500 FCFA par personne pour applaudir les chefs d’État de la CEMAC venus à Bangui
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Pendant que se prépare le sommet CEMAC du 9 septembre, Bangui organise des mobilisations payantes à 500 FCFA par participant pour applaudir les chefs d’État venus dans le pays.
Dans les différents quartiers de Bangui, les téléphones sonnent depuis plusieurs semaines. Le Mouvement Cœurs Unis, parti au pouvoir, lance ses appels à mobilisation pour le sommet des chefs d’État de la CEMAC prévu le 9 septembre. Le message est simple : 500 francs CFA par personne pour venir applaudir les chefs d’État.
L’organisation suit trois phases distinctes. D’abord, la préparation avant l’arrivée des chefs d’État. Les responsables du MCU parcourent les arrondissements, dressent leurs listes, distribuent les premiers versements . Chaque sous-fédération reçoit son quota : 200 personnes ici, 300 là-bas. Les banderoles se préparent, les slogans s’apprennent.
Puis vient le jour J. De l’aéroport au Palais de la Renaissance, 6000 personnes prennent position. Le cortège présidentiel traverse le croisement du 8ème arrondissement, remonte l’avenue des Martyrs, passe devant l’Université, monte vers le centre-ville. À chaque étape, les applaudissements éclatent sur commande. Les caméras filment, les photographes mitraillent. L’image est parfaite.
Enfin, la phase de départ. Même dispositif en sens inverse. Les chefs d’État repartent sous les acclamations, les drapeaux flottent, les sourires restent figés jusqu’au dernier moment. Seulement après, les organisateurs distribuent les soldes, récupèrent le matériel, démobilisent les troupes.
Cette mécanique bien graissée ne laisse rien au hasard. Le MCU dispose de relais dans tous les quartiers. Ses responsables connaissent les familles en difficulté, les jeunes sans travail, les femmes qui peinent à joindre les deux bouts. Pour 500 à 1000 francs CFA, beaucoup acceptent de passer quelques heures à applaudir.
L’argent compte dans un pays en crise. Cette somme représente plusieurs heures de revenus pour certains ménages. Elle permet d’acheter des vivres. Face à ces nécessités, les considérations politiques passent au second plan.
Les organisateurs exploitent cette précarité avec méthode. Ils savent qui contacter, combien proposer, comment motiver. Leur carnet d’adresses s’étoffe d’événement en événement. Certains participants deviennent des habitués, d’autres découvrent ce système pour la première fois.
Le phénomène dépasse Bangui. Dans plusieurs capitales, des pratiques similaires existent. Mais elles restent généralement ponctuelles, liées à des événements exceptionnels. En République centrafricaine, le système devient plus systématique. Chaque visite officielle, chaque célébration nationale, chaque meeting politique mobilise ces réseaux payants.
Cette évolution transforme la nature même de la participation politique. Quand tout se paie, quand chaque manifestation de soutien a son tarif, la spontanéité disparaît. Les dirigeants achètent leur popularité, les citoyens vendent leur enthousiasme.
La situation économique du pays explique en partie cette dérive. Avec un PIB par habitant parmi les plus faibles au monde, avec des institutions fragilisées, la République centrafricaine offre peu d’alternatives à ses citoyens. Ces 500 à 1000 francs CFA deviennent une aubaine dans un océan de difficultés.
Cette logique s’impose progressivement comme une norme. Les événements officiels sans mobilisation payée deviennent rares. Les organisateurs budgètent désormais ces frais comme des postes ordinaires. L’État, les partis, les mouvements politiques intègrent ces coûts dans leurs calculs.
Le sommet CEMAC de Bangui révèle donc plus qu’une simple anecdote. Il montre comment un pays peut basculer vers un système où la politique se résume à des transactions financières. Où l’expression démocratique devient un marché comme un autre.
Cette évolution préoccupe certains observateurs. Ils y voient une dérive dangereuse pour la démocratie centrafricaine. D’autres y trouvent une forme de redistribution sociale déguisée. Entre ces deux visions, le débat reste ouvert.
Une chose est certaine : tant que la pauvreté frappera massivement la population, tant que les alternatives économiques resteront limitées, ces pratiques perdureront. Les 500 000 francs CFA distribués à Bangui ne constituent que la partie visible d’un phénomène plus profond qui interroge l’avenir politique du pays.
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Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)