Enlevé par les mercenaires russes du groupe Wagner, Steeve Bendo-Ndeni, leader de la société civile centrafricaine reste introuvable

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Steeve Bendo-Ndeni, l’un des leaders de la société civile centrafricaine, a été enlevé à son domicile par des mercenaires russes du groupe Wagner, jeudi 15 octobre 2026, à Bangui. Depuis son enlèvement, il reste introuvable. Paul Crescent Béninga, porte-parole du Groupe de travail de la société civile (GTSC), affirme avoir effectué plusieurs démarches auprès des services de sécurité et du procureur de la République, sans parvenir à retrouver sa trace.

 

En effet, l’enlèvement de Steeve Bendo-Ndeni intervient dans un contexte de tensions autour de la mobilisation contre la hausse des prix du carburant. Plusieurs responsables de la société civile avaient appelé à la journée ville morte du 12 octobre pour protester contre la vie chère. Trois jours plus tard, des responsables ont été interpellés alors qu’ils s’apprêtaient à tenir une conférence de presse au Centre Saint-Jean 23 , à Bangui.

Enlevé par les mercenaires russes du groupe Wagner, Steeve Bendo-Ndeni,  leader de la société civile centrafricaine reste introuvable
Monsieur Steeve Bendo-Ndeni, leader de la société civile centrafricaine

 

Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC dans cette affaire, Steeve Bendo-Ndeni a été enlevé chez lui entre 4 heures et 5 heures du matin. Depuis, ses collègues cherchent à connaître son lieu de détention. Les démarches entreprises auprès des services concernés n’ont, jusqu’à présent, permis d’obtenir aucune réponse sur son sort.

 

Christian Béninga cherche Steeve Bendo-Ndeni dans plusieurs services

 

Dans une déclaration vidéo, Christian Béninga raconte les démarches entreprises par une délégation des responsables de la société civile après l’annonce des arrestations. Le groupe s’est d’abord rendu à la Compagnie nationale de sécurité (CNS) pour vérifier la présence de ses collègues dans les locaux de cette institution.

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Sur place, le responsable de la CNS leur a refusé l’accès. La délégation s’est alors dirigée vers le bureau du procureur de la République pour lui exposer la situation.

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Selon Christian Béninga, le procureur leur a indiqué qu’il n’était pas informé des arrestations. Le magistrat leur a demandé de patienter jusqu’à 15 heures avant de faciliter une visite aux personnes détenues.

 

À leur retour à la CNS, les membres de la délégation ont retrouvé Quentin NGOUANDO et Élysée NGUEMALE. En revanche, Steeve Bendo-Ndeni n’y était pas.

 

Les agents de la CNS ont affirmé ne pas l’avoir interpellé et ne pas pouvoir renseigner la délégation sur sa localisation. Les responsables de la société civile se sont ensuite rendus au commissariat central, puis à la brigade criminelle. Dans les deux services, ils ont reçu la même réponse : Steeve Bendo-Ndeni ne s’y trouvait pas.

 

« Au moment où je vous parle, je suis incapable de vous dire où se trouve notre collègue Steve Bendo », déclare Christian Béninga dans sa vidéo.

 

Le procureur a promis de revenir vers la délégation s’il parvenait à rassembler les éléments nécessaires pour comprendre cette affaire. Au moment de l’enregistrement de la déclaration, vers 20 heures, Christian Béninga affirmait toujours ignorer où se trouvait son collègue.

 

Des détenus privés d’eau et de nourriture, selon Christian Béninga

 

Le porte-parole du GTSC dénonce également les conditions imposées aux responsables détenus à la CNS. Selon son témoignage, la délégation a tenté de leur apporter de la nourriture entre 13 heures et 14 heures, mais le directeur de la compagnie a refusé de les recevoir.

 

Christian Béninga affirme que ses collègues n’avaient ni bu de l’eau ni mangé depuis le matin. Il dit avoir de nouveau contacté le procureur, qui lui aurait promis d’intervenir.

 

« Au 21e siècle, il est impensable, il est inimaginable qu’on puisse appréhender quelqu’un et qu’on lui refuse d’avoir accès à de l’eau, d’avoir accès à de la nourriture », déclare-t-il.

 

Il interpelle ensuite les autorités sur les libertés publiques et le droit des citoyens à exprimer leur mécontentement. Il demande si les Centrafricains doivent obtenir une autorisation pour parler ou manifester pacifiquement contre des politiques publiques qui, selon lui, ne leur permettent pas de vivre dignement.

 

Christian Béninga réclame la libération des responsables arrêtés et qualifie leur interpellation d’« embastillement ».

 

Fidèle Gouandjika dénonce une « justice des vainqueurs »

 

L’affaire a également suscité une réaction de Fidèle Gouandjika, ministre conseiller à la présidence de la République. Dans une publication sur Facebook adressée à Faustin-Archange Touadéra, il critique l’arrestation des responsables de la société civile qui ont relayé les inquiétudes de la population face à la hausse du carburant.

Cet enlèvement imputé au groupe Wagner survient en marge des manifestations de la société civile centrafricaine contre la hausse des prix du carburant à Bangui.

 

« On ne jette pas en prison les leaders de la société civile parce qu’ils relaient l’angoisse légitime du peuple face à la flambée du carburant », écrit-il.

 

Fidèle Gouandjika met en garde le gouvernement contre la tentation d’une « justice des vainqueurs ». Il estime qu’une journée ville morte pacifique doit être tolérée dans une démocratie et rappelle que cette mobilisation constitue, selon lui, un moyen pour la population de faire entendre ses revendications.

 

Il adresse également un avertissement au chef de l’État : « Monsieur le Président de la République, veillez à ce que les forces de l’ordre ne fassent pas de la République centrafricaine un État policier ! »

 

Alors que Fidèle Gouandjika conteste les arrestations, Christian Béninga demande des explications sur la disparition de Steeve Bendo-Ndeni. Les démarches menées auprès de la CNS, du commissariat central, de la brigade criminelle et du procureur n’ont pas permis de le localiser au moment de sa déclaration. Le lieu où se trouve le leader de la société civile reste inconnu.

 

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Gisèle MolomaFonction : Cheffe du service des investigations Corbeau News CentrafriqueIdentité Journaliste centrafricaine. Responsable des enquêtes au sein de Corbeau News Centrafrique, où elle coordonne les investigations et supervise la production des dossiers sensibles.FormationMaîtrise en droit Université de BanguiMaster en gestion des ressources publiques Université Paul Valéry, Montpellier, FranceSpécialités Enquêtes d’investigation Analyse juridique des affaires publiques Études sur la gouvernance et les politiques publiques Crises sécuritaires et politiques en CentrafriqueDescription Gisèle Moloma est une journaliste spécialisée dans l’investigation et l’analyse juridique des affaires publiques. Son travail se distingue par une approche rigoureuse, fondée sur la vérification des faits et l’étude des mécanismes de gouvernance. Au sein de Corbeau News Centrafrique, elle dirige les enquêtes majeures du média et contribue à la production de dossiers approfondis sur les enjeux politiques et sécuritaires du pays.Adresse professionnelle Corbeau News Centrafrique BP 1500, Bangui, République centrafricaine