Centrafrique: Impasse électorale et le spectre de la contrainte pour le second tour à Paoua 3.

Rédigé le 08 avril 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Face au silence des autorités après le préavis de marche de la population en date du 16 mars dernier, la tension monte d’un cran dans la commune de Banh. Les populations locales, dénonçant l’ma disqualification de leur candidat favori, exigent désormais que le scrutin du 26 avril soit délocalisé à Bangui au domicile du candidat au second tour, le sulfureux Namtoli tandis que la pression des mercenaires russes de Wagner se fait de plus en plus lourde sur les chefs de village.
L’imbroglio politique dans la circonscription de Paoua 3 semble avoir atteint un point de non-retour. Alors que le second tour des élections législatives est prévu pour le 26 avril 2026, le climat social à Banh est marqué durant tout le mois de mars par une rupture totale de confiance envers les instances électorales locales et nationales.
Un dialogue de sourds et une mobilisation étouffée.
L’origine de la crise remonte à la disqualification de leur candidat favori et arrivé en tête lors du 1er tour, Tononi Ndinganza Ghislain. Dans un mémorandum adressé à l’Autorité Nationale des Élections (ANE) dès le 5 mars, les représentants des villages de la commune de Banh fustigeaient déjà ce qu’ils qualifient de “manipulation politique” et de “monopole de gestion” par une seule famille.
Malgré un préavis de marche déposé le 12 mars pour une manifestation prévue le lundi 16 mars à Paoua, les autorités locales sont restées murées dans le silence des morts. Cette absence de réaction a empêché la tenue de la marche, mais a surtout exacerbé le sentiment d’oppression d’une population qui estime son choix souverain volé au profit d’un candidat mafieux.
Devant l’absence de garanties sur la transparence et l’indépendance du processus, les chefs de village et les collectifs de citoyens, notamment à Mbali, Kama et Souli, durcissent leur position. Le message est désormais clair : si les revendications ne sont pas entendues, le processus électoral ne pourra pas se tenir sereinement sur leurs terres.
La population demande officiellement à l’ANE de remettre dans la course du second tour, leur candidat favori ou dans le cas contraire, d’organiser le vote du 26 avril en dehors de leur circonscription. Ils refusent de cautionner un scrutin déjà volé au premier tour et craignent que leur vote du second tour ne soit autre qu’une validation de leur vol.
Mais selon nos informations, l’ANE compte user la méthode Wagner dans la circonscription : Le vote sous surveillance. D’après ces sources, les éléments de la société de sécurité Wagner seront appelés en renfort. Ces derniers exigent fermement à l’ANE que le scrutin se déroule au sein même de la circonscription, sous leur supervision directe, comme ils l’ont imposé dans d’autres grandes localités du pays.
Cette position sonne comme un avertissement direct aux autorités coutumières. En affirmant vouloir surveiller de près le déroulement du vote, Wagner place les chefs de quartier et de village, signataires des listes de protestation, sous une pression extrême. La menace est à peine voilée : l’objectif est d’étouffer toute velléité d’obstruction le jour J.
Un test de légitimité pour l’ANE.Le dossier, transmis au département juridique et à la MINUSCA, place les autorités électorales devant un dilemme majeur. Entre une population qui réclame justice ou délocalisation et des forces paramilitaires qui entendent imposer le scrutin par la force, la circonscription de Paoua 3 est devenue une véritable poudrière.
À moins d’un mois du vote, le silence de la préfecture de Paoua ne fait qu’alimenter l’incertitude : le 26 avril sera-t-il le jour d’une élection démocratique ou celui d’une simple opération de contrôle territorial ?
Affaire à suivre.
Par Fortuné Bobérang
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