Affaire de la ville morte en Centrafrique : Un fou de Markounda Josephat Tagotto en quête de soins et de gombos à Bangui, s’agite contre la mobilisation citoyenne

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En Centrafrique, quand la descente aux enfers des hommes politiques croise leurs misères humaines, cela donne des sorties médiatiques bizarres comme un fou qui parle à son médecin traitant lui disant qu’il est guéri de sa folie. C’est le cas du sulfureux Josephat Tagotto alias le père des fous de Markounda.

Affaire de la ville morte en Centrafrique : Un fou de Markounda Josephat Tagotto en quête de soins et de gombos à Bangui, s’agite contre la mobilisation citoyenne
Photo de famille de Touadera avec ses mercenaires Koyambonou, Gonedere les exclus de Tagoto

 

En plein mouvement d’humeur contre la hausse asphyxiante des prix du carburant et l’appel légitime à la « ville morte » par une partie de la société civile, un revenant des bas-fonds de la dissidence politique a cru bon de se signaler sur les ondes de Radio Ndeke Luka et de pondre une déclaration rédigée dans un français mordu par ses propres dents, très difficile à lire et à comprendre.

Lui, c’est Josephat Tagotto, alias le « père des fous de Markounda » dans la capitale, un ancien photographe de l’Ouham en exode rural sans retour dans la capitale Bangui depuis son jeune âge. Son récit.

Qui est ce père des fous de Markounda ?

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Josephat Tagotto, c’est son nom, un ancien photographe de l’Ouham. Pour bien cerner ce personnage atypique, il faut replonger dans son parcours de profiteur patenté.

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Arrivé très jeune à Bangui lors d’un exode rural sans retour, Tagotto s’était fait connaître en coinçant l’ancien président, feu Ange-Félix Patassé un jour, grâce à des clichés des photos de lui qu’il gardait précieusement en archive.

Ayant réussi à attirer l’attention, il fut amené chez le feu président sur ordre de ce dernier à sa sécurité, et passa deux nuits logé dans la cour au domicile présidentiel pour négocier et trouver un emploi à l’ASECNA. Déjà, le chantage et la mendicité politique constituaient sa marque de fabrique.

Pour comprendre le profil d’homme politique qu’il revendique aujourd’hui, il faut plonger dans les archives troubles des machinations de la majorité au pouvoir.

Josephat Tagotto fut l’un de ces militants du MLPC entraîné dans le piège de la dissidence par des stratagètes de pacotille politique comme Jackson Mazette. Ce dernier, ancien deuxième vice-président du MLPC, sentant sa fin politique et physique proche, en raison de son âge, de maladie et des misères indescriptibles, s’était mué en marionnettiste de l’ombre, poussant des pions comme Chantal Jean-Édouard Koyambonou, alors 1er vice-président, Étienne Malekoudou, Stanislas Zoumbeti, sous la houlette politique de leur mentor et parrain de l’ombre, le pouvoir en place. Tous unis autour d’un même pot et pour la même cause que le pouvoir leur a assignée : renverser Martin Ziguélé et d’anéantir son influence à la tête du MLPC.

Placé à la tête d’une fronde fantoche usurpant le nom du MLPC lors d’une de leurs réunions baptisées « congrès » bidon financé à coup de millions par leur mentor de l’ombre, après plus d’une année de bataille livrée au sein de MLPC-CO, Tagotto et sa clique ont rapidement goûté aux délices de la trahison.

Évincé une première fois pour une ténébreuse affaire de détournement des fonds de ce fameux congrès, son vice-président, un aventurier nommé Christian Gonedere-Kossi, s’est autoproclamé en parallèle président avant de jeter l’éponge et de lui remettre son fauteuil de président sous la pression d’un trio de malfrats du même acabit, désireux de faire main basse sur les fonds grassement distribués par Touadéra pour torpiller de l’intérieur le véritable MLPC que dirige Martin Ziguélé.

Mais au-delà du personnage, ce sont ses agissements politiques qui méritent d’être examinés.

En navigation libre avec un parti usurpé pour s’enrichir pour le reste de leur vie sur terre, il leur fallait tenir un congrès de ce parti. Un vrai délire institutionnel, pour ne pas dire une folle démarche.

Et dans ce délire de quête de reconnaissance de leur mouvement de dissidence, ces dissidents, Josephat Tagotto en tête, avaient même poussé l’audace jusqu’à assigner le ministère de l’Administration du territoire en justice, après que celui-ci eut refusé d’honorer de sa présence l’ouverture de leur mascarade de congrès. Résultat des courses : le tribunal administratif les a déboutés, renvoyant Tagotto et ses acolytes à leur insignifiance juridique.

Mais il s’entête, avec les autres, et continue d’embrouiller le fonctionnement interne de ce parti d’opposition faute d’une décision de justice pour les empêcher.

Pire encore, dans cette comédie du MLPC fantoche, Tagotto s’était mis en tête d’aller aux élections législatives sous la bannière de candidat indépendant, à l’instar d’autres acolytes de sa bande. Mais rattrapé par la réalité de son niveau d’études, n’ayant même pas le baccalauréat exigé par la loi électorale, il a simplement jugé plus profitable d’empocher l’argent des frais de dossier remis par le pouvoir et de s’évaporer dans la nature sans jamais battre campagne.

Qu’il revienne aujourd’hui s’ériger en donneur de leçons de démocratie suscite la stupeur et l’incompréhension jusque dans son propre camp de mercenaires politiques du régime, médusés par tant de culot.

Voilà qu’aujourd’hui encore, ce sulfureux Josephat Tagotto, ce père des fous de Markounda, laissé pour compte avec sa bande, veut s’exprimer sur la ville morte pour signaler sa présence en tant que président d’un MLPC parallèle et fantôme, par une sortie ridicule sur Ndeke Luka et une fameuse déclaration datée du 20 octobre 2026, véritable torchon truffé de fautes et de non-sens.

Dans ce texte surréaliste signé de sa main, ce soi-disant « président » ose affirmer sans ciller que Martin Ziguélé, exclu selon lui, n’agirait plus depuis le siège historique du parti qui est la salle Mazette mais qu’à l’aide de « l’intelligence artificielle », il se serait créé un « MLPC virtuel » pour manipuler les opinions ! Une accusation délirante et risible qui prouve que le personnage a totalement perdu le contact avec la réalité.

Aujourd’hui, réduit à errer à Bangui à la recherche d’une main tendue du palais de la Renaissance pour subvenir à ses besoins médicaux et vitaux, Josephat Tagotto a cru pouvoir se racheter une virginité politique en s’exprimant sur les ondes et en signant cette déclaration ubuesque.

S’exprimant sur la grève de la vie chère, il a certes concédé que le peuple souffre de la flambée du carburant, mais s’est empressé de déclarer, sans la moindre once de logique ni de précision, que « le moment n’est pas opportun » pour décréter une ville morte. Il s’est contenté plutôt de dénigrer son ancien camarade et président de son parti, qui l’avait pourtant beaucoup aidé financièrement à survivre après la chute du régime de Patassé, lequel lui avait trouvé un emploi, son seul emploi dans sa vie, à l’ASECNA simplement parce qu’il fut son photographe au village.

Plus ridicule encore, endossant le costume parfait du fou du village, Tagotto a tenu à répondre aux accusations fantaisistes du ministre de l’Intérieur, Bienvenu Zokoué, qui pointait du doigt une prétendue complicité entre la société civile et les partis politiques de l’opposition regroupés au sein du BRDC.

Pris de court et voulant désespérément prouver sa docilité au régime, Tagotto s’est empressé de se dédouaner dans ses déclarations, affirmant urbi et orbi qu’il ne fait pas partie du BRDC avec son parti et réaffirmant son inféodation totale au MCU au pouvoir.

Josephat Tagotto s’en prend au MLPC et tente de se distancier du BRDC pour complaire au pouvoir en place à Bangui.

Une sortie qui a d’ailleurs fait bondir les cadres du vrai parti MLPC contactés par la Rédaction de Corbeau News Centrafrique.

Un conseiller politique national du MLPC contacté tombe des nues face à cette galéjade, ce texte brouillon propre des ordures :

« De quelle alliance politique parle-t-il avec le parti au pouvoir et Touadéra ? À notre connaissance, Touadéra n’a jamais signé la moindre alliance avec ce groupuscule usurpateur ! Et d’ailleurs à tous les partis politiques de sa majorité. D’ailleurs, il faut qu’il le sache, c’est le même pouvoir et le même ministère de l’Administration du territoire qui ont catégoriquement refusé de prendre part à leur soi-disant congrès ou de s’y faire représenter, au point que ces clowns avaient honteusement cru bon de les traîner devant le tribunal administratif… pour finir par se faire proprement débouter ! » rappelle-t-il avec mépris.

« Mais, grand Dieu, qui diable lui a fait croire qu’il représentait encore le MLPC ou qu’il pesait le moindre gramme sur l’échiquier politique national ? » s’est énervé un autre militant du MLPC en cognant durement son poste radio pour illustrer sa colère face à tant d’indignité.

Et de conclure :

« N’est-ce pas là l’attitude typique d’un fou politique interné au cabanon, incapable de s’exprimer correctement, cherchant à se faire valoir auprès de l’empereur Touadéra dans l’espoir désespéré qu’on se souvienne de lui avant qu’il ne tire sa révérence ? »

Pour tous les Centrafricains l’écoutant parler, il est grand temps que ce « père des fous de Markounda » comprenne la réalité de son statut. Le pouvoir de Touadéra se servait de lui et des autres comme d’un Kleenex, un mouchoir à jeter en définition simpliste, pour tenter de déstabiliser le MLPC. Cet échec étant consommé, les robinets de fonds sont fermés, ils ont atteint l’âge de fin de vie pour espérer encore continuer à travailler, malades en plus, et les parrains ont tourné la page.

Aujourd’hui ruiné, usé et totalement marginalisé, Josephat Tagotto ferait mieux de plier bagage, de quitter le bitume de Bangui qu’il arpente sans but et de retourner enfin à Markounda. Là-bas, il pourra finir paisiblement ses jours en se soignant, comme il le mérite, avec les écorces d’arbres de sa brousse natale, loin des micros et des projecteurs qu’il n’a jamais su honorer.

 

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Gisèle MolomaFonction : Cheffe du service des investigations Corbeau News CentrafriqueIdentité Journaliste centrafricaine. Responsable des enquêtes au sein de Corbeau News Centrafrique, où elle coordonne les investigations et supervise la production des dossiers sensibles.FormationMaîtrise en droit Université de BanguiMaster en gestion des ressources publiques Université Paul Valéry, Montpellier, FranceSpécialités Enquêtes d’investigation Analyse juridique des affaires publiques Études sur la gouvernance et les politiques publiques Crises sécuritaires et politiques en CentrafriqueDescription Gisèle Moloma est une journaliste spécialisée dans l’investigation et l’analyse juridique des affaires publiques. Son travail se distingue par une approche rigoureuse, fondée sur la vérification des faits et l’étude des mécanismes de gouvernance. Au sein de Corbeau News Centrafrique, elle dirige les enquêtes majeures du média et contribue à la production de dossiers approfondis sur les enjeux politiques et sécuritaires du pays.Adresse professionnelle Corbeau News Centrafrique BP 1500, Bangui, République centrafricaine