Justice à deux vitesses en Centrafrique : la CPS ouvre une enquête sur Am-Dafock mais reste silencieuse sur les crimes commis par les mercenaires russes du groupe Wagner

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Justice à deux vitesses en Centrafrique : la CPS ouvre une enquête sur Am-Dafock mais reste silencieuse sur les crimes commis par les mercenaires russes du groupe Wagner 
Justice à deux vitesses en Centrafrique : la CPS ouvre une enquête sur Am-Dafock mais reste silencieuse sur les crimes commis par les mercenaires russes du groupe Wagner
   Rédigé le [date_cnc] .Par : la rédaction de Corbeau News CentrafriqueCNC  Le Parquet spécial près la Cour pénale spéciale (CPS) a annoncé, mardi 21 juillet, l’ouverture d’une évaluation préliminaire sur les événements survenus le 30 juin à Am-Dafock, dans la préfecture de la Vakaga. Cette procédure intervient alors que de nombreuses voix dénoncent l’absence d’initiatives similaires concernant les crimes attribués aux mercenaires russes de Wagner dans plusieurs régions de la République centrafricaine. Dans son communiqué, le Parquet indique vouloir recueillir des informations sur les faits signalés à Am-Dafock, identifier les éventuelles victimes et déterminer si les conditions sont réunies pour engager une enquête judiciaire. Cette réaction rapide contraste avec l’absence de procédures annoncées sur d’autres dossiers largement documentés depuis plusieurs années. Dans la Nana-Mambéré, dans l’Ouham-Pendé, dans la Haute-Kotto, dans la Ouaka, dans la Mambéré-Kadéï ou encore dans la Vakaga, de nombreux témoignages, images et vidéos circulent depuis des mois sur des exécutions sommaires, des disparitions forcées, des actes de torture, des pillages et des destructions de villages commis publiquement par les mercenaires russes du groupe  Wagner. Plusieurs organisations nationales et internationales ont également publié des rapports faisant état de graves violations des droits humains dans ces régions. Malgré l’accumulation de ces éléments, la Cour pénale spéciale n’a annoncé aucune évaluation préliminaire ni aucune enquête publique visant les auteurs de ces crimes. Cette différence de traitement alimente les critiques sur l’impartialité de cette juridiction créée pour lutter contre l’impunité en République centrafricaine. À lire aussi : Power Sécurité hors-la-loi ? Enquête sur des pratiques contraires aux normes de l’OITLes interrogations sont d’autant plus nombreuses que certaines des exactions commises par les mercenaires russes ont été largement documentées. Dans la préfecture de la Nana-Mambéré, il y’a une semaine, des vidéos diffusées montrent notamment des civils tués puis décapités par les mercenaires russes et leurs supplétifs. Parmi les victimes figurent des chefs de village et des habitants non armés. D’autres témoignages font état de pillages de biens civils, d’arrestations arbitraires et d’exécutions menées lors d’opérations militaires. À ce jour, aucune communication officielle de la CPS n’annonce l’ouverture d’une procédure concernant ces faits. Cette situation renforce le sentiment d’une justice appliquée de manière sélective. Plusieurs observateurs estiment que la Cour concentre une part importante de ses enquêtes sur des dossiers concernant d’anciens responsables politiques et militaires, notamment dans les affaires liées au régime de l’ancien président François Bozizé, alors que les crimes les plus récents attribués aux forces alliées au pouvoir restent absents de ses communications publiques. L’affaire de Bossembélé est un exemple parfait de cette orientation. La CPS poursuit activement les procédures engagées contre plusieurs anciens responsables militaires et politiques dans ce dossier. Dans le même temps, aucune procédure comparable n’a été rendue publique concernant les exactions attribuées aux mercenaires russes présents aux côtés des Forces armées centrafricaines sur plusieurs théâtres d’opérations. Cette différence de traitement fragilise la crédibilité de la Cour pénale spéciale auprès d’une partie de l’opinion publique. Créée avec le soutien financier de partenaires internationaux pour juger les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis en République centrafricaine, cette juridiction est attendue sur sa capacité à appliquer la loi à tous les auteurs présumés, sans distinction de statut, d’appartenance politique ou d’alliance militaire. L’absence d’enquêtes publiques sur les crimes commis par les mercenaires russes continue d’alimenter les interrogations sur l’indépendance de la Cour. Pour de nombreux Centrafricains, la lutte contre l’impunité ne peut produire de résultats que si toutes les victimes bénéficient de la même attention judiciaire et si tous les auteurs répondent de leurs actes devant la justice, quels que soient leur identité ou leurs soutiens. Par Gisèle MOLOMAÀ lire aussi : Centrafrique : le HCR relance le rapatriement des réfugiés malgré les inquiétudes sur les conditions de retour

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