Centrafrique : la COSCIPAC dresse un bilan chaotique de dix ans de gestion Touadéra

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la COSCIPAC dresse un bilan chaotique de dix ans de gestion Touadéra

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

 Un document de la Coordination des Organisations de la Société Civile pour la Paix en Centrafrique pointe, chiffres et secteurs à l’appui, les dérives qui auraient gangréné l’appareil d’État depuis 2016.

 

Daté du 27 avril 2026 et signé par Petit Delphin Kotto, coordonnateur national de la COSCIPAC, le texte s’ouvre sur un constat que son auteur qualifie de tendance structurelle : l’opacité dans la gestion des ressources publiques, la faiblesse des mécanismes de contrôle et une impunité perçue comme érigée en système. Kotto cible nommément l’influence du Mouvement Cœurs Unis dans ce qu’il décrit comme un écosystème propice à la dilution des responsabilités.

 

Le document articule son analyse autour de sept volets. Sur le plan financier, la COSCIPAC pointe des détournements présumés dans des projets financés par des partenaires internationaux, rendus possibles, selon Kotto, par des circuits parallèles de gestion que l’État n’aurait ni la volonté ni les outils de démanteler. La corruption administrative vient ensuite, décrite comme banalisée, des recrutements jusqu’à l’accès aux droits sociaux, au point que le citoyen aurait durablement rompu avec la confiance envers les institutions.

 

L’opacité constitue le troisième grief. Kotto relève l’absence de publication régulière des rapports de contrôle et la difficulté d’accès à l’information publique, deux lacunes qui, selon lui, laissent le champ libre aux allégations sans que des mécanismes indépendants ne puissent les infirmer ou les confirmer. Le quatrième volet concerne la politisation des offices parapublics, dont la direction serait confiée sur des bases partisanes plutôt que techniques, transformant ces structures en instruments de consolidation du pouvoir.

 

Sur l’impunité, le coordonnateur national de la COSCIPAC pointe la faiblesse de l’indépendance judiciaire, les pressions politiques et l’absence de protection des lanceurs d’alerte comme autant de facteurs qui perpétuent les abus dénoncés. Les deux derniers volets portent sur les effets économiques et sociaux : perte de revenus pour l’État, recul des capacités d’investissement, dépendance accrue aux bailleurs extérieurs, et dégradation des services de base qui alimente, avertit Kotto, un risque d’instabilité durable.

 

Dans sa conclusion, Petit Delphin Kotto appelle à une refondation de la gouvernance fondée sur la transparence, l’indépendance des institutions de contrôle et la dépolitisation de l’administration, et engage le peuple centrafricain à une prise de responsabilité collective pour instaurer une transition politique.

 

Par Gisèle MOLOMA

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