
Sur le terrain du lycée d’État des rapides dans le septième arrondissement, notamment dans le quartier Ouango, le 10 mai dernier, lors de la festivité pour le soutien au troisième mandat de Touadera Screenshot
Comment le PNUD finance, valide l’installation de la dictature et se félicite dans son dernier rapport annuel de 2025 d’avoir installé un empire en RCA
Rédigé le 21 juillet 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
En lisant l’intégralité du rapport annuel 2025 du Programme des Nations Unies pour le développement, on comprend que le PNUD s’offre désormais comme l’ami intime et le propagandiste en chef du pouvoir pour légitimer le passage en force constitutionnel et le verrouillage politique en RCA.
La lecture de ce bilan onusien met en évidence la complaisance des institutions internationales envers le régime en place. Au lieu de fournir un état des lieux lucide et indépendant, les rédacteurs de ce document ont fait le choix de la déconnexion volontaire, convertissant les dérives autoritaires de l’exécutif en indicateurs de performance positive. Cet exercice de communication bureaucratique permet à l’organisation de pérenniser ses financements locaux tout en offrant une couverture politique internationale idéale à la construction d’un pouvoir sans partage.
L’analyse de la section électorale montre comment les deniers internationaux servent de caution à un système totalement verrouillé, pensé exclusivement pour valider un troisième mandat et consolider les structures d’un empire personnel. Le document vante l’injection de 18 652 620 dollars américains, l’inscription de 757 075 nouveaux électeurs et l’encadrement de 34 000 agents électoraux. Derrière ce déploiement technique, l’ONU passe sous silence le boycott massif décidé par le bloc républicain pour la défense de la constitution, le BRDC, et l’ensemble des forces d’opposition. Le refus obstiné des autorités d’ouvrir un dialogue ouvert a plongé le processus dans un désordre complet, aggravé par l’immensité d’un territoire de 622 000 kilomètres carrés dépourvu de voies de communication utilisables.
Les délais d’annonce des résultats mettent en relief la partialité flagrante du processus. Les chiffres du scrutin présidentiel, capital pour le maintien de l’exécutif, ont été compilés en urgence et proclamés en sept jours seulement après un calcul opaque dans les bureaux de vote. À l’opposé, les scrutins législatifs et communaux ont vu leurs résultats gelés pendant un mois entier. Ce calendrier à deux vitesses a permis de vider l’Assemblée nationale de toute présence contradictoire, le parti présidentiel s’octroyant la quasi-totalité des sièges. Cette parodie démocratique et l’adoption forcée d’une nouvelle constitution ne suscitent aucune réserve de la part des fonctionnaires onusiens, qui préfèrent entériner ce hold-up institutionnel.
Sur le plan économique, le rapport dessine une trajectoire en totale contradiction avec le quotidien de la population. Les experts de l’ONU décrivent un tissu commercial en pleine croissance et félicitent le gouvernement pour l’accompagnement de 87 nouvelles petites structures privées. Cette présentation occulte la chute verticale des exportations minières légales, en particulier l’or. Face au tarissement de l’aide internationale, les ministères concentrent la collecte des taxes sur les commerçants de la capitale et des rares zones contrôlées. Cette fiscalité confiscatoire asphyxie le secteur marchand centrafricain, une réalité destructrice que l’agence internationale travestit sous le concept technique de mobilisation des ressources intérieures.
Le volet sécuritaire et judiciaire subit le même traitement lénifiant pour éviter d’indisposer la présidence. Le PNUD se félicite d’avoir fourni des motos et des véhicules aux forces de sécurité ou d’avoir fait distribuer 2 200 jugements supplétifs dans quelques localités. Pendant ce temps, les exactions commises par les partenaires bilatéraux russes de la formation Wagner, les assauts armés dans les régions de la Vakaga ou de l’Ouham-Fafa et l’instrumentalisation des tribunaux pour traquer les voix dissidentes sont purement éliminés du texte. L’agence choisit d’ignorer les alertes et les enquêtes des autres départements de l’ONU qui dénoncent régulièrement les violations des droits fondamentaux et les restrictions imposées aux convois humanitaires.
Les données relatives à l’aide sociale et aux infrastructures de base relèvent d’un effet d’optique grossier. L’organisation se glorifie d’offrir l’accès à l’eau à 133 808 bénéficiaires, d’avoir bâti deux écoles et d’avoir affecté 36 enseignants. Ces accomplissements dérisoires interviennent dans un contexte où plus de la moitié de la population dépend exclusivement des distributions d’urgence pour assurer sa subsistance, et où l’école publique a cessé d’exister dans la majeure partie des provinces. Le PNUD surévalue volontairement des micro-projets de communication pour fournir des arguments de propagande au pouvoir central.
L’analyse comptable des fonds révèle le fossé entre les engagements affichés et la réalité des financements accordés. Le plan de réponse humanitaire global ne reçoit que 41 % des budgets nécessaires, abandonnant des millions de Centrafricains à leur sort. Les cadres des Nations Unies continuent pourtant de rédiger des synthèses élogieuses depuis leurs bureaux sécurisés, validant des plans de développement déconnectés de la misère humaine et de l’effondrement des institutions locales. Cette collaboration administrative offre une respectabilité internationale indispensable au pouvoir tout en protégeant les privilèges des agences internationales à Bangui.
Par Alain Nzilo
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