Centrafrique : Comment le général Zéphirin Mamadou a privatisé la logistique des FACA au profit de son fils de 27 ans

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Centrafrique : Comment le général Zéphirin Mamadou a privatisé la logistique des FACA au profit de son fils de 27 ans

 

 

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Par : la rédaction de ,  

Après les révélations fracassantes de Mediapart et de la PPLAAF sur l’appartement de luxe parisien de l’épouse du chef d’état-major, c’est un nouveau volet de la gestion clanique des Forces armées centrafricaines (FACA) qui éclate au grand jour. Le général d’armée Zéphirin Mamadou ne se contente plus de piller les caisses de l’État avec sa conjointe ; il a littéralement transformé l’armée nationale en une holding familiale. Dernière preuve en date de cette privatisation sauvage : la nomination stratégique de son propre fils, le Commissaire Commandant Jordy Étienne Mamadou, âgé de seulement 27 ans, au poste d’Assistant en charge des moyens de mobilité, des équipements et des infrastructures.

 

Enquête sur une trajectoire fulgurante et illégale, passée du statut d’enfant-soldat à celui de maître absolu des millions de la logistique militaire.

 

I. Le décryptage technique : Pourquoi la logistique militaire est le « coffre-fort » de l’armée

Pour le grand public, le terme « logistique » évoque souvent une simple intendance de bureau. En réalité, dans le domaine militaire, la logistique est le cœur névralgique et le poste le plus lucratif de toute l’institution.

 

En héritant du poste d’Assistant en charge des moyens de mobilité, des équipements et des infrastructures, le jeune Jordy Étienne Mamadou ne va pas sur le terrain des opérations. Il reste à l’abri dans les bureaux de Bangui pour contrôler :

 

Les moyens de mobilité : La gestion de l’ensemble de la flotte de véhicules de l’armée (achats, maintenance, parcs automobiles) et les stocks massifs de carburant.

 

Les équipements : Les contrats d’approvisionnement en armement, munitions, pièces détachées et matériels de transmission.

 

Les infrastructures : Les budgets alloués à la construction, la rénovation et l’entretien des casernes, bases militaires et checkpoints sur tout le territoire national.

 

En confiant les clés de ce bastion financier à son propre fils, le général Zéphirin Mamadou verrouille la chaîne de distribution de l’argent public. C’est le prolongement parfait du business des surfacturations déjà opéré par sa mère, Prisca Mamadou. L’argent entre par la mère (fournisseur) et est validé et décaissé par le fils (gestionnaire de la logistique), sous l’œil bienveillant du père (chef d’état-major).

 

LE TRIANGLE FINANCIER DU CLAN MAMADOU

 

[ LE PÈRE : Général Zéphirin Mamadou : Chef d’état-major général des FACA. Protection institutionnelle et impunité.

 

LA MÈRE : Prisca Mamadou ] [ LE FILS : Jordy Mamadou : fournisseur privilégié de l’armée.

 

Commissaire Commandant (27 ans) : Contrats de carburant & tenues – Assistant Logistique, Mobilité & Équipements. Encaisse les millions de l’État – Valide les budgets et gère les infrastructures.

 

II. De l’illégalité d’un enfant-soldat à l’insolence d’une promotion flash

L’historique de ce jeune officier relève du détournement des lois de la République et des traités internationaux. Né en 1999 (bien que son père ait falsifié ses documents administratifs pour le vieillir artificiellement), Jordy Étienne Mamadou a été intégré dans l’armée nationale en 2015.

 

Le scandale des lois internationales

En 2015, Jordy Mamadou n’avait que 16 ans. Pendant que la communauté internationale et les ONG se battaient en Centrafrique pour démobiliser les mineurs des groupes armés, le chef de l’armée intégrait son propre fils comme enfant-soldat au sein des forces régulières, violant ouvertement les conventions de l’ONU.

 

Propulsé immédiatement au cours des officiers grâce au piston paternel, le gamin passe les grades à une vitesse supersonique :

 

À 23 ans, il est devenu commandant dans l’armée nationale.

 

Depuis une semaine, il est devenu commissaire commandant, chef de la logistique militaire.

 

Pendant que les enfants du peuple centrafricain croupissent dans la misère, se battent pour obtenir une licence à l’Université de Bangui ou meurent au front face aux groupes rebelles pour des soldes de misère, le fils Mamadou, à 27 ans, règne sur un empire logistique et financier.

 

III. Une armée transformée en holding privée : Les « planqués » de la famille

Le cas de Jordy Mamadou n’est que la face émergée d’un système de népotisme généralisé. Le général d’armée Zéphirin Mamadou a méthodiquement placé ses frères, sœurs, cousins et alliés à tous les postes clés de l’administration militaire.

 

La stratégie du clan est bien rodée : aucun membre de la famille Mamadou ne se trouve au front. Les postes de combat, là où les balles sifflent et où les soldats versent leur sang, sont laissés aux enfants des pauvres. Les membres de la famille Mamadou, eux, occupent exclusivement les postes budgétaires, administratifs et de bureau. Ils bloquent l’administration des FACA, interceptent les flux financiers et gèrent l’armée comme le champ de culture privé du général.

 

IV. La complicité passive et coupable de Faustin-Archange Touadéra

Une question demeure sur les lèvres de tous les officiers intègres des FACA qui assistent, impuissants, à ce pillage : comment le président Faustin-Archange Touadéra, chef suprême des armées, peut-il tolérer une telle dérive mafieuse ?

 

La réponse réside dans un pacte de corruption mutuelle. Le président Touadéra maintient le général Mamadou à la tête de l’armée depuis près de neuf ans parce que ce dernier lui garantit une soumission totale des troupes. En échange de cette fidélité aveugle, Touadéra ferme les yeux sur les exactions financières, le népotisme et les caprices du couple Mamadou et de leur progéniture. L’armée nationale centrafricaine a cessé d’être un instrument de défense de la patrie ; elle est devenue une milice administrative au service de la survie d’un régime et de l’enrichissement insolent d’un clan.

 

Face à ce cartel familial, la colère gronde au sein de la troupe. Le dossier du Commissaire Commandant Jordy Mamadou, l’enfant-soldat devenu milliardaire de la logistique à 27 ans, vient s’ajouter à la pile des pièces à conviction qui condamnent irrévocablement la gestion du clan Mamadou devant le tribunal de l’Histoire centrafricaine.

 

Ne manquez pas notre prochain article sur CNC : La liste exclusive des membres de la famille du général Mamadou placés dans l’administration des FACA.

 

Par Alain Nzilo

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