L’UNOPS en plein chaos : trois morts parmi les employés contractuels privé de salaire par la MINUSCA

Le décès d’un employé centrafricain privé de salaire plonge les équipes des travailleurs contractuels de l’UNOPS dans le deuil et l’indignation face à l’indifférence de la direction.
Le climat social au sein de l’UNOPS à Bangui vient de basculer dans le deuil. Dans la nuit du dimanche au lundi 6 juillet 2026, un troisième travailleur centrafricain est décédé des suites d’une maladie. Pour ses collègues et les membres du personnel, la cause de cette perte est évidente : l’absence de salaire depuis plusieurs mois a privé cet ouvrier des moyens financiers nécessaires pour accéder à des soins médicaux urgents.
Effectuant des travaux physiques particulièrement éprouvants, les employés contractuels centrafricains de l’UNOPS se retrouvent désormais sans défense face à la maladie, faute de pouvoir honorer les frais de santé les plus élémentaires.
Pendant que les familles des agents centrafricains pleurent leurs morts, le personnel expatrié continue de mener une vie dorée. Les cadres internationaux reçoivent leurs virements chaque fin de mois, des rémunérations qui varient entre dix et vingt millions de francs CFA. Aucun retard, aucune erreur administrative ne vient perturber leur quotidien. Les arguments de la direction de l’UNOPS, qui rejette la responsabilité de cette crise sur des retards venus de Washington, perdent toute consistance face à ce traitement préférentiel. Si le problème financier était réel, il toucherait l’ensemble de la pyramide et non pas uniquement les salaires les plus bas.
La détresse des travailleurs est aggravée par une précarité contractuelle totale. Après avoir réduit la durée des contrats à de simples trimestres, l’administration de l’UNOPS fait désormais travailler les agents centrafricains sans aucun document légal. Les ouvriers triment chaque jour sous une pression constante pour maintenir la mission à flot, mais dans un vide juridique absolu, sans signature, sans couverture sociale et sans la moindre garantie pour le lendemain.
Ces événements tragiques achèvent de décrédibiliser la parole publique de Valentine Rugwabiza. La cheffe de la MINUSCA avait formellement assuré lors de sa conférence de presse à Bangui que la baisse des contributions américaines ne sacrifierait pas la main-d’œuvre nationale. Les faits prouvent exactement le contraire. Entre la fermeture des bases régionales qui a laissé des centaines de gardiens et de techniciens sur le carreau, et la faillite humaine de son prestataire UNOPS à Bangui, la protection des Centrafricains s’avère être un mensonge politique.
Comme tout le monde le sait, au sein de la fonction publique centrafricaine, l’accès reste conditionné par l’allégeance au parti MCU. Coincés entre un État verrouillé et une administration onusienne qui dissimule sa mauvaise gestion derrière des prétextes imaginaires, les pères de famille centrafricains paient désormais de leur vie le prix de cette indifférence.
Par Gisèle MOLOMA
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