Ouadda-Maïkaga : le chef du détachement des FACA continue de terroriser la population comme un chef rebelle

Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
À Ouadda-Maïkaga, dans la préfecture de la Haute-Kotto, le chef du détachement des Forces armées centrafricaines se comporte exactement comme les chefs rebelles que l’armée est censée combattre. Il impose sa loi par la violence, le racket et le pillage.
Chaque semaine, ce commandant exige des commerçants du marché une cotisation collective de 200 000 francs CFA. Il justifie cette extorsion par l’absence du versement de primes globale d’alimentation pour ses éléments par l’État-major. Tous les commerçants doivent payer, sans exception. Ceux qui refusent ou qui n’ont pas les moyens s’exposent aux conséquences graves.
Ce système de racket organisé transforme les militaires censés protéger la population en prédateurs qui vivent sur son dos. Au lieu de recevoir leurs primes de l’État, ils se servent directement dans les poches des commerçants qui peinent déjà à survivre.
Rappelons – le, il y’a quelques semaines, le commandant avait également envoyé ses hommes dans la brousse pour abattre des dizaines des bœufs appartenant aux éleveurs. Ces vols de bétail rappellent les méthodes des groupes armés de l’UPC qui pillent les troupeaux pour se nourrir ou les revendre. La différence, c’est que ces vols sont commis par l’armée nationale, pas par des rebelles.
Et ce n’est pas tout! Dans cette même sous-préfecture, le chef du détachement exerce une pression particulière sur la famille de Zakaria Damane, ancien premier chef rebelle centrafricain qui avait déposé les armes avant d’être tué par des Mercenaires russes à la sortie de Ouadda en 2022. Pourtant, malgré ces faits, ses proches continuent de subir des pressions alors qu’ils n’ont commis aucun crime. L’un d’eux, un jeune de 35 ans nommé Djouma, a été accusé sans preuve d’être rebelle. Face aux menaces, il a dû fuir dans la brousse pour sauver sa vie. Après son départ, le chef militaire a saccagé sa maison et emporté tout dans sa maison.
Pour renforcer son emprise, le commandant recrute des jeunes qu’il utilise comme informateurs. Ces derniers lui fournissent des renseignements souvent orientés qui servent à justifier des arrestations arbitraires. La semaine dernière, trois jeunes de Ouadda-Maïkaga ont été arrêtés, battus et dépouillés de leurs téléphones portables.
Le chef du détachement ne s’arrêt pourtant pas là! Il a également pillé des boutiques et des dépôts au marché, emportant notamment des sacs de café qu’il revend pour son compte personnel. Ces actes de banditisme en uniforme détruisent l’économie de la ville et ruinent les petits commerçants.
Des cas de violences familiales sont aussi signalés. Des habitants ont été passés à tabac. Plus grave encore, une fillette de moins de 15 ans a été violée par ce criminel en arme. La fillette est actuellement enceinte.
À Ouadda-Maïkaga, la population vit maintenant sous la terreur d’un commandement militaire qui impose son autorité par la prédation. Les habitants ne savent plus vers qui se tourner. L’armée qui devrait les protéger est devenue leur bourreau.
Le comportement de ce commandant ressemble trait pour trait à celui des chefs rebelles. Racket méthodique de la population, vol de bétail, pillage des commerces, arrestations arbitraires, violences contre les civils, viol des fillettes : tous les éléments caractéristiques du banditisme armé sont présents.
La seule différence est que ces crimes sont commis par des soldats de l’armée nationale portant l’uniforme FACA. Cette différence devrait normalement rendre ces actes encore plus graves puisqu’ils trahissent la mission même de l’armée. Mais en République centrafricaine actuelle, porter l’uniforme FACA semble garantir l’impunité plutôt qu’imposer la discipline.
Cette dérive n’est malheureusement pas unique à Ouadda-Maïkaga. Dans plusieurs localités du pays, des soldats FACA se comportent comme des occupants plutôt que comme des protecteurs. Ils rackettent, pillent, violent, tuent parfois, sans que leur hiérarchie ne les sanctionne.
Cette impunité détruit la confiance entre la population et son armée. Comment les habitants d’Ouadda-Maïkaga peuvent-ils faire confiance aux FACA quand leur chef local se comporte comme un bandit ? Comment peuvent-ils dénoncer les groupes armés quand l’armée nationale commet les mêmes exactions ?
Le cas de ce commandant devrait normalement conduire à une enquête rapide, à sa révocation immédiate, et à son jugement devant un tribunal militaire. Ses hommes impliqués dans les pillages et les violences devraient également être sanctionnés. Les victimes devraient recevoir des réparations pour leurs pertes.
Mais l’expérience nous enseigne le scepticisme. Combien de commandants FACA ont déjà été sanctionnés pour des comportements similaires ? Combien de soldats ont été traduits devant la justice militaire pour avoir pillé et violenté des civils ? La réponse est probablement proche de zéro.
Cette impunité encourage la reproduction des exactions. Quand un commandant voit qu’il peut racketter, piller et terroriser une population sans conséquence, il continue et peut-être même intensifie ses pratiques. Quand ses soldats constatent que leur chef agit ainsi en toute impunité, ils se sentent autorisés à faire de même.
Le ministre de la Défense et le chef d’état-major des armées portent la responsabilité de cette situation. C’est à eux de faire respecter la discipline dans les rangs, de sanctionner les officiers corrompus, et de protéger les populations civiles contre les exactions de soldats indisciplinés.
Mais dans un pays où les Mercenaires russes massacrent des civils sans que personne ne les inquiète, où les groupes armés pillent librement après avoir signé des accords de paix, où la corruption gangrène tous les niveaux de l’administration, peut-on vraiment espérer que les autorités militaires sanctionnent un simple chef de détachement ?
Les habitants d’Ouadda-Maïkaga se retrouvent pris au piège. Ils ne peuvent pas fuir car ils perdraient tout. Ils ne peuvent pas se plaindre car le commandant contrôle la localité. Ils ne peuvent pas résister car ils seraient immédiatement accusés de complicité avec les rebelles et subiraient des représailles encore plus graves.
Cette situation d’impuissance totale face à un pouvoir militaire prédateur constitue une négation de tous les droits des citoyens. Dans un État de droit, les forces de sécurité protègent la population. À Ouadda-Maïkaga, elles la terrorisent.
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Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)