Le livre de Touadéra : quand la fiction rencontre la réalité. Le régime de Bangui devient fou

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
Un ouvrage d’autoglorification du Président Faustin Archange Touadera au cœur d’un pays en décomposition à ciel ouvert.
Le samedi dernier à Bangui, Faustin-Archange Touadéra a dédicacé son livre intitulé : Faustin Archange Touadera, le bâtisseur. Oui, vous lisez bien, le bâtisseur! Le bâtisseur de la merde. Dans un pays où la violence quotidienne, la corruption endémique et la misère généralisée forment le paysage ordinaire, cette cérémonie prend des allures de spectacle déconnecté des malades mentaux.
L’adage « À beau mentir qui vient de loin » trouve ici son application parfaite. Ce livre, présenté comme un « miroir » des actions présidentielles, s’adresse manifestement à un public qui ne connaît pas la Centrafrique. Car les Centrafricains, eux, n’ont pas besoin d’un livre pour découvrir leur réalité. Ils la subissent chaque jour.
Depuis Sibut jusqu’à Bambari, ou Bambari jusqu’à Zemio, ou simplement dans la capitale seulement, n’en parlant que ça, , les routes défoncées racontent une autre histoire que celle du « bâtisseur ». Dans les hôpitaux de Bangui, où des dizaines de patients meurent quotidiennement faute de moyens, le bilan sanitaire contredit les récits officiels. À Birao, dans le nord, ou encore à Zemio, dans le sud-Est, l’insécurité reste omniprésente malgré les accords de paix brandis comme des victoires.
Que reste-t-il des prétendues réalisations ? Une connexion 4G+ inaccessible à la majorité des citoyens ? Quelques rues nettoyées autour du stade de Bangui ? Face à la déliquescence généralisée des services publics, ces exemples paraissent dérisoires.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie de communication bien connue. Des « griots » du régime produisent régulièrement des ouvrages laudatifs, dédicacés en grande pompe. La simplicité de l’édition moderne facilite ces opérations : un auteur pose des questions, compile des réponses, imprime. Le tour est joué.
Mais cette propagande ne trompe personne en Centrafrique. Les citoyens font face quotidiennement à la corruption institutionnalisée, aux détournements de fonds publics et à l’impunité généralisée. Ils comparent naturellement avec la période de transition 2013-2016, où, malgré la guerre civile, des progrès tangibles étaient perceptibles.
Touadéra avoue lui-même ne pas avoir lu l’ouvrage qui lui est consacré. Cette confession involontaire en dit long sur la nature de l’exercice. Il s’agit moins de témoigner d’une action que de polir une image ternie par une décennie de gouvernance chaotique.
Le président Faustin Archange Touadera parle de « courage » et d’« engagement » pour qualifier son biographe. Ces mots sonnent creux dans un pays où le véritable courage consiste à survivre quotidiennement à l’effondrement des institutions. L’engagement authentique se trouve chez les médecins qui soignent sans moyens, les enseignants qui éduquent sans salaires, les citoyens qui tentent de maintenir un semblant de vie sociale malgré l’abandon de l’État.
Cette dédicace révèle surtout l’ampleur du fossé entre le pouvoir et la population. Pendant que Touadéra célèbre ses prétendus succès, les Centrafricains comptent leurs morts et leurs échecs. Ce décalage n’est pas accidentel : il témoigne d’une gouvernance déconnectée des réalités nationales.
Le « miroir » évoqué par le président renvoie effectivement une image. Mais pas celle qu’il souhaite projeter. Il reflète un régime englué dans ses propres contradictions, incapable de reconnaître l’ampleur de sa faillite. Dans cette Centrafrique meurtrie, le livre de Touadéra apparaît comme un monument à l’auto-aveuglement politique….
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)