Sosso-Nakombo : Le maire transforme l’urbanisation en source d’enrichissement personnel

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À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence Rédigé le 21 juillet 2026 . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Une dispute d’adultère dans un village à 45 kilomètres de Ndélé a ouvert une brèche entre la justice de l’État et l’autorité coutumière musulmane, et personne ne sait encore comment elle se refermera. En effet, tout est parti d’un jeune commerçant, propriétaire d’une boutique à 45 kilomètres de Ndélé, . L’homme avait dragué et noué des relations avec deux femmes mariées du village. Les deux maris, profondément blessés par le comportement de ce jeune garçon, ont porté l’affaire devant le sultan-maire Senoussi Ibrahim Kamoune, chef coutumier de la localité. Immédiatement, de son côté, le sultan a convoqué les parties en conflit, prononcé un jugement, exigé une amende et un serment sur le Coran pour le jeune boutiqué. Ce dernier a accepté le jugement et paye l’amende, puis est reparti dans son village. Mais les deux époux trempés n’ont pas digéré la sentence du sultan. Ils ont rattrapé le garçon dans sa boutique et l’ont agressé. Blessé, ce dernier a déposé plainte au tribunal. Invité à la radio locale nommée Ndélé pas loin, le Président du tribunal, interrogé sur l’affaire, a pris la parole pour dire, sans ambages, que le sultan n’avait pas qualité pour trancher une telle affaire, que ce rôle revenait exclusivement à la justice de l’État, et que la démarche du chef coutumier ne cadrait pas avec la loi centrafricaine. Ces déclarations ont mis le feu aux poudres. Une partie de la communauté musulmane de Ndélé, ainsi que le Comité islamique de Bamingui-Bangoran, ont pris la défense du sultan, estimant que les propos du président du tribunal et du procureur constituaient une insulte envers leur chef et leur religion. Le sultanat du Dar el-Kouti, rappellent-ils, existait bien avant l’indépendance de la RCA, à une époque où ces magistrats n’étaient pas encore nés. Le président du tribunal ne s’est pas arrêté là. Il a ajouté publiquement que les mariages célébrés dans les quartiers — à la mosquée ou selon les rites coutumiers avec remise de dot aux parents — ne bénéficient d’aucune reconnaissance légale, et que seul le passage à la mairie confère une validité juridique à une union. Des mots qui ont eu des effets immédiats : une femme a été convoquée au tribunal, son mari informé que leur mariage coutumier n’avait aucune valeur, ce qui a abouti à une séparation. Pour beaucoup d’habitants de Ndélé, cette succession de déclarations touche à quelque chose de plus profond que les règles de procédure. Ce que le président du tribunal présente comme une application normale du droit, la communauté musulmane le ressent comme un effacement délibéré de ses usages, de son organisation sociale, et de l’autorité de celui qui les incarne depuis des générations. Par Barthelemy Kossi Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC

Ibrahim Kamoun Senoussi, sultan-maire de Ndélé

Sosso-Nakombo : Le maire transforme l’urbanisation en source d’enrichissement personnel

 

 

 

Des témoignages convergents dénoncent les pratiques du maire de cette commune de Mambéré-Kadéi.

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

La rédaction du CNC a recueilli plusieurs témoignages concordants sur les pratiques de l’édile de Sosso-Nakombo, commune située à 584 kilomètres de Bangui via Berbérati. Ces récits dressent le portrait d’une gestion municipale où l’urbanisation sert avant tout les intérêts personnels du maire.

Les habitants de Sosso-Nakombo décrivent un système où les bulldozers accompagnés de militaires interviennent sans préavis pour démolir habitations et commerces.

“Ils détruisent des maisons avec les équipements, les lits, tout dedans, et jettent les débris dans une benne”, rapporte l’un de nos interlocuteurs. Ces destructions touchent des familles qui perdent leurs biens du jour au lendemain.

Le maire présente ces démolitions comme nécessaires au tracé de nouvelles routes ou des rues. La réalité s’avère différente. Plusieurs témoins confirment que les zones rasées ne voient jamais naître d’infrastructure.

“Au marché, le maire a détruit des maisons bien construites, avec des tôles ondulées et des peintures, mais aucune route n’a été tracée”, explique un commerçant interrogé par CNC.

Ces terrains “libérés” trouvent rapidement de nouveaux acquéreurs. Les parcelles sont revendues, souvent à des proches du maire, générant des profits considérables. “Il vend les terrains pour faire son jeu, pour l’argent”, dénonce un habitant.

Le mécanisme atteint son paroxysme avec le système du double paiement. Des citoyens achètent légalement leur terrain à la mairie de Sosso-Nakombo, construisent leur logement, puis voient leur propriété démolie sans explication. Pour récupérer leur bien, ils doivent repayer la municipalité. “Tu achètes un terrain à la mairie, tu construis ta maison, et après, ils viennent détruire pour des raisons inconnues. Puis, tu dois racheter le même terrain à la mairie”, témoigne un père de famille.

Cette pratique trouve sa justification dans l’absence de service cadastral local. Le plus proche se situe à Berbérati, chef-lieu de la préfecture, laissant l’édile seul décisionnaire des questions foncières. “Tout est décidé par le maire”, constatent plusieurs résidents.

Les conséquences de cette gestion pèsent lourdement sur la population de Sosso-Nakombo. Des familles se retrouvent sans abri après les démolitions. Les commerçants perdent leurs outils de travail. Les économies de toute une vie s’évaporent dans ce système de revente.

L’absence de dialogue aggrave la situation. “Le maire n’a pas d’explications à donner, il s’en fiche”, rapporte un témoin. Les habitants de Sosso-Nakombo se trouvent privés de tout recours face à ces pratiques.

Cette gestion transforme chaque parcelle en source de revenus multiples pour l’autorité municipale. Un même terrain peut être vendu plusieurs fois, alimentant un enrichissement personnel au détriment des administrés.

L’embellissement apparent de Sosso-Nakombo cache cette réalité où le développement urbain profite d’abord à celui qui le dirige. Les nouvelles constructions s’érigent sur les décombres des projets familiaux détruits.

Les témoignages recueillis par CNC à Sosso-Nakombo exposent une dérive où l’urbanisation municipale sert l’enrichissement personnel plutôt que l’intérêt général. Cette situation appelle une intervention des autorités de tutelle pour rétablir l’équité et protéger les droits des citoyens.

 

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