L’opposant, leader du BRDC Raymond Adouma accuse frontalement Touadéra de coup d’État constitutionnel

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L’opposant, leader du BRDC Raymond Adouma   accuse frontalement Touadéra de coup d’État constitutionnel

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

Dans le débat diffusé la semaine passée sur les ondes de la radio Ndékè-luka, l’ancien ministre Raymond Adouma   n’a pas mâché ses mots. Face au ministre de la Jeunesse et de l’Éducation civique, Héritier Doneng, il a lancé une charge directe contre le président Faustin-Archange Touadéra et l’entrée officielle dans la septième République.

 

« Le président a violé la Constitution sur laquelle il a prêté serment deux fois », a déclaré Raymond Hadouman. Selon lui, Touadéra avait juré de ne jamais modifier ni la durée ni le nombre de mandats. « Il l’a fait de manière très violente parce que sans base juridique », a-t-il ajouté.

 

Adouma   a rappelé que le chef de l’État a destitué le président de la Cour constitutionnelle avant d’instaurer une nouvelle Constitution qu’il décrit comme une simple feuille de route « qui ne tient pas debout » et « qui n’arrive même pas déjà à appliquer ». Pour l’opposant, membre du Bloc républicain pour la défense de la Constitution du 30 mars 2016 (BRDC), ces actes constituent un coup d’État constitutionnel pur et simple.

 

Le débat, organisé après la prestation de serment du 30 mars 2026 au complexe sportif Barthélémy-Bouganda, a rapidement tourné autour de la légitimité du nouveau mandat de sept ans. Adouma   a insisté : l’opposition avait demandé un dialogue pour apaiser le climat politique et organiser des élections sereines. « Nous avons appelé au dialogue afin de trouver des solutions politiques aux problèmes qui se posent à notre pays », a-t-il expliqué. Mais selon lui, le président, « sachant qu’il était vomi par 90 % de la population centrafricaine », n’a voulu accéder à aucune de ces demandes.

 

L’ancien ministre a aussi critiqué la gestion de la sécurité et de l’armée. Il a pointé du doigt l’existence de milices privées, dont les « requins » dont le ministre Doneng serait, selon lui, le créateur. « On ne fait pas de la réconciliation avec une milice privée », a-t-il lancé, estimant que le pouvoir ne peut pas construire une république avec des groupes qui ne répondent pas aux textes officiels.

 

Sur le plan économique et social, Adouma   a dressé un tableau sombre : l’espérance de vie serait passée de 60 à 53 ans, les Centrafricains mangeraient souvent une seule fois par jour avec des produits de qualité médiocre, et la production agricole aurait chuté. Il a également dénoncé le fait que les villes restent isolées faute de routes et que la population ne peut pas circuler librement dans l’arrière-pays malgré les déclarations officielles sur la pacification.

 

Le ministre Doneng a défendu le bilan du président en évoquant l’unité nationale retrouvée, la dignité du peuple grâce à une armée républicaine et l’entrée dans une ère de renaissance basée sur le travail. Il a qualifié le BRDC de « bloc des rebelles pour la destruction du Centrafrique » et a insisté sur le fait que le peuple a choisi cette nouvelle Constitution par référendum.

 

Adouma   a rejeté ces arguments, estimant que l’appel à l’unité du président n’est qu’une nouvelle tentative de tromperie. Il a rappelé que l’opposition avait boycotté les élections groupées du 28 décembre dernier et qu’elle ne participerait pas à ce qu’il considère comme une comédie.

 

Le débat s’est terminé dans une atmosphère tendue, avec des échanges vifs entre les deux invités. Pour Raymond Hadouman, la septième République ne marque pas un nouveau départ mais l’ouverture vers une gouvernance sans limite claire de temps, loin des principes démocratiques que l’opposition dit avoir défendus pendant des années.

 

Ce débat reflète les profondes divisions qui persistent en Centrafrique malgré l’investiture solennelle du 30 mars. L’opposition continue de contester la légitimité du processus constitutionnel et électoral, tandis que le camp présidentiel appelle à tourner la page et à se concentrer sur le développement.

 

Par Brahim Sallé

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