Travaux de route sur l’axe Ndélé – Ouadda-Maïkaga : les ouvriers à nouveau roulés dans la farine par le directeur général de l’ONM
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Par : la rédaction de ,
Privés de quatre mois de salaire, les employés des chantiers routiers de Ndélé – Ouadda bloquent tout à nouveau. Ils dénoncent les mensonges répétés du directeur général de l’ONM.
La trêve sur le grand chantier routier reliant Ndélé à Ouadda-Maïkaga vient d’exploser. Alors que les ouvriers avaient accepté de reprendre le travail après une première grève le mois dernier, la colère s’enflamme de plus belle dans la préfecture de Bamingui-Bangoran. Ces pères de famille constatent avec amertume que les engagements fermes obtenus lors des récentes négociations n’étaient que de la poudre aux yeux. Face à cette situation intenable, les démissions se multiplient au sein des équipes techniques, et la base ouvrière a décidé de bloquer totalement les activités pour réclamer leur argent.
Pour comprendre ce nouveau blocage, il faut revenir aux discussions qui s’étaient tenues pour suspendre la première grève. À cette occasion, une réunion importante avait réuni les autorités locales, les représentants de l’UNOPS et le directeur général de l’ONM. Ce dernier avait alors déployé de grands arguments pour convaincre les grévistes de reprendre les engins, leur assurant que le problème financier était en cours de règlement. Confiants, les employés étaient retournés sur le terrain, attendant patiemment que les virements arrivent sur leurs comptes bancaires.
Mais l’attente est restée vaine, et les promesses se sont transformées en un scénario absurde. Devant l’absence de paiement, les employés ont demandé des comptes. Le directeur général de l’ONM s’est alors embourbé dans des explications confuses. Il a d’abord affirmé s’être rendu auprès de l’UNOPS, l’organisme chargé d’exécuter ces travaux financés par la Banque mondiale, pour vérifier la situation. Selon lui, l’UNOPS lui aurait montré tous les documents officiels prouvant que les fonds avaient déjà été débloqués et actés. La procédure prévoyait que l’UNOPS vire l’argent sur un compte de la banque BGFI, qui devait ensuite alimenter les caisses de l’ONM pour que ce dernier procède enfin à la paie des salaires.
C’est à ce moment précis que le discours du directeur général de l’ONM a basculé dans le ridicule. Pour justifier le fait que l’argent n’arrive toujours pas, il a rejeté la responsabilité sur des lenteurs administratives situées directement à Washington, au siège de la Banque mondiale. Plus incroyable encore, il a demandé aux ouvriers de ne pas s’énerver, leur expliquant que ce retard de quatre mois était une bonne chose, comparable à un « placement d’argent à la banque ». Selon sa logique, en attendant encore un peu, les employés toucheraient une très grosse somme d’un seul coup. Il a également tenté de jouer sur la corde patriotique, affirmant que ces sacrifices étaient nécessaires pour le développement du pays, car cette route doit à terme relier Birao, désenclaver les cultivateurs et faciliter le transport des produits agricoles vers le marché de Ndélé.
Cette rhétorique a été accueillie comme une insulte par les grévistes. Sur le terrain, la réalité est dramatique : ces pères de famille ne peuvent pas nourrir leurs enfants avec des discours sur le développement national. Pour survivre depuis quatre mois, ils sont obligés de s’endetter lourdement auprès des commerçants locaux. Or, les créanciers s’impatientent et refusent désormais de prêter à crédit. Les ouvriers refusent d’être les victimes de ce jeu de renvoi de responsabilité où l’ONM accuse l’UNOPS, qui elle-même renvoie la balle à la Banque mondiale et aux délais de transfert depuis les États-Unis.
Le point de rupture définitif s’est joué entre le 2 et le 3 juillet. Le directeur général de l’ONM avait fixé cette période comme date butoir, promettant que l’argent serait disponible après une attente finale de douze à treize jours. Arrivés au rendez-vous, les employés n’ont constaté qu’un silence de mort. Pire encore, le directeur général de l’ONM est devenu totalement injoignable. Toutes les tentatives d’appels des représentants du personnel ont échoué : les téléphones sont éteints, les lignes coupées et la direction reste totalement sourde aux appels de détresse de ses équipes.
Trompés et abandonnés par le premier responsable de l’ONM, les ouvriers ont pris leurs responsabilités. Ils refusent de continuer à fournir une main-d’œuvre gratuite au profit d’une administration qui les fuit. Le mot d’ordre de grève générale est relancé, les machines sont de nouveau immobilisées et le chantier de l’axe Ndélé Ouadda-Maïkaga est replongé dans une paralysie totale tant que les quatre mois de salaire ne seront pas intégralement versés.
Par Barthelemy Kossi
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