Centrafrique : qui a tué l’interprète des Mercenaires russes près de Bouar ?
Un interprète travaillant pour les mercenaires russes a été retrouvé mort dans la préfecture de la Nana-Mambéré, au nord-ouest de la République centrafricaine. Les circonstances de son décès restent floues. Plusieurs versions circulent, certaines désignent les combattants rebelles de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), d’autres accusent directement les Russes.
Rédigé le 25 août 2025.
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Selon nos informations à CNC, le corps de l’interprète des russes a été découvert près de la ville de Bouar. Des soldats ont reçu l’ordre de leur commandant de zone de défense du nord-ouest de se rendre sur place pour le récupérer. La dépouille a d’abord été transportée à Bouar avant d’être acheminée discrètement vers Bangui. L’affaire n’a fait l’objet d’aucune communication officielle, mais différentes sources nous ont rapporté des récits parfois contradictoires. Pour mieux comprendre, il faut revenir sur les événements qui ont précédé ce drame.
Il y a environ deux semaines, un détachement composé de mercenaires russes et de soldats FACA était en opération dans la zone d’Abba Mogani. Plusieurs habitants affirment que des pillages ont eu lieu : maisons fouillées, bétail et volailles emportés, puis revendus à Bouar par les mercenaires russes. Ce climat déjà tendu a précédé l’attaque survenue le dimanche 3 août, vers 15 heures, lorsque deux soldats FACA revenaient de Bouar à moto après avoir vendu des cabris et des poulets volés par les mercenaires russes.
Sur le chemin du retour à Abba-Mogani, à une quinzaine de kilomètres de la ville de Bouar, ils tombent dans une embuscade attribuée à des hommes armés identifiés comme appartenant à la CPC du général Sylvain Adamou. Les deux militaires sont tués, leurs armes et leurs motos confisquées. Des recoupements d’informations laissent penser que l’interprète faisait partie de ces deux victimes militaires. Sa présence dans les zones de circulation des forces pro-gouvernementales et des rebelles alimente l’hypothèse qu’il ait été visé lors d’une attaque de la CPC. Mais cette piste n’est pas la seule évoquée par nos sources.
La première version confirme qu’il a été tué dans cette embuscade des combattants de la CPC du général Ndalé. Rappelons que les rebelles cherchaient à frapper toute personne associée aux opérations des Russes dans le pays.
Toutefois, des sources gouvernementales proche du cercle présidentiel, contactées discrètement par la rédaction du CNC, avance une autre lecture : l’interprète aurait été exécuté par les mercenaires russes eux-mêmes, pour des raisons qui demeurent floues. Selon cette version, l’homme aurait été abattu puis laissé sur place avant que ses compagnons ne quittent la zone.
La troisième, rapportée par certains militaires, raconte que l’interprète, accompagné des mercenaires russes, auraient tenté de voler des maïs dans un champ. Les mercenaires russes, déplaçant quelques mètres plus loin, auraient entendu Des coups de feu. Surpris par les tires, les Russes, revenus précipitamment sur les lieux, auraient trouvé l’homme mort, sans que l’on sache qui avait tiré. Une autre rumeur persistante parle d’une dispute interne entre l’interprète et ses employeurs russes, qui se serait soldée par son exécution sommaire.
Ces récits contradictoires entretiennent l’incertitude. Le lien entre la mort des deux soldats FACA tués par les combattants de la CPC du général Ndalé et celle de l’interprète reste indéterminé. Les autorités, qui affirment en privé ne pas douter de la responsabilité russe, n’ont pas communiqué publiquement sur l’affaire. À ce stade, aucune preuve formelle ne permet de trancher : l’interprète a-t-il été victime d’un règlement de comptes interne ou d’une embuscade de la CPC ?
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)