Tensions frontalières RCA-Tchad : après le bain de sang provoqué par Wagner, le régime de Bangui panique et brandit la menace d’un embrasement régional

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De cap en cap des événements, la fuite en avant macabre du régime de Faustin-Archange Touadéra franchit à nouveau un nouveau cap, aux conséquences géopolitiques qui seront imprévisibles et irréprochables.

 

Alors que la frontière centrafricano-tchadienne est au bord de l’explosion suite à une attaque meurtrière des mercenaires russes de Wagner contre des positions tchadiennes, la panique s’est emparée du palais de l’Empereur-président Touadera.

Tensions frontalières RCA-Tchad : après le bain de sang provoqué par Wagner, le régime de Bangui panique et brandit la menace d'un embrasement régional

 

Incapable de gérer la crise par la voie diplomatique, le pouvoir de Bangui a dépêché son sulfureux conseiller, Jules Njawé, pour lancer un ultimatum à peine voilé au président de la CEMAC, Denis Sassou Nguesso, dans une sortie qui menace directement la stabilité de toute la sous-région.

 

Le lourd tribut du bombardement de Wagner et la riposte foudroyante de N’Djamena

 

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Pour rappel, l’origine de cette escalade militaire majeure trouve sa source dans une provocation criminelle des mercenaires russes de Wagner et leurs supplétifs russes noirs en territoire tchadien. Selon nos sources concordantes, des frappes et des incursions menées par les mercenaires russes ont coûté la vie à trois militaires tchadiens, en plus de blesser une dizaine d’autres.

 

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Mais face à cette agression barbare, la réponse des forces armées tchadiennes a été foudroyante. Pris en chasse dans la brousse lors de leur repli, les mercenaires de Wagner ont essayé de fuir en abandonnant leurs positions, laissant derrière eux au moins cinq corps sans vie et une dizaine de portés disparus.

 

Depuis cet acte de belligérance, la réaction tchadienne n’a pas tardé : convocation immédiate de l’ambassadeur de Centrafrique à N’Djamena par le ministre tchadien des Affaires étrangères, et déploiement massif d’une quarantaine de véhicules militaires et de troupes d’élite le long de la frontière.

 

Du côté tchadien, le message est clair : les forces armées sont prêtes pour la confrontation, et selon un diplomate africain à Bangui contacté par la Rédaction de CNC, c’est « la moindre escarmouche de trop que le Déby attendait » pour solder les comptes.

 

La panique à Bangui et l’ultimatum de Jules Njawé à la CEMAC

 

Face à la perspective d’une confrontation directe avec l’armée tchadienne, un pays avec lequel la Centrafrique partage un espace communautaire et des liens humains profonds, où de nombreux Centrafricains musulmans ont déjà payé un lourd tribut lors des crises passées, la peur paralyse le clan au pouvoir à Bangui.

 

Pour tenter d’inverser la pression, le conseiller et envoyé spécial de Touadera, Jules Njawé est monté en première ligne pour exiger du président congolais Denis Sassou Nguesso, en sa qualité de président en exercice de la CEMAC, qu’il intervienne d’urgence pour calmer le jeu, brandissant la menace de chaos si rien n’est fait.

 

Dans son intervention sur les antennes de Freedom Africa TV, Jules Njawé n’a pas hésité à agiter le spectre d’une confrontation généralisée au sein de la zone communautaire, proférant des menaces à peine voilées :

 

« Nous donnons une semaine aux dirigeants de la CEMAC, au président en exercice de la CEMAC, le président Denis Sassou Nguesso, le patriarche, le sage, nous demandons au président Denis Sassou Nguesso de prendre son bâton de pèlerin et d’aller régler ce problème… Ça en est de trop ! Trop c’est trop ! Si ça continue, nous allons demander à ce que le Tchad sorte, soit isolé de la CEMAC ! Si ça continue, nous allons organiser des manifestations pour demander la sortie, l’éviction du Tchad de la CEMAC ! Et à ce moment, le Tchad va combattre contre cinq autres pays de la CEMAC, parce que les textes sont clairs : un pays membre ne peut pas se faire agresser sous le regard passif de tous les autres pays membres… »

 

Au-delà de la menace d’embrasement, c’est la forme même de cette sortie qui scandalise les observateurs avertis de la scène internationale: le mépris des pratiques diplomatiques.

 

Selon notre diplomate contacté, il ne revient en aucun cas à un conseiller présidentiel, fut-il en quête d’exposition médiatique, de dicter publiquement sa conduite au président en exercice de la CEMAC par médias interposés.

 

En diplomatie, les États souverains obéissent à des codes stricts et à des canaux formels et respectueux. S’adresser à la conférence des chefs d’État ou solliciter une médiation sous-régionale s’effectue par la voie des chancelleries et des notes diplomatiques officielles, et non en venant pérorer comme un hibou sur un plateau de télévision, l’écume aux lèvres, pour proférer des ultimatums irrespectueux.

 

Suite aux attaques de Wagner contre des positions tchadiennes, la riposte fulgurante de l’armée tchadienne pousse le régime de Bangui à implorer l’intervention de la CEMAC.

Ce comportement lunaire démontre une fois de plus que le régime de Bangui a totalement perdu la boussole républicaine, transformant la diplomatie d’État en une foire aux invectives.

 

En voulant rejeter la faute sur les voisins et en menaçant d’exclure le Tchad de la CEMAC à travers les diatribes de ses communicateurs, le régime de Touadéra démontre son irresponsabilité chronique. Utiliser des milices mercenaires étrangères pour attaquer des armées régulières souveraines, puis tenter de manipuler les institutions sous-régionales par la menace et l’intimidation, expose la Centrafrique au ban des nations.

 

La communauté internationale et les chefs d’État de la sous-région sont désormais avertis : la politique suicidaire de Bangui et la boulimie sécuritaire de Wagner poussent le pays tout droit vers un embrasement généralisé.

 

Affaire à suivre.

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Gisèle MolomaFonction : Cheffe du service des investigations Corbeau News CentrafriqueIdentité Journaliste centrafricaine. Responsable des enquêtes au sein de Corbeau News Centrafrique, où elle coordonne les investigations et supervise la production des dossiers sensibles.FormationMaîtrise en droit Université de BanguiMaster en gestion des ressources publiques Université Paul Valéry, Montpellier, FranceSpécialités Enquêtes d’investigation Analyse juridique des affaires publiques Études sur la gouvernance et les politiques publiques Crises sécuritaires et politiques en CentrafriqueDescription Gisèle Moloma est une journaliste spécialisée dans l’investigation et l’analyse juridique des affaires publiques. Son travail se distingue par une approche rigoureuse, fondée sur la vérification des faits et l’étude des mécanismes de gouvernance. Au sein de Corbeau News Centrafrique, elle dirige les enquêtes majeures du média et contribue à la production de dossiers approfondis sur les enjeux politiques et sécuritaires du pays.Adresse professionnelle Corbeau News Centrafrique BP 1500, Bangui, République centrafricaine