Faire tomber le régime du Tchad? Voilà le vrai objectif de l’ancien chef-d’État-major du MPC, Dido Ali, qui joue désormais dans le rang des grands bandits
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Près d’un an après sa nomination comme chef d’état-major du Mouvement Patriotique pour la Centrafrique (MPC) par le président fondateur Mahamat Al-Khatim, Didot Ali cache réellement sa véritable ambition politique et militaire.
Derrière les querelles de leadership à Markounda et le contrôle des chantiers miniers de l’Ouham, l’objectif réel de ce seigneur de guerre n’a jamais été la République centrafricaine, encore moins le désarmement. Une enquête minutieuse menée par notre rédaction montre que Didot Ali utilise le territoire centrafricain et ses ressources comme un simple tremplin logistique pour mener son véritable combat : le renversement du pouvoir à N’Djamena.
L’illusion du désarmement et la rupture avec le Tchad
Didot Ali nourrit une ambition lourde qui dépasse largement les frontières centrafricaines. Son regard est obstinément tourné vers le Tchad, son pays d’origine, où il rêve de bousculer l’ordre établi et de défier directement le président Mahamat Déby Kaka. Pour comprendre la psychologie et les motivations du personnage, il faut remonter à une tentative de négociation avortée avec les autorités tchadiennes.
Il y a quelques années, depuis la zone frontalière, Didot Ali avait contacté son propre cousin, l’actuel ministre de l’Intérieur du Tchad. Son plan initial était simple : entrer sur le territoire tchadien avec l’ensemble de ses combattants pour y négocier un processus de désarmement, en échange duquel il espérait obtenir un poste de haute responsabilité dans les forces de défense à N’Djamena. La réponse de son cousin ministre fut un rejet catégorique, pointant du doigt l’absurdité de la démarche.
« Tu dirige une rébellion et tu commets des actes de banditisme en Centrafrique, et tu veut désormais traverser la frontière avec tes hommes pour exiger un désarmement ici au Tchad et un poste? Est-ce que c’est seulement réaliste ? »
Frustré par cette fin de non-recevoir de son cousin qui brisait ses espoirs d’intégration légitime au Tchad, Didot Ali a définitivement basculé dans une logique de confrontation radicale contre le pouvoir tchadien.
Du mercenariat au Soudan au retour clandestin en RCA
Après cet échec, le chef de guerre a mis ses compétences de mercenaire au service des Forces de Soutien Rapide (FSR) du général Mohamed Hamdan Daglo, dit « Hemetti », participant activement aux combats qui déchirent le Soudan. C’est à la suite de cette expérience qu’il a été rappelé en République centrafricaine par Mahamat Al-Khatim pour occuper le poste de chef d’état-major du MPC.
Signe de sa situation de paria
Lors de son retour pour prendre ses fonctions, Didot Ali a sciemment évité de circuler sur le territoire centrafricain, redoutant d’être immédiatement appréhendé et incarcéré par les forces régulières. Il a préféré s’infiltrer discrètement à travers les mailles du filet tchadien pour rejoindre ses bases arrières dans l’Ouham. Dès sa prise de fonction, sa priorité absolue n’a pas été de consolider le mouvement, mais de réarmer ses hommes qu’ils les fait venir du Soudan.
L’exploitation sauvage des chantiers miniers dans la préfecture de l’Ouham n’avait qu’un but : accumuler des capitaux financiers pour acheter du matériel de guerre et préparer sa future offensive vers le Tchad.
La fuite vers la frontière face à l’ultimatum de Wagner
Toutefois, la stratégie de Didot Ali s’est récemment heurtée à la réalité de la présence russe sur le terrain. L’ultimatum des miliciens de Wagner, interdisant aux combattants du MPC tout déplacement hors de l’Ouham sans autorisation écrite préalable sous peine de confiscation immédiate de leurs armes de service, a brisé ses plans de réarmement.
Face à cette tentative des mercenaires russes d’absorber toutes les forces du MPC pour en faire leurs exécutants, Didot Ali a opéré un repli stratégique.
Pour tenter de préserver son arsenal intact, le chef de guerre a discrètement redéployer une partie importante de ses hommes lourdement armés vers le long de la frontière tchado-centrafricaine. Ce mouvement confirme que Didot Ali refuse de voir son matériel militaire saisi ou contrôlé, car chaque fusil en sa possession est destiné à son projet de déstabilisation du Tchad.
C’est sous ce prisme qu’il faut analyser ses récentes manœuvres de communication. Pour cacher ses intentions de s’affranchir de tout processus de paix, Didot Ali fait circuler des notes d’information affirmant que le président fondateur Mahamat Al-Khatim chercherait à violer les accords signés avec le gouvernement centrafricain pour rejoindre l’opposition. En réalité, cette rhétorique sert à dissimuler son propre refus de désarmer. Devant la MINUSCA, il utilise le prétexte de son accord direct avec le gouvernement pour refuser de rendre les armes. La réalité mise au jour par nos enquêtes est bien plus inquiétante : Didot Ali se moque éperdument de l’avenir de la Centrafrique. Le MPC n’est pour lui qu’une couverture, et l’Ouham une base logistique dont il pille les mines pour financer une aventure militaire personnelle dont le point final reste la prise de N’Djamena.
Par Arsène Féimonazoui
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