Stratégie de voleur qui crie au voleur : après des mois d’accusations contre les réseaux sociaux, Anthropic révèle l’autre visage de l’IA dans la propagande russe en Centrafrique

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Depuis plusieurs mois, le gouvernement centrafricain présente l’intelligence artificielle comme une arme exclusivement utilisée contre lui sur les réseaux sociaux. Or, contre  toute attente, le rapport d’Anthropic de Claude vient fracasser ce discours officiel et révéler une grande imposture d’État.

Stratégie de voleur qui crie au voleur : après des mois d’accusations contre les réseaux sociaux, Anthropic révèle l’autre visage de l’IA dans la propagande russe en Centrafrique

 

Le discours des bras cassés de la septième république a toujours associé l’IA aux fausses informations, aux manipulations numériques et aux attaques instrumentées par les détracteurs du pouvoir.

 

Stratégie de voleur qui crie au voleur : après des mois d’accusations contre les réseaux sociaux, Anthropic révèle l’autre visage de l’IA dans la propagande russe en Centrafrique

 

L’ancien porte-parole du gouvernement, Maxime Balalou, a lui aussi multiplié les sorties publiques pour dénoncer l’usage malveillant de l’intelligence artificielle sur les réseaux sociaux. Des déclarations rapportées par CNC qui montrent une ligne de communication parfaitement dictée par les Wagner.

 

Mais le rapport d’Anthropic apporte les preuves de la vraie manipulation. L’entreprise a directement démantelé une opération d’influence russe qui verrouillait l’espace informationnel centrafricain.

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Claude utilisé pour produire des contenus favorables au pouvoir

 

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Un acteur russophone installé à Bangui utilisait l’IA Claude comme outil de production éditoriale.

 

L’opération alimentait quotidiennement non seulement Radio Lengo Songo, mais aussi la présidence de la République, les porte-parole du gouvernement, le ministère de la Défense, l’État-major et le ministère de la Sécurité publique. Toutes ces institutions, totalement soumises à Wagner, utilisaient directement des textes générés par l’intelligence artificielle.

 

Les opérateurs demandaient explicitement à Claude d’intégrer des arguments favorables à la Russie.

 

La totalité des contenus étudiés défendait sans nuance le gouvernement centrafricain et Wagner. Ils s’en prenaient directement à la France et à l’opposition centrafricaine.

 

L’entreprise américaine détaille la méthode utilisée pour masquer l’origine réelle des contenus.

 

Les opérateurs exigeaient de Claude qu’il efface toute trace permettant d’identifier un texte généré par l’intelligence artificielle.

 

Le contenu devait impérativement ressembler à une production journalistique ordinaire réalisée à Bangui.

 

Une opération russe présentée comme une production centrafricaine

 

C’est le point central du rapport d’Anthropic.

 

L’opération était entièrement dirigée depuis l’extérieur, mais soigneusement maquillée pour donner l’illusion d’une initiative centrafricaine.

 

Les contrats, scripts et publications étaient présentés comme provenant d’une radio centrafricaine.

 

Anthropic relie directement l’acteur identifié à Politology, cette branche d’influence de la galaxie Wagner aujourd’hui sous le contrôle direct du renseignement extérieur russe.

 

Le rapport décrit une opération russe qui a piraté et utilisé l’infrastructure médiatique et institutionnelle locale pour diffuser ses propres récits.

 

Hormis Radio Lengo Songo, les institutions étatiques constituaient le relais direct de cette production.

 

Les contenus étaient ensuite amplifiés par les canaux officiels des médias d’État russes.

 

Quand l’accusation contre l’IA change de direction

 

Pendant des mois, le pouvoir a braqué les projecteurs sur les contenus censés provenir de l’opposition ou des internautes.

 

L’IA était présentée comme l’arme des détracteurs du régime.

 

Cette stratégie relève de la méthode bien connue du voleur qui crie au voleur : accuser les autres pour mieux masquer ses propres pratiques. Le rapport d’Anthropic prouve que cette technologie servait en réalité à fabriquer la propagande du pouvoir et de ses parrains russes.

 

Les contenus critiques du gouvernement ne sont pas tous des créations spontanées, tout comme les publications sur les réseaux sociaux ne sont pas toutes indépendantes.

 

Le constat d’Anthropic est clair : une opération liée à la Russie a utilisé Claude pour rédiger et diffuser les récits favorables au gouvernement centrafricain et à Wagner.

 

Cette preuve modifie l’ensemble du débat.

 

Elle interdit désormais au pouvoir de faire passer l’intelligence artificielle pour une arme réservée aux opposants ou aux médias indépendants.

 

Des communiqués et des données sur les opposants

 

L’affaire va encore plus loin dans les méthodes.

 

Les opérateurs utilisaient Claude pour rédiger la communication institutionnelle des ministères et de la présidence.

 

Le rapport confirme également la surveillance méthodique des responsables politiques de l’opposition centrafricaine.

 

Les informations ciblées sur ces personnalités étaient collectées, actualisées et structurées dans le cadre de cette opération.

 

Claude servait aussi à générer des documents secrets destinés aux différents acteurs de l’écosystème russe à Bangui.

 

Le même outil assurait à la fois la désinformation médiatique, la gestion interne de la propagande et le traitement des données politiques de l’opposition.

 

Le pouvoir doit désormais répondre sur l’usage de l’IA

 

La question ne porte plus sur l’utilisation de l’intelligence artificielle par les internautes centrafricains.

 

Elle met en cause la manipulation de cette technologie par les réseaux d’influence qui maintiennent le pouvoir.

 

Au moment même où les autorités dénonçaient les dérives de l’IA sur les réseaux sociaux, elles exploitaient cette technologie pour fabriquer leurs propres discours et servir les intérêts de Wagner.

 

Le rapport met en lumière une opération étrangère conçue pour s’emparer de l’espace informationnel centrafricain et faire passer des directives russes pour des prises de position locales.

 

Le constat central demeure indiscutable : l’intelligence artificielle a été déployée pour défendre le pouvoir centrafricain, promouvoir Wagner et diffuser la propagande russes au sein même des institutions de l’État.

 

Le débat sur l’IA en Centrafrique ne concerne plus les publications des internautes. Il met en lumière les réseaux organisés qui automatisent la communication politique et font passer une opération de manipulation étrangère pour de l’information locale.

 

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Gisèle MolomaFonction : Cheffe du service des investigations Corbeau News CentrafriqueIdentité Journaliste centrafricaine. Responsable des enquêtes au sein de Corbeau News Centrafrique, où elle coordonne les investigations et supervise la production des dossiers sensibles.FormationMaîtrise en droit Université de BanguiMaster en gestion des ressources publiques Université Paul Valéry, Montpellier, FranceSpécialités Enquêtes d’investigation Analyse juridique des affaires publiques Études sur la gouvernance et les politiques publiques Crises sécuritaires et politiques en CentrafriqueDescription Gisèle Moloma est une journaliste spécialisée dans l’investigation et l’analyse juridique des affaires publiques. Son travail se distingue par une approche rigoureuse, fondée sur la vérification des faits et l’étude des mécanismes de gouvernance. Au sein de Corbeau News Centrafrique, elle dirige les enquêtes majeures du média et contribue à la production de dossiers approfondis sur les enjeux politiques et sécuritaires du pays.Adresse professionnelle Corbeau News Centrafrique BP 1500, Bangui, République centrafricaine