Pampali dénonce les courtisans de Touadéra : « Ce sont eux qui créent les problèmes
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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Il a près de quarante ans de vie politique derrière lui. Il a occupé des fonctions d’État, observé des régimes de l’intérieur, vu des présidents arriver avec de bonnes intentions et repartir défaits par leur propre entourage. Laurent Gomina Pampali, ancien ministre, ex-député et ancien professeur de philosophie à l’université de Bangui, sait de quoi il parle quand il pointe du doigt les courtisans qui gravitent autour du pouvoir à Bangui.
Dans un entretien accordé à Guira FM, Pampali a lancé ce qu’il appelle lui-même un message d’alerte au dictateur Faustin-Archange Touadéra : « Les courtisans créent le plus souvent des problèmes aux dirigeants. Un dirigeant peut arriver tout frais, avec de bonnes idées, de bonnes intentions, mais après, les courtisans vont dire : celui-là, on ne doit plus le voir. »
Le mécanisme est connu, mais rarement dit aussi clairement par quelqu’un qui en a été le témoin direct. Ces hommes et ces femmes qui peuplent les couloirs du palais de la Renaissance ne servent pas le chef de l’État. Ils se servent. Pampali l’affirme sans détour : leur objectif, c’est de se tailler une place à la table du pouvoir, et pour y parvenir, ils n’hésitent pas à discréditer les autres, à isoler le président de voix qui pourraient lui être utiles, à construire autour de lui une chambre d’écho où seules leurs ambitions résonnent.
Ce que décrit l’ancien ministre, c’est un phénomène vieux comme les États mais particulièrement dévastateur dans des pays fragilisés comme la Centrafrique. Le président se retrouve coupé de la réalité, nourri d’informations filtrées, entouré de gens dont la loyauté s’arrête là où s’arrête leur intérêt personnel.
Pampali conseille à Touadéra de s’en débarrasser sans hésitation : « Il doit se débarrasser de ceux qui veulent lui faire du surplace, honnêtement. »
L’avertissement prend une dimension particulière au moment où Touadéra entame son nouveau septennat avec des promesses de rupture, de lutte contre la corruption et de fin de l’impunité. Car si ces courtisans restent en place, dit Pampali, ce sont eux qui planteront les pièges contre le système de l’intérieur. Pas l’opposition. Pas les journalistes. Ceux qui sourient en Conseil des ministres et poignardent dans les couloirs.
Pampali conclut par une mise en garde philosophique qui résume tout : un président qui prête l’oreille aux seuls flatteurs finit par gouverner seul — et malheur, dit-il, à l’homme seul.
Par Éric Azoumi
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