Rentrée judiciaire de la honte : le mytho-dictateur Touadéra terrorise les avocats et les huissiers

Rédigé le 01 juillet 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Pour tenter de cacher le pillage industriel de la RCA par son clan et ses parrains russes, le dictateur Touadéra sacrifie les avocats et huissiers, érigés en boucs émissaires de la faillite nationale.
Le scénario est vieux mais le pouvoir de Bangui s’y accroche. Face à la colère d’une population exsangue, asphyxiée par la corruption au sommet, l’exécutif applique la stratégie de la dérivation. Le palais de la Renaissance a choisi sa nouvelle cible : les auxiliaires de justice, accusés de transformer l’application du droit en un business sauvage.
Le chef de l’État a ainsi fustigé la phase finale des procès :
« Mesdames et Messieurs, si le retard des juges paralyse la justice en amont, les dérives de certains auxiliaires de justice la corrompent et la discréditent totalement en aval. Je veux ici parler avec une gravité absolue de la phase de l’exécution des décisions de justice (…) l’exécution des décisions de justice est devenue le terrain de jeu d’intérêts privés où s’illustrent des abus intolérable commis par certains viciers de justice et avocats. »
Cette offensive verbale cherche à réécrire l’histoire du racket centrafricain. En pointant du doigt les dérives des saisies-ventes, le régime feint de défendre le citoyen spolié. C’est un contre-feu grossier. Les véritables saisies sauvages et les harcèlements financiers les plus destructeurs du pays ne se décident pas dans les cabinets d’avocats, mais au cœur des administrations financières et sur les axes routiers, là où les forces officielles et les paramilitaires de Moscou prélèvent leur dîme en toute illégalité.
En insistant sur l’argent détourné, Touadéra tente de capter le mécontentement populaire :
« Parfois des sommes d’argent saisies qui devraient revenir aux victimes sont indûment séquestrées ou indûment amputées des honneurs abusifs si elles ne sont pas simplement détournées (…) Désormais, la responsabilité pénale et disciplinaire de ces acteurs sera engagée avec la plus grande rigueur. »
Cette pseudo-rigueur est asymétrique. Elle traque l’huissier indélicat mais ferme les yeux sur le siphonnage à grande échelle des mines de Ndassima et des douanes par les réseaux criminels extérieurs associés au pouvoir. Promettre de briser l’impunité des professionnels du droit tout en maintenant à leur poste les cerveaux politiques de la prédation économique est une mystification totale. Ce chantage aux sanctions disciplinaires n’a qu’un but : terroriser le secteur privé de la justice pour qu’il ne vienne jamais interférer avec le pillage institutionnalisé qui définit la VIIe République.
Par Alain Nzilo
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