Sorcier de Carnot, Evariste Ngamana, as-tu vu ce communiqué du ministère de l’élevage pour les chargeurs d’un ex-séléka ? La voix du gouvernement est-elle morte sous le troisième mandat de Touadéra ?
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Par : la rédaction de ,
Un communiqué du Ministère de l’Élevage pour retrouver les chargeurs d’un ex-Seleka . Voilà où en est la République Centrafricaine sous Touadéra
Le grand sorcier de Carnot, Evariste Ngamana, pourtant unique porte-parole du gouvernement des bras cassés de la septième république, assiste à la publication d’un communiqué du Ministère de l’Élevage et de la Santé Animale pour le vol d’une sacoche d’un ex-géènéral de la Séléka.
Un communiqué circule depuis le 19 juin 2026 sur les réseaux sociaux. Il porte l’en-tête de la République Centrafricaine, le numéro d’enregistrement 25 au service communication, la signature et le cachet d’une certaine Asta Inoussa, chargée de communication audit ministère. Le texte informe les habitants de Bangui qu’un individu nommé Abdel Karim Moussa a été victime d’un vol dans le quartier Benz-vi. Selon ce bidon communiqué, des inconnus ont fracturé la portière de son véhicule pour emporter une mallette noire avec des chargeurs, une batterie externe, un ordinateur et des chéquiers.
Ouf! Un ministère de la République pour retrouver des chargeurs de téléphone?
Ce n’est pas une erreur. C’est le système Touadera qui fonctionne de la sorte. Sur le papier, on nous dit que le Ministère de l’Élevage et de la Santé Animale a pour vocation de gérer le cheptel national, la politique pastorale, les épizooties. Pourtant, cette nuit-là à Benz-vi, ce ministère s’est converti en bureau des objets trouvés pour cet autoproclamé général de division, que tout le monde le connait parfaitement en tant que caporal des FACA avant l’arrivée de la Séléka en 2013. Le mytho-dictateur Touadéra et son premier ministre Baba Kongobourou Félix Moloua observent, impassibles. Aucun rappel à l’ordre, aucun étonnement affiché. Dans les ministères comme au sommet, la règle est simple : quand un chef militaire venu de la rébellion frappe à la porte, on rédige le communiqué qu’il demande, on appose le cachet de la République, et on diffuse.
La chargée de communication Asta Inoussa n’a même pas pris le temps de relire le nom du plaignant. Abdel Karim en ouverture, Abdel Kader en conclusion. Deux orthographes différentes dans le même communiqué. Ce détail dit tout de l’ambiance dans laquelle ces papiers se fabriquent : vite, sous pression, pour satisfaire quelqu’un qui n’attend pas.
Les officiers formés dans les grandes écoles militaires, ceux qui ont passé des années à gravir les échelons selon les règles, regardent cette scène. Ils voient un ancien caporal rédiger ses exigences sur du papier à en-tête ministériel. Ils voient l’État centrafricain transformé en office de réclamations pour anciens rebelles reconvertis. Et ils se taisent, parce que dans la République du mytho-dictateur, la parole appartient à ceux qui ont porté les armes contre elle.
Par Anselme Mbata
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