Du gouverneur aux ministres : toute la propagande officielle est copiée-collée de Wagner ! L’AAKG n’est pas rebelle, elle résiste à l’envahisseur russe

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Quand le gouverneur Victor Bissekoin parle des Azandé Ani Kpi Gbé (AAKG) comme d’une milice qui « se retourne contre le pays » et qui mène une guerre contre les FACA et l’État, il ne fait que répéter, presque mot pour mot, la grille de lecture imposée depuis Bangui par les conseillers russes et les porte-parole de Wagner/Africa Corps.

 

Cette version officielle – reprise par plusieurs ministres, porte-parole de la présidence et même certains médias proches du pouvoir – est une copie conforme de la communication russe : transformer une révolte locale contre l’occupation mercenaire en « rébellion anti-patrie » pour justifier la répression sans limite et protéger l’image de l’alliance Moscou-Bangui.

Insécurité, écoles en crise, enseignants impayés : pour le gouverneur Victor Bissekoin, la population de la région Bas-Oubangui serait satisfaite par la réélection frauduleuse de Touadéra. Quel délire ?
Victor-Bissekoin-

 

Ce que la propagande officielle cache derrière les mots

– Les AAKG n’ont jamais déclaré la guerre à l’État centrafricain ni appelé à renverser le président Touadéra.

– Leur seul cri de ralliement clair, répété depuis mi-2025 : **« Les Russes dehors du Haut-Mbomou ! »**

– Ils demandent la libération de leurs camarades détenus par Wagner, le paiement des primes promises lors de l’intégration, la fin des humiliations quotidiennes (bastonnades, insultes racistes, viols signalés sur des femmes zandé) et surtout l’arrêt de l’occupation de fait de Zémio, Mboki et Bambouti par des mercenaires étrangers armés jusqu’aux dents.

 

Au lieu de cela, le narratif officiel les accuse de :

– vouloir un village « mono-ethnique » (alors qu’ils reprochent surtout aux Russes de favoriser certains groupes au détriment des Zandé),

– kidnapper et piller (alors que les enlèvements les plus médiatisés concernent des leaders AAKG arrêtés par Wagner),

– bloquer le retour des populations (alors que ce sont les bombardements et les représailles croisées qui empêchent le retour).

 

Une mécanique bien connue : du recrutement à la diabolisation

  1. 2023-2024 : Wagner recrute et arme les Zandé pour en faire des supplétifs contre l’UPC.
  2. 2024-2025 : Intégration forcée sous commandement russe → surnom moqueur « Wagner Ti Azandé ».
  3. Mi-2025 : Les Zandé demandent plus de respect, leurs primes, et surtout que les Russes arrêtent de traiter leur région comme un fief personnel.
  4. Fin 2025 : Wagner répond par la force (explosifs, arrestations massives).
  5. 2026 : Mutineries → affrontements directs → la propagande bascule : « Ce ne sont plus nos alliés, ce sont des rebelles anti-État ».

 

C’est exactement le même scénario que Wagner a appliqué ailleurs : recruter localement, utiliser, puis éliminer quand le groupe devient trop autonome ou réclame sa part.

 

Le vrai visage de la crise

Les civils zandé, coincés entre les exactions russes et les représailles de l’armée, fuient par milliers. Les écoles sont fermées, les champs en friche, la faim menace. Et pendant ce temps, le gouverneur et les ministres accusent les victimes de la situation d’en être les responsables.

 

Corbeau News Centrafrique le répète : l’AAKG n’est pas une milice rebelle classique. Elle est née pour se défendre contre l’UPC, a été utilisée par Wagner contre l’UPC, et se révolte aujourd’hui contre Wagner lui-même. Ce n’est pas une guerre contre la Centrafrique ; c’est une résistance contre l’envahisseur russe qui s’est installé sur leur terre, les a trahis et continue de les humilier.

 

Tant que Bangui continuera à colporter la version wagnérienne – du gouverneur Bissekoin jusqu’aux plus hauts niveaux de l’État –, la crise du Haut-Mbomou ne s’arrêtera pas. La solution ne viendra pas de plus de mensonges, mais d’une seule chose : le retrait des mercenaires russes de Zémio et du Haut-Mbomou, suivi de vraies négociations avec les communautés locales.

 

La Centrafrique n’appartient ni à Wagner, ni à Africa Corps. Elle appartient aux Centrafricains – y compris aux Zandé qui refusent d’être traités en sujets d’une puissance étrangère sur leur propre sol.

 

Par Éric Nzapa

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