À Bangui, les Élections du 28 décembre dernier tourne au fiasco : violence, bourrage des urnes, achat de vote, menace et intimidation des électeurs
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le scrutin qui s’est tenu dimanche en République centrafricaine a viré au cauchemar. Entre agressions, fraudes massives et désorganisation généralisée, la journée électorale a connu des ratés du jamais vue dans l’histoire du pays dans plusieurs circonscriptions de Bangui et de l’intérieur du pays.
Dans la troisième circonscription du troisième arrondissement, une intervention policière particulièrement violente a ciblé le suppléant de Rachel Yassindali. Sous couvert d’une enquête pour fraude présumée, des agents ont investi son domicile. N’ayant rien découvert d’incriminant après leur perquisition, ils se sont acharnés physiquement sur l’homme jusqu’à lui faire perdre connaissance. Évacué d’urgence vers un centre hospitalier, il porte les traces d’un passage à tabac en règle. Son entourage affirme que plusieurs téléphones ont disparu durant l’opération. Les images et récits recueillis témoignent de la panique et du choc provoqués par cette descente fondée sur de simples accusations dénuées de preuves tangibles.
Au lycée Miskine, dans le cinquième arrondissement de Bangui, le candidat Anicet-Georges Dologuelé devance largement Faustin-Archange Touadera selon les premiers comptages. Des militaires déguisés en civils ont tenté de voter pour le MCU, ce qui a déclenché des confrontations lorsque certains responsables de bureaux ont refusé cette manœuvre. La délégation de l’Union européenne et d’autres observateurs internationaux se sont déplacés sur place pour constater les anomalies.
À l’école Centre Fille, l’influence du MCU s’est manifestée par la distribution d’argent liquide. Madame Patricia Mamadou, épouse du chef d’État-major, candidate à la députation dans le premier arrondissement de Bangui, est arrivée en véhicule pour remettre des espèces destinées à tous ceux acceptant de voter pour elle et Touadera. Les militaires présents tremblaient autour d’elle sans qu’elle daigne descendre de sa voiture.
À Bimbo 2, dans la cité Liberté derrière le quartier Carmel, la population locale a intercepté les urnes sur la route de l’aéroport Mpoko. La candidate rénovatrice Félicité et les habitants ont bloqué le convoi avant que les opérations ne reprennent finalement dans la localité.
L’église Guitangola manquait d’encre indélébile. Les électeurs ont dû se contenter de feutres ordinaires pour marquer leurs doigts, compromettant ainsi tout contrôle contre le vote multiple. Dans le 8ᵉ arrondissement 2, quartier Ngongonon 7, même carence. Les opérations n’avaient toujours pas démarré en fin de matinée.
Les équipes de surveillance de la rédaction du CNC ayant sillonné la capitale et certaines villes de province dressent un constat accablant. La situation relève davantage du fiasco que d’un scrutin égalitaire. Les observateurs de l’Union africaine et de l’Union européenne semblent avoir été guidés vers des lieux préparés à l’avance, évitant soigneusement les zones problématiques. Les irrégularités constatées dépassent largement ce qu’une mission d’observation standard peut documenter en une seule journée tant leur nombre dépasse l’entendement.
À Boy-Rabe, dans le quatrième arrondissement, le scrutin ainsi que le dépouillement se sont déroulés dans des conditions spectaculaires. Vers le soir. Le dépouillement s’est déroulé dans l’obscurité totale faute d’éclairage. Les assesseurs ont dû recourir à des lampes torches pour compter les bulletins. Les procès-verbaux n’ont pas été remis aux représentants des candidats comme l’exige pourtant le code électoral. Des militaires ont contraint les électeurs à signer des documents sans qu’ils en connaissent le contenu. Les représentants de l’opposition ont été chassés manu militari alors qu’ils réclamaient leur droit d’assister aux opérations de comptage.
À Gobongo, autre secteur du quatrième arrondissement, à la sortie nord de la capitale, des gendarmes et des policiers ainsi que des militaires ont exigé que les représentants des candidats quittent la salle lors du dépouillement. La colère a gagné les observateurs qui ont brandi le code électoral stipulant clairement leur droit d’assister à toutes les étapes du scrutin. Les forces de l’ordre ont invoqué des ordres supérieurs pour justifier cette expulsion arbitraire, déclenchant une vive tension.
Dans le cinquième arrondissement, à l’école Malo, le scrutin tourne au spectacle. Les électeurs n’ont pas pu voter pour les législatives. Les bulletins acheminés correspondaient à ceux du quartier Benz-vi, situé ailleurs dans le même arrondissement. Ce centre comportant douze bureaux de vote s’est retrouvé dans l’incapacité d’organiser le scrutin parlementaire. À l’inverse, à Benz vi même, aucun bulletin pour les législatives n’était disponible. Cette permutation ne peut résulter d’une simple erreur logistique. Elle pointe vers une manipulation délibérée dont la responsabilité incombe au candidat du parti au pouvoir, le MCU, ainsi qu’au ministère de l’Administration du territoire, curieusement chargé de la répartition du matériel électoral au lieu de l’Autorité nationale des Élections. Le stockage au ministère de l’Intérieur ajoute une couche supplémentaire d’opacité à l’ensemble du dispositif.
Les mêmes dysfonctionnements se répètent élection après élection depuis 2011. Les missions d’observation internationales pointent invariablement des défaillances en recommandant des améliorations pour le prochain scrutin. En 2015, mêmes constats et mêmes recommandations. En 2020, identique refrain. En 2025, la situation empire sans que les promesses d’amélioration ne se concrétisent jamais.
À Bimbo 3, le ministre chargé des entreprises publiques à la primature, Roméo Gribingui a été pris, dans un premier temps, à la distribution des billets de banque aux électeurs qui votent pour le Président Faustin-Archange Touadera alias Baba Kongoboro et du député du MCU. Et comme si cela ne lui suffisait pas, dans l’après-midi, il est revenu sur le lieu de son crime, et pris à nouveau en flagrant délit de bourrage d’urnes. Des électeurs ont repéré son véhicule contenant des urnes frauduleuses et l’ont bloqué. Un commissaire de police s’est déplacé sur le lieu pour libérer le véhicule qui a finalement été conduit au domicile du ministre. La population, furieuse, a convergé vers sa résidence. Des policiers ont établi un périmètre de sécurité tandis que la foule réclamait des comptes. Les scènes de pillage d’urnes et de bourrages se sont multipliées dans plusieurs quartiers de la capitale et de ses environs.
L’ampleur des irrégularités constatées durant cette journée du 28 décembre pousse les centrafricains à s’interroger sur la validité du tel scrutin. L’absence d’encre, la permutation des bulletins, l’expulsion des observateurs, les violences policières et le vol d’urnes composent un tableau qui s’éloigne radicalement des standards minimaux d’un processus normal. Les agissements dont a été victime le suppléant de Rachel Yassindali s’inscrivent dans cette logique d’intimidation visant à paralyser l’opposition par la terreur. Ces méthodes sapent toute confiance dans les institutions et transforment l’exercice électoral en simulacre
Par Gisèle MOLOMA…
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)