Accusée de préparer un coup d’État, l’adjudant-chef Yves Junior Konzi, sous-officier des FACA, est détenu depuis plusieurs jours à l’OCRB. Plongé au cœur d’une affaire incroyable et spectaculaire qui confirme la paranoïa du régime de Bangui

0
18

Accusée de préparer un coup d’État, l’adjudant-chef Yves Junior Konzi, sous-officier des FACA, est détenu depuis plusieurs jours à l’OCRB. Plongé au cœur d’une affaire incroyable et spectaculaire qui confirme la paranoïa du régime de Bangui

 

Accusée de préparer un coup d’État, l’adjudant-chef Yves Junior Konzi, sous-officier des FACA, est détenu depuis plusieurs jours à l’OCRB. Plongé au cœur d’une affaire incroyable et spectaculaire qui confirme la paranoïa du régime de Bangui
Le sous-officier Konzi

 

Rédigé le [date_cnc] .

Par : la rédaction de Corbeau News CentrafriqueCNC  

L’adjudant-chef Yves Junior  Konzi, de l’armée nationale, est détenu à l’Office central pour la répression du banditisme (OCRB) à Bangui. Il est accusé de préparer un coup d’État. À l’origine de cette affaire se trouve pourtant un conflit familial autour d’un terrain ancestral situé à Bangassou.

 

Il convient de rappeler que l’adjudant-chef Yves Junior Konzi est le fils aîné du colonel de gendarmerie Konzi, ancien chef d’état-major de la gendarmerie nationale sous le président Ange-Félix Patassé. Son père a été tué lors des événements liés à la tentative de coup d’État de 2021.

Le sous-officiers Yves Junior Konzi derrière le barreau à l’OCR D
Le sous-officiers Yves Junior Konzi derrière le barreau à l’OCR D

 

L’adjudant-chef Konzi séjourne régulièrement en France pour des raisons médicales. Il réside dans la région de Montauban, à proximité de Toulouse. Lors de son dernier séjour en France, il apprend que ses frères cadets ont vendu un terrain familial situé à Bangassou, dans le sud-est de la République centrafricaine.

À lire aussi : Elysée Nguimalé : « Le gouvernement n’a rien foutu… Nous sommes un État qui n’a pas une construction de paix. »

 

Cette parcelle constitue un patrimoine familial particulièrement important. Leur grand-père y est enterré, ainsi que des membres des générations précédentes. Pour Yves Jr. Konzi, la vente de ce terrain ancestral ne pouvait pas être traitée comme une simple transaction immobilière.

À lire aussi : Ndélé : après l’enlèvement de Bilal, Wagner demande à sa famille de venir récupérer ses vêtements et ses chaussures

 

Yves Jr. rentre à Bangui et veut récupérer le terrain familial

 

Alors qu’il se trouve encore en France, Yves Junior Konzi apprend la vente du terrain. Il manifeste immédiatement son désaccord et demande des explications à ses cadets, ainsi qu’à sa sœur.

 

Pour lui, le problème est précis : comprendre dans quelles conditions le terrain familial de Bangassou a été vendu et obtenir la restitution de cette parcelle considérée comme un patrimoine ancestral de la famille.

 

Le décès de l’un de ses oncles intervient ensuite. Yves Junior Konzi décide de rentrer en République centrafricaine pour assister aux funérailles.

 

Après l’enterrement de son oncle, il décide de profiter de son séjour à Bangui pour régler également le différend familial concernant le terrain de Bangassou.

 

Il réunit ses frères cadets et sa sœur afin d’obtenir des explications sur la vente. Les discussions deviennent rapidement tendues. Le différend, qui concernait initialement la gestion d’un patrimoine familial, se transforme en une querelle familiale intense.

 

Face à l’absence d’accord, Yves Junior Konzi décide de porter l’affaire devant la justice. Sa démarche vise à obtenir des explications sur la vente et à faire récupérer le terrain familial de Bangassou.

 

Le parquet oriente le dossier vers un commissariat

 

Yves Junior  Konzi saisit le parquet. Le procureur lui indique que la procédure doit d’abord suivre son cours au niveau d’un commissariat d’arrondissement afin que les différentes parties soient entendues et qu’un rapport soit établi.

 

Le dossier est ainsi orienté vers le commissariat du sixième arrondissement de Bangui.

 

Les différentes parties sont convoquées. Yves Junior  Konzi se présente avec les membres de sa famille concernés par le différend.

 

Les auditions commencent. Le but initial est de recueillir les déclarations de chacun et de comprendre les circonstances dans lesquelles le terrain familial de Bangassou a été vendu.

 

Mais les auditions prennent rapidement une autre tournure.

 

Les échanges deviennent particulièrement tendus. Les membres de la famille s’accusent mutuellement. Les discussions sont accompagnées d’insultes et de fortes tensions verbales. Les policiers constatent que les différentes parties ne parviennent plus à dialoguer normalement.

 

La situation devient tellement difficile que les policiers du sixième arrondissement contactent le procureur.

 

Ils lui expliquent que le dossier qu’il leur a transmis est devenu particulièrement difficile à gérer. Les deux parties refusent de s’entendre et les auditions ne permettent plus de faire avancer sereinement la procédure.

 

Le procureur décide alors de transférer le dossier à l’Office central pour la répression du banditisme, l’OCRB, au centre-ville de Bangui.

 

L’OCRB débarque au sixième arrondissement

 

Aussitôt, le procureur contacte les policiers de l’OCRB.

 

Un véhicule de l’OCRB se rend immédiatement au commissariat du sixième arrondissement pour récupérer les personnes concernées par la procédure.

 

À leur arrivée, les agents prennent en charge Yvon Konzi, le frère cadet d’Yves Jr. Konzi.

 

Yvon Konzi est placé à l’arrière du pick-up de l’OCRB, sous le siège occupé par les policiers. Dans ce type de véhicule, le suspect est installé au sol, sous les bancs arrière, tandis que les policiers prennent place sur les sièges au-dessus de lui.

 

Le véhicule quitte ainsi le commissariat du sixième arrondissement en direction du centre-ville.

 

Yves Junior Konzi est lui aussi conduit vers l’OCRB. En tant qu’adjudant-chef de l’armée nationale et homme de tenue, il n’est pas installé au sol sous les sièges avec son frère. Il prend place directement sur un siège du pick-up avec les policiers.

 

À ce stade, l’affaire reste celle d’un conflit familial transféré à l’OCRB à la suite de tensions devenues difficiles à gérer au commissariat.

 

C’est à l’arrivée au centre-ville que la situation change radicalement.

 

L’ordre téléphonique qui bouleverse le dossier

 

À l’OCRB, les policiers commencent les formalités de placement en cellule.

 

Yvon Konzi, le frère cadet, est préparé pour être placé en détention. Ses chaussures lui sont retirées.

 

C’est alors qu’un appel téléphonique du procureur intervient.

 

Selon les informations recueillies par la rédaction de CNC, le procureur demande aux policiers de ne pas placer Yvon Konzi en cellule.

 

L’ordre concerne finalement Yves Junior Konzi.

 

L’adjudant-chef est présenté par le procureur comme un homme extrêmement dangereux. Les policiers reçoivent l’instruction de le placer lui-même en cellule.

 

Yves Jr. Konzi est alors conduit en détention. Son frère cadet est libéré et autorisé à rentrer chez lui.

 

Le changement est brutal. Quelques heures auparavant, Yves Jr. était entendu dans le cadre d’un conflit familial portant sur un terrain ancestral à Bangassou. Il se retrouve désormais détenu à l’OCRB et présenté comme une personne particulièrement dangereuse.

 

De la querelle familiale à l’accusation de coup d’État

 

Après son placement en cellule, le dossier prend une dimension totalement différente.

 

Yves Jr. Konzi est désormais accusé de préparer un coup d’État à Bangui.

 

Un autre nom apparaît dans les éléments liés à cette accusation : Joseph Maïté, un Centrafricain vivant en France et connu pour ses directs sur les réseaux sociaux. Ses interventions portent régulièrement sur la politique centrafricaine et critiquent certaines actions du président Faustin-Archange Touadéra.

 

Selon les informations recueillies par CNC, les autorités établissent un lien entre Joseph Maïté et Yves Jr. Konzi et les accusent de préparer un projet visant à renverser le pouvoir.

 

Cette accusation devient désormais le fondement de la détention de l’adjudant-chef.

 

Pour ses proches, le passage d’un conflit familial sur un terrain de Bangassou à une affaire de tentative de coup d’État reste incompréhensible.

 

Un homme malade privé de visites

 

Yves Konzi souffre de problèmes de santé et séjourne régulièrement en France pour ses soins.

 

Malgré son état de santé, il reste détenu à l’OCRB dans des conditions que ses proches décrivent comme difficiles.

 

Les visites sont également strictement limitées. Selon les informations recueillies par CNC, les policiers ont reçu l’ordre de ne laisser personne lui rendre visite, à l’exception de son épouse.

 

Ses frères, pourtant directement concernés par le conflit familial qui est à l’origine de la procédure, ont tenté de le voir. Ils n’ont pas été autorisés à entrer en contact avec lui.

 

« Pourquoi vous le mettez dehors ? »

 

Un autre épisode survenu à l’OCRB confirme le niveau de surveillance exercé autour de l’adjudant-chef.

 

Le lendemain de son placement en cellule, Yves Jr. Konzi est sorti quelques instants pour se dégourdir les jambes. Il se trouve devant le grillage, à l’extérieur de sa cellule.

 

Un colonel de police présent dans les locaux l’aperçoit.

 

Selon les informations recueillies par CNC, le colonel intervient immédiatement et demande aux policiers pourquoi l’adjudant-chef a été sorti de sa cellule.

 

Il insiste sur le caractère extrêmement dangereux qui lui est attribué et ordonne qu’il soit immédiatement reconduit en cellule.

 

Yves Jr. Konzi est ramené à l’intérieur.

 

Pour ses proches, cet épisode est difficile à comprendre. Ils affirment ne pas reconnaître, dans l’homme ainsi présenté comme dangereux, celui qui était rentré de France pour assister aux funérailles de son oncle et régler un différend familial portant sur un terrain ancestral.

 

L’affaire, partie d’une demande d’explications sur la vente d’un terrain familial à Bangassou et de la volonté d’obtenir sa récupération, se retrouve désormais au cœur d’une accusation de préparation de coup d’État. L’adjudant-chef Yves Jr. Konzi reste détenu à l’OCRB à Bangui, avec des visites limitées à son épouse.

 

Par Anselme Mbata

Rejoignez notre communauté

 

Chaine officielle du CNC 

Invitation à suivre la chaine du CNC

CNC Groupe 3

CNC groupe 4 

CNC groupe le Soleil

Note : les deux premiers groupes sont réservés  uniquement aux publications officielles du CNC

 Abonnez-vous à notre chaine YouTube : (31) Corbeau News TV – YouTube 

Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65

Email : Redaction@corbeaunews-centrafrique.org

Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org