
Depuis une semaine, les élèves de Boromata sont privés de cours. Les mercenaires russes du groupe Wagner occupent leur école et refusent de partir.
À Boromata, dans la préfecture de la Vakaga, les enfants ne peuvent plus accéder à leurs salles de classe habituelle. Les mercenaires russes du groupe Wagner ont transformé leur établissement scolaire en base militaire. Malgré les démarches entreprises par les autorités du village, ils refusent de libérer les bâtiments. Leur réponse aux responsables communautaires est pathétique et criminelle : les élèves doivent désormais suivre leurs cours dehors, sous les arbres.

Une école transformée en base militaire
En effet, quelques jours avant leur offensive militaire contre les positions des rebelles du FPRC à Sarajevo et de l’armée tchadienne à Tissi Tchad, les Wagner viennent occuper tout le bâtiment scolaire de Boromata, paralysant au passage les activités scolaires des enfants. Les salles de classe sont occupées par les mercenaires russes du groupe Wagner, qui ont installé leur base dans l’établissement.
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Cette occupation intervient après les mouvements militaires observés ces derniers jours dans le nord-est de la République centrafricaine. Les mercenaires russes, accompagnés de rebelles tchadiens et de leurs supplétifs russes noirs, ont quitté Birao pour progresser vers la zone frontalière du Tchad.
Après leur progression vers Sarajevo, ils ont établi deux positions permanentes. La première se trouve à Sarajevo, village situé à environ 1,5 à 2 kilomètres de Tissi, à la frontière tchadienne. La seconde est installée à Boromata, où ils ont choisi l’école comme principal lieu de cantonnement.
À Sarajevo, la présence des habitants est devenue extrêmement réduite. Le village est pratiquement désert. À Boromata, les conséquences de cette installation militaire touchent directement les enfants, désormais privés de leur établissement scolaire.
Les autorités de Boromata demandent la libération de l’école
Face à cette occupation, les responsables communautaires ont décidé d’intervenir. Les chefs de village, les chefs de quartier et les autorités locales se sont concertés pour rencontrer les responsables des mercenaires russes du groupe Wagner.
Leur demande était simple : libérer les salles de classe afin de permettre aux enfants de reprendre les cours.
Les représentants de la population n’ont pas exigé le départ des mercenaires de Boromata. Ils leur ont proposé de déplacer leur installation vers un autre emplacement, à proximité du village, pour rendre l’établissement à ses élèves.
Cette démarche visait à trouver un arrangement permettant aux militaires de conserver leur position sans empêcher le fonctionnement de l’école.
Mais les discussions n’ont donné aucun résultat. Les mercenaires russes ont catégoriquement refusé de quitter les bâtiments scolaires. Ils ont expliqué aux représentants du village que l’établissement constituait désormais leur base et qu’il n’était pas question de l’abandonner.
« Les enfants peuvent étudier sous le manguier »
La réponse donnée aux autorités de Boromata a particulièrement choqué les habitants.
Plutôt que de restituer les salles de classe, les mercenaires russes du groupe Wagner ont proposé une autre solution. Les enfants pourraient, d’après eux, poursuivre leur scolarité en plein air, sous les manguiers du village.
Ils ont suggéré que les responsables locaux mettent quelques tabourets à la disposition des élèves. Un morceau de contreplaqué pourrait ensuite être fixé contre un arbre pour servir de tableau.
Les enseignants devraient ainsi dispenser leurs cours sous les arbres, pendant que les mercenaires continueraient d’occuper les salles de classe.
Cette proposition revient à demander aux enfants de quitter leur propre école pour étudier dans des conditions improvisées, sans les équipements nécessaires à un enseignement normal.
Les salles de classe, les tableaux et les installations scolaires resteraient à la disposition des hommes armés. Les élèves, eux, devraient se contenter de quelques tabourets et d’un contreplaqué installé contre un tronc d’arbre.
Pour les responsables communautaires, cette solution ne répond pas à leur demande. Leur objectif reste la reprise des cours dans les bâtiments construits pour accueillir les enfants.
Une semaine sans enseignement pour les élèves
L’occupation de l’école a déjà entraîné une semaine entière d’interruption des cours. Les enfants restent privés d’enseignement alors que les responsables du village tentent d’obtenir la restitution de leur établissement.
Aucune date de reprise des activités scolaires n’a été communiquée. Le refus des mercenaires russes de quitter les salles de classe empêche toute perspective immédiate de retour à la normale.
Cette interruption touche directement les familles de Boromata. Les parents ne disposent d’aucune garantie concernant la poursuite de la scolarité de leurs enfants.
La proposition d’organiser les cours sous les manguiers ne règle pas les difficultés. Elle impose aux enseignants et aux élèves de travailler à l’extérieur, sans salles aménagées et sans protection suffisante contre les intempéries.
Les mercenaires du groupe Wagner ont transformé l’établissement en base militaire, contraignant les élèves à suivre leurs cours sous les arbres.
L’établissement scolaire demeure pourtant disponible. Ce sont les hommes armés qui en contrôlent désormais l’accès et l’utilisation.
Deux bases militaires entre Boromata et Sarayebo
L’installation des mercenaires russes du groupe Wagner à Boromata s’inscrit dans leur déploiement militaire vers la frontière tchadienne.
Ces derniers jours, leurs mouvements avaient été signalés depuis Birao, avec des véhicules transportant des hommes armés, des armes et des munitions. Des rebelles tchadiens participaient également à cette progression.
Le groupe a ensuite avancé vers Sarayebo, à proximité immédiate de Tissi, dans une zone frontalière où les tensions militaires se sont intensifiées après les précédents affrontements impliquant des éléments du groupe Wagner et des militaires tchadiens.
Les deux bases désormais établies à Sarayebo et à Boromata permettent aux mercenaires de maintenir leur présence dans ce secteur.
À Sarayebo, la population civile a pratiquement disparu du village. À Boromata, les habitants sont toujours présents, mais leur école est passée sous le contrôle des mercenaires russes.
Cette occupation militaire d’un établissement destiné aux enfants intervient alors que les écoles doivent rester des espaces protégés. Le droit international humanitaire impose notamment des précautions particulières pour éviter que les activités militaires ne mettent les élèves en danger.
Pour l’instant, les démarches des autorités locales n’ont obtenu aucun changement. Les mercenaires russes du groupe Wagner conservent les salles de classe et maintiennent leur refus de quitter l’établissement.
Les enfants de Boromata entament ainsi une nouvelle période sans enseignement. Leur école reste occupée, tandis que les responsables du village cherchent toujours une solution pour permettre aux élèves de retrouver leurs salles de classe.
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