L’Université de Bangui manque cruellement des tables-bancs et contrainte de récupérer les chaises du restaurant pour équiper ses salles de classe

Rédigé le 16 mars 2026 .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Depuis sa création en 1969, l’Université de Bangui constitue le principal établissement d’enseignement supérieur du pays. Plus d’un demi-siècle après son ouverture, cette institution qui a formé plusieurs générations de cadres centrafricains traverse aujourd’hui une crise matérielle du jamais vue de son histoire.
La situation devient particulièrement inquiétante lorsqu’on observe les conditions dans lesquelles les étudiants suivent leurs cours. Dans les amphithéâtres comme dans les salles de classe ordinaires, les tables-bancs manquent cruellement. Face à cette pénurie, les étudiants et l’administration universitaire n’ont trouvé d’autre solution que de récupérer les chaises du restaurant universitaire pour permettre aux étudiants de s’asseoir pendant les cours. Ces chaises, normalement destinées à la restauration, se retrouvent ainsi transportées d’un bâtiment à l’autre au gré des besoins pédagogiques.
Cette réalité contraste fortement avec le parcours du président Faustin Archange Touadéra, lui-même enseignant de mathématiques et ancien recteur de cette même université. Avant d’accéder à la magistrature suprême, il a occupé le poste de recteur puis celui de Premier ministre. Depuis plus de quinze ans, il participe à la direction du pays, d’abord comme chef du gouvernement, puis comme président de la République depuis 2016.
Le délabrement de l’université de Bangui ne se limite pas aux simples chaises. Les tables-bancs font également défaut, tout comme les tableaux dans certaines salles. Cette situation affecte non seulement l’enseignement supérieur mais également les lycées et les écoles primaires à travers le territoire, où les élèves peinent à trouver des conditions minimales d’apprentissage.
Le paradoxe devient encore plus frappant quand on considère les ressources forestières du pays. La Centrafrique dispose de vastes réserves de bois massif de qualité. Ces essences précieuses font l’objet d’une exploitation intensive, principalement tournée vers l’exportation par les sociétés liées au groupe Wagner. Pendant ce temps, le système éducatif national ne parvient même pas à se procurer les tables-bancs nécessaires à la scolarisation des enfants centrafricains.
Les finances publiques semblent pourtant permettre d’autres dépenses. Le gouvernement verse régulièrement des sommes considérables à ses partenaires russes, des montants qui se chiffrent en milliards de francs CFA mensuellement. Ces versements destinés aux forces de sécurité privées et aux conseillers militaires russes contrastent avec l’absence totale d’investissement dans les infrastructures éducatives de base.
L’université qui a formé celui qui dirige aujourd’hui le pays se trouve ainsi abandonnée à son sort. Les étudiants centrafricains du supérieur, censés représenter l’élite intellectuelle de demain, suivent leurs cours assis sur des chaises de cantine, dans des bâtiments où le matériel pédagogique élémentaire fait défaut.
Par Alain Nzilo….
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