Centrafrique : Ils ont adopté les méthodes Wagner et refusent de payer les taxes d’abattage, le ministère de l’Économie forestière les rappelle à l’ordre

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Centrafrique : Ils ont adopté les méthodes Wagner et refusent de payer les taxes d’abattage, le ministère de l’Économie forestière les rappelle à l’ordre

 

 

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Par : la rédaction de ,  

En copiant la méthode du groupe Wagner pour ne plus verser les taxes d’abattage et de reboisement, plusieurs groupements de forêts communautaires ont totalement arrêté de payer. Face à ce boycott, le ministère de l’Économie forestière tape sur la table et menace désormais de leur retirer leurs droits d’exploitation.

 

Le piège du mauvais exemple

Pendant longtemps, le groupe Wagner a fait la loi dans les forêts centrafricaines. En exploitant le bois à grande échelle sans jamais verser un franc CFA de taxes d’abattage ou de reboisement, les paramilitaires russes ont imposé un climat d’impunité totale. Si la pression internationale a fini par bloquer leurs exportations et stopper leur machine, le mal était déjà fait dans les esprits.

 

En observant ce pillage gratuit, les responsables des forêts communautaires ont fini par prendre une très mauvaise habitude. Une logique de contagion s’est installée dans les esprits : « Si Wagner coupe le bois sans payer l’État, pourquoi devrions-nous continuer à payer ? » C’est ainsi que, calquant leur comportement sur celui des Russes, ces groupements ont tout simplement arrêté d’honorer leurs redevances depuis plusieurs mois.

 

Le ministère hausse le ton : payer ou tout perdre

Face à ce désordre hérité des méthodes Wagner, le ministère de l’Économie forestière a décidé de réagir fermement. Dans un communiqué officiel diffusé sur les ondes de la radio nationale, un ultimatum clair a été lancé à une vingtaine de représentants de forêts communautaires, notamment à Sibut, Baoro, Bouka ou Njuku.

 

Le message du directeur de cabinet est un dernier avertissement. Les gestionnaires ont jusqu’au vendredi 31 juillet 2026 pour régler l’intégralité de leurs dettes, à savoir le loyer de l’année en cours, ainsi que les taxes d’abattage et de reboisement. Pour ceux qui s’obstineront à suivre la méthode Wagner, la sanction sera immédiate : l’État annulera purement et simplement leur arrêté d’attribution et leur retirera la gestion de la forêt.

 

Une confusion à dissiper pour les populations

Pour éviter toute mauvaise interprétation sur le terrain, il est capital de faire la part des choses :

Ce qui reste gratuit : Le Code forestier protège les droits d’usage des populations. Les villageois qui ramassent du bois mort pour faire la cuisine ou qui ouvrent un petit champ pour nourrir leur famille ne sont absolument pas concernés. Pour eux, l’accès à la forêt reste totalement gratuit.

Ce qui devient obligatoire : Dès que ces groupements exploitent la forêt pour couper et vendre du bois à but commercial, ils doivent payer les taxes. Ils ne peuvent pas s’accaparer les profits en refusant les devoirs qui vont avec.

 

Un manque à gagner direct pour les communes

Ce boycott fiscal ne pénalise pas seulement l’État à Bangui, il étouffe d’abord les communes de l’intérieur du pays. La loi centrafricaine stipule clairement qu’une part importante des taxes d’abattage et de reboisement doit être directement reversée aux mairies des lieux d’exploitation.

 

Ces fonds sont indispensables pour financer le développement local, comme la construction d’écoles, de centres de santé ou l’entretien des pistes. En copiant la fraude du groupe Wagner, ces gestionnaires de forêts communautaires privent leurs propres parents et leurs propres villages des ressources nécessaires pour vivre mieux. À l’approche du 31 juillet, ils vont devoir choisir entre rentrer dans l’ordre républicain ou perdre définitivement leur forêt.

 

Par Brahim Sallé

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