sur les sanctions prises contre les représentants du personnel de l’ACFPE.
Par Alain Nzilo….
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)