Touadera, pourquoi tant de mystère autour du contrat de l’Hôtel du Centre avec Elegance Invest ?
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
Le contrat accordé à Elegance Invest pour l’Hôtel du Centre pose des questions dérangeantes. Les Centrafricains attendent des explications de Touadera sur cette attribution directe.
En effet, l’Hôtel du Centre de Bangui traîne sa décrépitude depuis des années, témoin silencieux de l’incapacité du gouvernement Touadera à mener à bien ses projets. Le 3 juillet 2025, le Conseil des ministres présidé par Faustin Archange Touadera a validé un contrat de partenariat public-privé avec Elegance Invest pour rénover et exploiter cet établissement. Cette attribution directe, sans appel d’offres public, interroge sur les vraies motivations du gouvernement.
L’histoire de cet hôtel ressemble à un feuilleton mal écrit. En septembre 2020, la société congolaise Bac-El, dirigée par le centrafricain Christian Achille Colongo, promettait 3 milliards de FCFA pour remettre l’établissement sur pied avec un contrat de gestion de 20 ans. Le journaliste Jean Fridolin Ngoulou Kengo avait relayé cette annonce prometteuse. Deux ans plus tard, en 2022, le chantier n’avait pas commencé. Le gouvernement a rompu le contrat à l’amiable en janvier 2022, sans donner d’explication publique. Quels problèmes ont conduit à cette rupture ? Combien cette résiliation a-t-elle coûté aux contribuables ? Le silence des ministres concernés laisse planer le doute.
Le nouveau contrat avec Elegance Invest pose des questions encore plus troublantes. Cette société reste dans l’ombre : qui la dirige ? Quelles sont ses références ? Pourquoi le gouvernement a-t-il choisi l’entente directe plutôt qu’un appel d’offres transparent ? En 2022, un appel d’offres ouvert (AAOOI n°002/AAOOI/MCAT/DIRCAB/CPMP/2022) avait été lancé, exigeant des candidats des garanties de 20 millions de FCFA et des références solides. Cet appel, clos le 31 octobre 2022, n’a donné aucune suite connue. Le marché a-t-il été attribué à l’époque ? Cette procédure était-elle une façade pour justifier plus tard une attribution directe ?
Le moment choisi pour cette décision dérange. Bangui se prépare à accueillir le Caucus africain en juillet-août 2025, avec 400 délégués des 54 pays africains. La capitale manque d’hôtels de qualité, et l’Hôtel du Centre aurait pu répondre à ce besoin s’il avait été rénové comme prévu. Au lieu de cela, le gouvernement compte sur des établissements comme l’Hôtel Oubangui ou le Ledger, dont la capacité reste incertaine. Cette improvisation révèle l’incapacité de Touadera à anticiper et à planifier.
Cette affaire éclate dans un contexte particulièrement difficile. Le drame du lycée Barthélemy-Boganda, où 29 élèves ont perdu la vie le 25 juin 2025 dans une bousculade après l’explosion d’un transformateur, a montré l’état inquiétant des infrastructures publiques. L’épidémie de mpox, avec 104 cas confirmés au 23 juin 2025, révèle les failles du système sanitaire. Pourtant, Touadera semble plus préoccupé par des contrats opaques que par ces urgences. Où sont les priorités ? Pourquoi l’argent public est-il engagé dans un projet dont les détails – coût, contributions de l’État, bénéfices pour la population – restent secrets ?
Les Centrafricains, dont 71 % vivent dans la pauvreté selon la Banque mondiale, ont le droit de savoir comment leurs ressources sont utilisées. Le discours gouvernemental sur le tourisme comme moteur de développement sonne faux face à cette gestion approximative. La Centrafrique, autrefois appelée “Suisse d’Afrique” pour son potentiel, est aujourd’hui l’un des deux derniers pays les plus pauvres du continent. L’insécurité persistante, l’influence de groupes comme Wagner, et une justice critiquée découragent les investisseurs sérieux. Le départ de Bac-El en est la preuve : sans transparence ni volonté politique, aucun projet ne peut aboutir.
Monsieur le Président Kongoboro, l’Hôtel du Centre devient le symbole de votre gestion défaillante. Publiez les détails du contrat avec Elegance Invest : critères de sélection, coût total, calendrier des travaux, bénéfices attendus. Expliquez pourquoi l’entente directe était nécessaire. Organisez un débat public pour éclaircir cette affaire. Sans ces mesures, ce projet restera entaché de soupçons. Les Centrafricains, fatigués par des décennies de crises, ne toléreront plus ces pratiques opaques. Touadera, il est temps de rendre des comptes. La transparence n’est pas un luxe, c’est un devoir….
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)