Mbaïki : Le procureur Anicet Parfait Kaoue Bétel incarcère Lorenzo Ganazoui sur fond de litige locatif avec la directrice régionale de l’agriculture

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Mbaïki : Le procureur Anicet Parfait Kaoue Bétel incarcère Lorenzo Ganazoui sur fond de litige locatif avec la directrice régionale de l’agriculture

 

 

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Lorenzo Nganazoui Yandoka, coordonnateur de l’ONG Constellations International,

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

À Mbaïki, un différend ordinaire entre locataire et propriétaire a basculé dans l’arbitraire judiciaire. Lorenzo Ganazoui, porteur de projet sous contrat de bail, se retrouve en détention après l’intervention du procureur de la République.

 

En effet, les faits débutent par un accord de location signé le 6 mai 2024 entre Lorenzo Ganazoui et la directrice régionale de l’agriculture. Plusieurs mois durant, l’homme occupe les lieux pour mener ses activités au sein de son organisation non gouvernementale axée sur l’accompagnement social des communautés. La situation bascule exactement un an après, au début mai 2025, lorsque la propriétaire entreprend des travaux pour transformer l’édifice en auberge.

 

Aucune notification préalable n’est adressée au locataire. Lorenzo découvre la situation par hasard lors d’une rencontre en ville avec la directrice. Celle-ci lui confirme alors sa volonté de convertir le bureau en établissement hôtelier. Pour une structure recevant des victimes de violences basées sur le genre et nécessitant un cadre confidentiel, cette transformation rend les lieux inadaptés.

 

Face à cette initiative unilatérale compromettant la mission de son organisation, Lorenzo rapatrie son équipe à Bangui pour poursuivre le travail dans des conditions appropriées. Ce départ se veut provisoire, le temps que la propriétaire clarifie ses intentions. Pourtant, depuis mai 2025, elle réclame le paiement du loyer avec une constance qui ignore le contexte.

 

La facture s’élève désormais à 1 080 000 francs CFA. Cette somme couvre une période durant laquelle les locaux sont devenus inutilisables pour l’activité contractuellement prévue. Lorenzo maintient qu’il s’agit d’une rupture unilatérale du bail par la propriétaire, non d’un abandon de sa part.

 

Neuf mois après le départ de l’équipe, une convocation du procureur  de Mbaïki lui réclame le règlement intégral. Lorenzo, confronté à un problème ophtalmologique et ayant égaré ses lunettes, choisit de se rendre à Bangui pour s’équiper avant de répondre à la convocation. Il mandate son avocat pour le représenter, démarche légalement recevable.

 

Le procureur Anicet Parfait Kaoue Bétel refuse cette procédure et exige la présence physique de l’intéressé. L’absence de Lorenzo est alors qualifiée de manque de respect. Sur instruction du magistrat, les forces de sécurité intérieure procèdent à l’arrestation.

 

L’homme se retrouve placé en cellule aux côtés de détenus de droit commun, une mesure disproportionnée pour un différend civil. Derrière les barreaux, on lui réclame plus d’un million de francs séance tenante. Lorenzo ne dispose que de 200 000 francs.

 

Le procureur demeure inflexible malgré les circonstances. La moto du détenu est confisquée et la somme sera complétée à 400 000 francs sous la contrainte. Cette sanction financière intervient avant toute audience contradictoire, transformant la justice en service de recouvrement des gangsters.

 

L’affaire prend une dimension supplémentaire avec un second dossier. Lorenzo avait remis un chèque à la directrice pour régler l’achat d’un terrain auprès d’un tiers. La dame n’a jamais honoré ce paiement, conservant la somme tandis que le vendeur attend toujours son dû.

 

Protégée par le procureur, elle maintient sa position sans craindre de poursuites. Le magistrat garantit qu’elle s’acquittera de sa dette, engagement dont le créancier n’a jamais vu la trace écrite. Ce traitement préférentiel alimente les interrogations sur les motivations réelles du procureur.

 

Après 48 heures de privation de liberté, le préfet de Mbaïki intervient auprès de Lorenzo pour comprendre les tenants de l’affaire. La population locale exprime sa colère face aux méthodes employées, mais Lorenzo s’oppose à toute manifestation pour préserver l’ordre public. Il préfère laisser le procureur assumer pleinement ses choix.

 

La présidente du tribunal se saisit du dossier, étonnée qu’une affaire relevant du droit civil mobilise ainsi le parquet. Elle dénonce la désinformation qui entoure ce cas et questionne la procédure suivie. Son intervention témoigne d’un malaise au sein même de l’institution judiciaire.

 

Lors d’une rencontre avec le procureur, Lorenzo lui adresse ces mots : « As-tu besoin de m’humilier pour plaire à cette dame ? Saches que tu as touché à un innocent et Dieu est un Dieu de justice et il ne laissera pas impuni l’injustice vécue ». Ces propos résument la perception d’un acharnement motivé par des considérations étrangères au droit.

 

Le procureur Kaoue Bétel n’en est pas à sa première controverse. Son comportement dans cette affaire alimente les griefs formulés contre lui par les habitants de Mbaïki. La défense acharnée de la directrice régionale contraste avec la rigueur manifestée envers Lorenzo.

 

Cette séquence judiciaire interroge le fonctionnement des institutions sous la septième République. Un litige de bail ordinaire ne devrait pas conduire à l’emprisonnement préventif ni à la confiscation de biens. Les garanties élémentaires du justiciable semblent avoir été écartées au profit d’une logique d’autorité.

 

Le rôle du procureur, gardien de l’intérêt général, se trouve ici détourné au service d’intérêts particuliers. La confusion entre relations personnelles et exercice de la fonction publique fragilise la confiance dans l’appareil judiciaire. Ces pratiques ternissent l’image de magistrats qui, pour la plupart, exercent avec probité.

 

L’affaire Lorenzo Ganazoui contre la directrice régionale de l’agriculture, arbitrée de facto par le procureur Anicet Parfait Kaoue Bétel, demeure emblématique d’un dysfonctionnement institutionnel.

 

Par Sébastien Piko

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