LA CENTRAFRIQUE ENTRE DEUX CONSTITUTIONS : COMMENT LE PIEGE JURIDIQUE DE TOUADERA SE REFERME SUR SON PROPRE REGIME

0
18

LA CENTRAFRIQUE ENTRE DEUX CONSTITUTIONS : COMMENT LE PIEGE JURIDIQUE DE TOUADERA SE REFERME SUR SON PROPRE REGIME

 

 

Rédigé le [date_cnc] .

Par : la rédaction de ,  

Quand un pouvoir impose sa propre Constitution pour exclure ses adversaires, mais refuse de l’appliquer à lui‑même, l’État cesse d’être une République et devient une fraude politique organisée. Sous la férule autocratique de Touadéra, la Centrafrique est enfermée dans un entre‑deux grotesque où l’exécutif navigue entre les restes de la Constitution de 2016 et le chiffon de papier promulgué en 2023. Conçue pour verrouiller les ressources, prolonger un clan et éliminer des rivaux, la VIIe République se retourne aujourd’hui contre ses propres géniteurs.
J’accuse le régime Touadéra d’avoir plongé la Centrafrique dans un chaos constitutionnel calculé.

 

La Constitution de 2016 est issue du Forum de Bangui et d’une véritable consultation populaire ; elle encadrait le pouvoir, limitait le mandat présidentiel à deux mandats de cinq ans et interdisait toute révision touchant au nombre et à la durée des mandats. Arrivé au bout de cette logique, Touadéra a choisi le coup de force institutionnel : neutralisation de la présidente de la Cour constitutionnelle, conclave occulte de pseudo‑constitutionnalistes stipendiés, rédaction d’un texte taillé pour un mandat de sept ans renouvelable sans limite. Les articles 10 et 183 ont été introduits pour exclure Anicet‑Georges Dologuélé au nom de la double nationalité.
J’accuse ces juristes de cour d’avoir habillé une pure captation de pouvoir du vocabulaire du droit.

 

Mais les articles toxiques 10 et 183 produisent un effet boomerang. En réservant les mandats et hautes fonctions aux seuls « Centrafricains d’origine » ne possédant aucune autre nationalité, ils créent un piège dans lequel le régime lui‑même est pris : exécutif, Parlement et haute administration sont massivement occupés par des binationaux, des non‑originaires et même des étrangers. Touadéra applique la Constitution de 2023 pour exclure l’opposition, mais se réfugie derrière la souplesse de 2016 pour protéger ses proches.
J’accuse le pouvoir d’appliquer le texte de 2023 pour harceler l’opposition, tout en s’en exonérant pour sauver ses propres complices.

 

Si la justice centrafricaine appliquait réellement les articles 10, 66, 152 et 183 avec la même hargne qu’elle affiche contre Dologuélé, la quasi‑totalité des institutions s’effondrerait pour illégitimité constitutionnelle. Le recensement des « fraudeurs » est édifiant : président à filiation contestée au regard de 2023, président de l’Assemblée, ministres, hauts responsables binationaux ou étrangers, tous objectivement incompatibles avec les critères qu’ils brandissent contre leurs adversaires.
J’accuse le régime d’avoir bâti une République de fraudeurs constitutionnels, où la loi n’est plus une règle commune mais un gourdin réservé aux ennemis.

 

Dans ce contexte, une question brutale s’impose : la Centrafrique vit‑elle sous la VIe République issue de la volonté populaire de 2016, ou sous la VIIe République imposée en 2023 pour éterniser un homme au sommet de l’État ? Si la Constitution de 2023 remplace vraiment celle de 2016, elle doit s’appliquer intégralement à tous, sans distinction de camp ; sinon, il faut cesser de parler d’État de droit et assumer l’existence d’un pouvoir personnel, cynique et mensonger. Le propre préambule de 2023, qui proclame l’attachement à la légalité constitutionnelle et à la lutte contre la gestion clanique, est contredit chaque jour par la pratique réelle du régime.
J’accuse Touadéra d’avoir voulu devenir roi dans une République et ses complices d’avoir travesti le droit pour maquiller une monarchie bananière.

 

La mascarade a assez duré : le peuple exige l’application immédiate et intégrale des articles 10 et 183 de la Constitution de 2023 que le régime a lui‑même imposée. En conséquence, il réclame la démission de Touadéra pour haute trahison et la révocation de toutes les personnalités usurpatrices – binationaux, rebelles étrangers et non‑originaires – qui occupent illégalement les sommets de l’État. L’attention se tourne vers le procureur de la République, Guy Martial Damaguéré, sommé d’afficher la même rigueur que dans le dossier vide et instrumental monté contre Anicet‑Georges Dologuélé.

 

Or l’actualité institutionnelle vient humilier les faussaires du droit. Le Conseil constitutionnel a proclamé les résultats définitifs du second tour des législatives et confirmé ceux de l’ANE : Anicet‑Georges Dologuélé a remporté son siège et est élu député de la Nation. L’homme que le pouvoir voulait traiter comme un quasi‑apatride est donc reconnu par les institutions comme représentant légitime du peuple centrafricain. C’est un désaveu cinglant pour Damaguéré et pour ce parquet de soumission politique, un aveu de la manipulation grossière de la loi.
Il faut désormais le dire sans détour : assez de fraude, assez de persécution, assez de falsification juridique ; Touadéra doit cesser de manipuler la loi comme une arme de clan et rétablir sans délai le député Dologuélé dans ses droits.

 

Si la VIIe République doit vraiment remplacer la VIe, qu’on l’applique intégralement ; sinon, qu’on cesse de prendre les Centrafricains pour des imbéciles. Debout, peuple centrafricain : ni roi ni valet, la Constitution ou rien.
J’accuse ce pouvoir d’avoir détruit la cohérence du droit, sali la parole publique et transformé la Constitution en piège, en arme et en camouflage.

 

Par Thierry BENGUEWE DAMARAS, contributeur actif

Rejoignez notre communauté

 

Chaine officielle du CNC

Invitation à suivre la chaine du CNC

3

CNC groupe 4

CNC groupe le Soleil

Note : les deux premiers groupes sont réservés  uniquement aux publications officielles du CNC

 Abonnez-vous à notre chaine YouTube :

Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65

Email :

Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org