
La République Centrafricaine s’enlise dans une trajectoire économique paradoxale où les bras cassés de la septième république tendent inlassablement la main aux institutions financières internationales tout en tournant le dos à ceux qui cultivent la terre. Cette dépendance chronique aux perfusions du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale masque mal l’incapacité coupable des autorités à valoriser les immenses potentialités du territoire national.
Le mirage des aides extérieures face à la pauvreté des campagnes
Plutôt que d’investir massivement dans le tissu productif local, le pouvoir en place choisit la facilité des prêts extérieurs et des ajustements budgétaires dictés depuis l’étranger. Chaque délégation de ministres qui court à Washington ou à Bruxelles illustre cette politique de la main tendue qui appauvrit durablement la population. Pendant que les caisses de l’État se remplissent temporairement grâce à ces emprunts, le monde rural et paysan sombre dans un dénuement total, privé du moindre soutien logistique ou financier.

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L’abandon des producteurs de cacao, symbole d’une faillite politique
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La filière cacao, autrefois l’un des fleurons de l’économie centrafricaine, incarne à elle seule cette tragédie de l’abandon. Dans la région de la Lobaye comme à Mbaiki, des passionnés comme Édouard Mbango maintiennent en vie des exploitations à force de sacrifices, sans jamais recevoir le moindre appui concret du ministère de l’Agriculture. Les planteurs travaillent dans des conditions archaïques, se battent contre l’absence d’acheteurs et finissent par arracher leurs propres plants par désespoir, tandis que l’administration observe cette lente agonie avec une indifférence totale.
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Relancer la production nationale pour briser les chaînes de la dépendance
L’économie d’un pays ne saurait prospérer durablement en comptant uniquement sur la manne extérieure et sur une fiscalité douanière étouffante qui asphyxie le pouvoir d’achat. Pour sortir de cette impasse, il devient urgent de rompre avec ces logiques d’assistanat international et de rediriger les ressources vers les véritables forces vives de la nation. Redonner la parole et les moyens aux agriculteurs, structurer des filières porteuses comme la transformation locale du cacao et bâtir une souveraineté économique réelle constituent les seuls remparts contre l’appauvrissement généralisé de la population centrafricaine.
Sylvie VICKOS
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La dépendance économique aux prêts internationaux, notamment du FMI, s’accompagne d’une négligence alarmante envers l’agriculture centrafricaine, essentielle pour le développement national.
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