
« Nous perdons non seulement en vies humaines, mais nous perdons aussi en environnement » : un abandon des obligations de remise en état des chantiers qui détruit l’écosystème et laisse des familles entières sans aucune mesure de compensation pour les orphelins et les veuves, explique Rosins Zalang.
Lors du débat Patara présenté par Armando Yanguendji sur l’antenne de Radio Ndeke Luka, le coordinateur de l’association Jeunesse en marche pour le développement en Centrafrique a mis en exergue le désastre écologique et social qui découle directement des activités extractives non régulées.
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Rosins Zalang a pointé la faillite du respect des clauses environnementales prévues par le code minier. Sous prétexte de laisser les artisans locaux grignoter les restes de gravier ou par pure complaisance envers les exploitants, les périmètres d’extraction ne sont jamais refermés ni reboisés à la fin des travaux. Les pelleteuses abandonnent des cratères béants qui défigurent le paysage, détruisent les sols cultivables et altèrent le lit des cours d’eau comme la rivière Kadéï. Cette négligence coupable transforme des zones autrefois fertiles en bassins d’érosion à haut risque pour les populations avoisinantes.

À ce ravage écologique s’ajoute une détresse sociale poignante, totalement ignorée par les mécanismes officiels. Lorsque les galeries s’effondrent sur ces chantiers délaissés, le bilan ne se compte pas uniquement en m3 de terre ou en pertes matérielles. Des pères de famille et des jeunes bras valides y laissent leur vie, plongeant des foyers entiers dans une précarité irréversible. Aucune structure de soutien, aucun fonds de garantie ni aucune mesure compensatoire n’existent pour prendre en charge les veuves et assurer la scolarité des orphelins.
Cette double peine illustre la déconnexion entre l’exploitation des richesses et le bien-être des populations locales. En tolérant la dégradation durable des terres sans imposer la remise en état des sites aux titulaires de permis, et en abandonnant les familles des victimes à leur triste sort, les autorités laissent s’installer un modèle destructeur. Pour la société civile, l’urgence ne réside pas seulement dans l’arrêt des chantiers dangereux, mais dans la création d’un cadre légal contraignant imposant la restauration de l’environnement et l’indemnisation systématique des ayants droit.
Par Éric Azoumi
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