Radio Centrafrique : l’humiliation en direct d’un média national lors du sommet de la CEMAC à Bangui

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le service public audiovisuel incapable de couvrir le sommet de la CEMAC à Bangui.
Un cri du cœur a retenti sur les ondes de la Radio Centrafrique ce mercredi 10 septembre dernier. En direct, un journaliste de la radio Centrafrique a brisé le protocole pour exprimer son désarroi face à l’état déplorable du média public centrafricain. Sa colère était justifiée : six chefs d’État de l’Afrique centrale se trouvaient à Bangui pour le 16e sommet de la CEMAC du 9 et 10 septembre 2025, mais la Radio Centrafrique ne pouvait pas retransmettre l’événement en direct.
L’ironie de la situation confine au grotesque. Pendant que des médias étrangers viennent puiser leurs informations auprès de la Radio Centrafrique et de la Télévision Centrafricaine, ces deux institutions publiques se révèlent incapables de couvrir les activités officielles qui se déroulent dans leur propre capitale. Cette dépendance inversée expose l’effondrement technique et financier du secteur audiovisuel national.
Le journaliste n’a pas mâché ses mots : “On va rester toujours derrière les autres ? Ça va finir quand ?”. Sa frustration traduit celle de toute une profession contrainte de voir son outil de travail se déliter jour après jour. La Radio Centrafrique, qui devrait être la voix officielle du pays, ne peut plus assurer ses missions de base faute d’équipements fonctionnels et de moyens financiers.
Cette réalité contredit frontalement le discours officiel du ministre de la Communication, l’ex-détenu et Kitandaire Maxime Balalou, qui ne cesse de proclamer que “le pays avance vers l’émergence” et que les médias publics “sont en forme”. Ces déclarations sonnent comme une plaisanterie de mauvais goût quand on connaît l’état réel des infrastructures audiovisuelles nationales.
La vérité se cache derrière les façades : la toiture de la Télévision Centrafricaine fuit abondamment lors des pluies, transformant les studios en passoires. Radio Centrafrique subit des coupures d’électricité répétées sans disposer d’un groupe électrogène de secours fonctionnel. Un seul technicien assure tant bien que mal la MAINTENANCE avec un émetteur de cinq gigahertz, équipement dérisoire pour une station nationale.
Dans ces conditions, organiser une retransmission en direct relève du parcours du combattant. Les équipes bricolent avec les moyens du bord, réparent avec leurs propres deniers et maintiennent l’antenne par pure volonté professionnelle. Cette débrouillardise héroïque ne peut plus masquer l’abandon systématique dont souffrent les médias publics.
Cette défaillance technique prend une dimension politique inquiétante à l’approche des échéances électorales. Dans trois mois, les campagnes démarreront officiellement. Comment le service public audiovisuel pourra-t-il garantir l’équité d’antenne entre les candidats s’il ne dispose même pas des infrastructures nécessaires pour fonctionner normalement ? Cette question hante les professionnels du secteur.
L’appel du journaliste s’est adressé directement aux députés de l’Assemblée nationale : “Il faut que ceux qui sont à l’Assemblée nationale nous regardent un peu”. Ce recours aux parlementaires témoigne de l’épuisement des voies hiérarchiques traditionnelles. Les équipes de Radio Centrafrique ont perdu confiance dans leur tutelle directe et espèrent une intervention législative.
Le contraste entre les promesses ministérielles d’émergence et la réalité du terrain devient insoutenable. Pendant que Maxime Balalou multiplie les effets d’annonce sur l’avancée du pays, ses propres services publics tombent en ruine. Cette schizophrénie gouvernementale nourrit la colère des agents qui vivent quotidiennement cette contradiction.
La gravité de la situation dépasse le simple dysfonctionnement technique. Un pays qui ne peut pas retransmettre ses propres événements officiels perd une part de sa souveraineté médiatique. Cette dépendance vis-à-vis des médias extérieurs compromet le contrôle national de l’information et affaiblit l’image de l’État centrafricain.
Le sommet de la CEMAC à Bangui aurait dû constituer une vitrine pour le pays hôte. Au lieu de cela, il met en lumière les carences structurelles du secteur public centrafricain. Les six chefs d’État présents ont pu constater de visu l’état de délabrement des institutions médiatiques nationales, spectacle peu flatteur pour les autorités locales.
Cette crise du service public audiovisuel reflète un mal plus profond : l’abandon progressif des missions régaliennes de l’État. Quand une radio nationale ne peut plus remplir ses fonctions élémentaires, c’est tout le système institutionnel qui montre ses failles. Le cri d’alarme lancé en direct constitue un électrochoc nécessaire, mais les réponses tardent à venir pendant que le ministre continue ses discours déconnectés de la réalité.
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)