LA CENTRAFRIQUE ENTRE DEUX CONSTITUTIONS : COMMENT LE PIEGE JURIDIQUE DE TOUADERA SE REFERME SUR SON PROPRE REGIME
Rédigé le [date_cnc] .
Par : la rédaction de ,
Quand un pouvoir impose sa propre Constitution pour exclure ses adversaires, mais refuse de l’appliquer à lui‑même, l’État cesse d’être une République et devient une fraude politique organisée. Sous la férule autocratique de Touadéra, la Centrafrique est enfermée dans un entre‑deux grotesque où l’exécutif navigue entre les restes de la Constitution de 2016 et le chiffon de papier promulgué en 2023. Conçue pour verrouiller les ressources, prolonger un clan et éliminer des rivaux, la VIIe République se retourne aujourd’hui contre ses propres géniteurs.
J’accuse le régime Touadéra d’avoir plongé la Centrafrique dans un chaos constitutionnel calculé.
La Constitution de 2016 est issue du Forum de Bangui et d’une véritable consultation populaire ; elle encadrait le pouvoir, limitait le mandat présidentiel à deux mandats de cinq ans et interdisait toute révision touchant au nombre et à la durée des mandats. Arrivé au bout de cette logique, Touadéra a choisi le coup de force institutionnel : neutralisation de la présidente de la Cour constitutionnelle, conclave occulte de pseudo‑constitutionnalistes stipendiés, rédaction d’un texte taillé pour un mandat de sept ans renouvelable sans limite. Les articles 10 et 183 ont été introduits pour exclure Anicet‑Georges Dologuélé au nom de la double nationalité.
J’accuse ces juristes de cour d’avoir habillé une pure captation de pouvoir du vocabulaire du droit.
Mais les articles toxiques 10 et 183 produisent un effet boomerang. En réservant les mandats et hautes fonctions aux seuls « Centrafricains d’origine » ne possédant aucune autre nationalité, ils créent un piège dans lequel le régime lui‑même est pris : exécutif, Parlement et haute administration sont massivement occupés par des binationaux, des non‑originaires et même des étrangers. Touadéra applique la Constitution de 2023 pour exclure l’opposition, mais se réfugie derrière la souplesse de 2016 pour protéger ses proches.
J’accuse le pouvoir d’appliquer le texte de 2023 pour harceler l’opposition, tout en s’en exonérant pour sauver ses propres complices.
Si la justice centrafricaine appliquait réellement les articles 10, 66, 152 et 183 avec la même hargne qu’elle affiche contre Dologuélé, la quasi‑totalité des institutions s’effondrerait pour illégitimité constitutionnelle. Le recensement des « fraudeurs » est édifiant : président à filiation contestée au regard de 2023, président de l’Assemblée, ministres, hauts responsables binationaux ou étrangers, tous objectivement incompatibles avec les critères qu’ils brandissent contre leurs adversaires.
J’accuse le régime d’avoir bâti une République de fraudeurs constitutionnels, où la loi n’est plus une règle commune mais un gourdin réservé aux ennemis.
Dans ce contexte, une question brutale s’impose : la Centrafrique vit‑elle sous la VIe République issue de la volonté populaire de 2016, ou sous la VIIe République imposée en 2023 pour éterniser un homme au sommet de l’État ? Si la Constitution de 2023 remplace vraiment celle de 2016, elle doit s’appliquer intégralement à tous, sans distinction de camp ; sinon, il faut cesser de parler d’État de droit et assumer l’existence d’un pouvoir personnel, cynique et mensonger. Le propre préambule de 2023, qui proclame l’attachement à la légalité constitutionnelle et à la lutte contre la gestion clanique, est contredit chaque jour par la pratique réelle du régime.
J’accuse Touadéra d’avoir voulu devenir roi dans une République et ses complices d’avoir travesti le droit pour maquiller une monarchie bananière.
La mascarade a assez duré : le peuple exige l’application immédiate et intégrale des articles 10 et 183 de la Constitution de 2023 que le régime a lui‑même imposée. En conséquence, il réclame la démission de Touadéra pour haute trahison et la révocation de toutes les personnalités usurpatrices – binationaux, rebelles étrangers et non‑originaires – qui occupent illégalement les sommets de l’État. L’attention se tourne vers le procureur de la République, Guy Martial Damaguéré, sommé d’afficher la même rigueur que dans le dossier vide et instrumental monté contre Anicet‑Georges Dologuélé.
Or l’actualité institutionnelle vient humilier les faussaires du droit. Le Conseil constitutionnel a proclamé les résultats définitifs du second tour des législatives et confirmé ceux de l’ANE : Anicet‑Georges Dologuélé a remporté son siège et est élu député de la Nation. L’homme que le pouvoir voulait traiter comme un quasi‑apatride est donc reconnu par les institutions comme représentant légitime du peuple centrafricain. C’est un désaveu cinglant pour Damaguéré et pour ce parquet de soumission politique, un aveu de la manipulation grossière de la loi.
Il faut désormais le dire sans détour : assez de fraude, assez de persécution, assez de falsification juridique ; Touadéra doit cesser de manipuler la loi comme une arme de clan et rétablir sans délai le député Dologuélé dans ses droits.
Si la VIIe République doit vraiment remplacer la VIe, qu’on l’applique intégralement ; sinon, qu’on cesse de prendre les Centrafricains pour des imbéciles. Debout, peuple centrafricain : ni roi ni valet, la Constitution ou rien.
J’accuse ce pouvoir d’avoir détruit la cohérence du droit, sali la parole publique et transformé la Constitution en piège, en arme et en camouflage.
Par Thierry BENGUEWE DAMARAS, contributeur actif
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
3
CNC groupe 4
CNC groupe le Soleil
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC
Abonnez-vous à notre chaine YouTube :
Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65
Email :
Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org




![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)