Les mercenaires russes du groupe Wagner, accompagnés d’éléments de la gendarmerie centrafricaine, ont mené une opération de fouille à la prison du camp de Roux, mercredi 26 août 2026. Les détenus ont été soumis à des fouilles cellule par cellule pendant plusieurs heures.

Selon les informations recueillies par la rédaction de CNC, les hommes de Wagner recherchaient principalement des téléphones portables détenus à l’intérieur de la prison. Ils ont procédé à une fouille méthodique des cellules et des détenus.
Les mercenaires russes étaient équipés de matraques, dont des matraques électriques. Aucun armement n’a été signalé au cours de l’opération. Les fouilles se sont poursuivies pendant des heures sans permettre, selon les informations disponibles, de retrouver les objets recherchés par ces criminels de Touadéra.
L’opération a ensuite pris une autre tournure. Deux détenus, du nom de Zawas et de Bazouka, ont été extraits et frappés à plusieurs reprises à coups de matraque par les hommes de Wagner. Les raisons de ces violences restent inconnues. Aucun élément recueilli par CNC ne permet d’établir que les deux détenus avaient été trouvés en possession d’un téléphone ou d’un autre objet interdit.
Après les fouilles et les violences, les mercenaires russes ont quitté la prison avec les éléments de la gendarmerie qui les accompagnaient.
Cette intervention intervient alors que la présence des mercenaires russes dans les établissements pénitentiaires centrafricains est régulièrement signalée depuis plusieurs années. La prison du Camp de Roux n’est pas le seul établissement concerné par ce type d’opération. Des interventions similaires ont également été rapportées à la prison de Ngaragba.
À Ngaragba, des détenus ont déjà été emmenés par des hommes de Wagner vers des destinations inconnues. La présence des casques bleus de la MINUSCA autour de certains établissements pénitentiaires a parfois donné lieu à des refus de laisser partir des prisonniers avec des hommes de Wagner lourdement armés.
La nouvelle opération menée au Camp de Roux montre une autre méthode. Les mercenaires ne se contentent plus d’intervenir pour extraire des détenus. Ils pénètrent dans la prison, fouillent les cellules, contrôlent les prisonniers et utilisent leurs matraques contre certains d’entre eux.
La question de leur autorité dans les établissements pénitentiaires centrafricains se pose directement. La gestion des prisons relève des institutions centrafricaines et de l’administration pénitentiaire. La présence d’éléments étrangers armés participant aux fouilles et aux violences contre des détenus renforce les interrogations sur le contrôle effectif de ces établissements par les autorités nationales.
Ces interventions s’inscrivent dans un contexte plus large marqué par la multiplication des opérations des mercenaires russes sur le territoire centrafricain. Contrôles dans les rues, arrestations, opérations dans certaines localités et violences contre des civils ont déjà été rapportés. Les prisons constituent désormais un autre espace dans lequel leur présence et leur intervention sont signalées.
L’opération du 26 août au Camp de Roux relance ainsi une question centrale : dans un État qui se revendique indépendant et souverain, quelle est exactement l’autorité des mercenaires russes sur les détenus et dans les établissements pénitentiaires centrafricains ? Tout le monde se rappelle de l’affaire Armel Sayo et Nourd Gregaza, dont les hommes de Wagner étaient directement impliqué.
Par Anselme Mbata
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