Carburant en RCA : les contrevérités d’Alain Foka et Jules Njawe pour protéger Touadéra de sa mauvaise gestion

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Alain Foka et Jules Njawe ont défendu le gouvernement centrafricain après la hausse des prix des hydrocarbures, en invoquant le marché mondial et la dépendance de la République centrafricaine aux importations. Plusieurs affirmations avancées dans leur échange sont pourtant contredites par les faits.

 

Jules Njawe affirme notamment que la hausse des prix du carburant serait essentiellement la conséquence d’une situation internationale sur laquelle les autorités centrafricaines n’auraient aucune prise. Il va jusqu’à présenter la politique du président Faustin-Archange Touadéra comme une réponse adaptée à la crise et à louer son « génie conceptuel et imaginaire ».

 

Carburant en RCA : les contrevérités d’Alain Foka et Jules Njawe pour protéger Touadéra de sa mauvaise gestion
Le camerounais Jules Njawé, conseiller du Président centrafricain Faustin Archange Touadera

 

Un prix de 3 euros en France qui ne correspond pas aux chiffres

 

Pour justifier son argument, Jules Njawe affirme que le carburant coûterait aujourd’hui « 3 euros et plus » le litre en France, soit près de 2 200 francs CFA.

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Cette affirmation ne correspond pas aux données disponibles. Les prix du carburant en France restent inférieurs à ce niveau pour les principaux carburants vendus à la pompe. La comparaison utilisée pour expliquer aux Centrafricains que la hausse serait inévitable repose donc déjà sur un chiffre contestable.

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La France ne « contrôle » pas tout le pétrole africain

 

Jules Njawe affirme également que « la France contrôle tout le carburant et tout le pétrole de l’Afrique », en citant notamment TotalEnergies parmi les multinationales françaises opérant dans le secteur.

 

TotalEnergies occupe effectivement une place importante dans le secteur énergétique africain. L’entreprise est présente dans plusieurs pays du continent et participe à des activités d’exploration, de production, de raffinage et de distribution.

 

Ces éléments ne permettent pas de conclure que la France contrôle « tout le pétrole » ou « tout le carburant » africain. TotalEnergies est une entreprise internationale et ses activités sont réalisées dans différents pays, selon les législations et les contrats conclus avec les États concernés.

 

Le marché mondial n’explique pas à lui seul la politique des prix en RCA

 

Il est exact que les prix des produits pétroliers sont influencés par les cours internationaux du pétrole brut, les coûts de raffinage, le transport, la fiscalité et d’autres paramètres.

 

Présenter cette réalité comme si elle supprimait toute responsabilité des autorités nationales constitue en revanche un raccourci.

 

Un gouvernement dispose de plusieurs leviers sur la fiscalité, la structure des prix, les mécanismes de compensation, les droits et taxes appliqués aux importations et les mesures destinées à protéger les consommateurs.

 

La question centrale pour la RCA n’est donc pas uniquement de savoir si le pétrole augmente sur le marché international. Il faut aussi examiner comment cette hausse est répercutée sur le prix payé par les automobilistes, les transporteurs et les entreprises centrafricains.

 

Une défense politique plutôt qu’une démonstration économique

 

Dans son intervention, Jules Njawe affirme que l’augmentation n’est « pas la faute » du président Touadéra, de la ministre ou des autorités centrafricaines. Il attribue directement la situation au marché mondial et aux conséquences des guerres internationales.

 

Cette présentation écarte une partie du débat. La RCA dépend fortement des importations de produits pétroliers et ne dispose pas encore d’une production nationale permettant de couvrir ses besoins. Le gouvernement peut donc agir sur les conditions d’importation et sur la formation du prix intérieur, même s’il ne maîtrise pas les cours mondiaux.

 

Jules Njawe explique également que le pétrole brut extrait du sous-sol doit recevoir des « produits ajoutés » avant de devenir du gasoil, du kérosène ou de l’essence. L’idée générale selon laquelle le pétrole brut doit être raffiné pour produire différents carburants est correcte.

 

Cette explication ne suffit pas à démontrer que chaque hausse du carburant à la pompe serait automatiquement imposée au consommateur centrafricain.

 

Jules Njawe et Alain Foka défendent la politique du président Faustin-Archange Touadéra face aux critiques sur la hausse des prix des hydrocarbures.

L’éloge de Touadéra ne remplace pas les chiffres

 

Au terme de son intervention, Jules Njawe va plus loin en présentant la politique du président Touadéra comme le résultat d’un « génie conceptuel et imaginaire » ayant permis de trouver « le juste milieu » pour protéger les plus pauvres.

 

Cette conclusion relève davantage du plaidoyer politique que de l’analyse du mécanisme des prix pétroliers.

 

Alain Foka, ancien journaliste de Radio France Internationale devenu producteur de contenus numériques, accompagne ce discours dans un échange qui tend à déplacer la responsabilité de la hausse vers des facteurs extérieurs : marché mondial, multinationales, guerres internationales et dépendance aux importations.

 

Reconnaître l’influence du marché international ne dispense pas d’examiner les décisions nationales. Pour les consommateurs centrafricains, le résultat reste concret : le prix payé à la pompe dépend à la fois du coût d’approvisionnement et des mécanismes nationaux qui déterminent la manière dont ce coût est répercuté.

 

La discussion entre Alain Foka et Jules Njawe présente ainsi plusieurs affirmations comme des évidences alors qu’elles nécessitent d’être vérifiées. La comparaison avec la France repose sur un prix présenté de manière contestable, l’idée d’un contrôle français de l’ensemble du pétrole africain est excessive et l’attribution de la hausse au seul marché mondial ne suffit pas à expliquer la politique des prix appliquée en République centrafricaine

 

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Fiche auteur : Alain NziloFonction Fondateur et directeur de publication de Corbeau News Centrafrique Journaliste d’investigationIdentité Journaliste centrafricain, né à Bangui. Créateur du groupe média Corbeau News Centrafrique, lancé en 2014.Formation Master en management des médias, École supérieure d’Action et de recherche commerciale, France Maîtrise en communication et médias, Université de Sherbrooke, Québec, Canada Doctorat en administration des affaires, option communication et médias, Université du Québec à Trois-Rivières, CanadaSpécialités Enquêtes d’investigation Analyses politiques africaines Crises sécuritaires en Centrafrique Politiques économiques africainesDescription Alain Nzilo est un journaliste spécialisé dans l’investigation et l’analyse politique. Son média, Corbeau News Centrafrique, est reconnu pour ses enquêtes sur les crises sécuritaires et les enjeux politiques du pays. Il est régulièrement cité par des institutions internationales comme source indépendante.Adresse professionnelle Corbeau News Centrafrique BP 1500, Bangui, République centrafricaine Téléphone : +236 75 72 18 21 Email : alainnzilo@gmail.com