Bégoua Pk12 : quand l’ouverture d’un commissariat ressemble à une aubaine pour les policiers racketteurs

Rédigé le 24 mars 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
À la sortie nord de Bangui, Bégoua Pk12 est depuis longtemps le royaume du racket en tenue. Un bâtiment neuf financé par la MINUSCA vient d’y ouvrir. L’histoire continue pour ces racketteurs en tenue.
Comme vous le savez déjà, le secteur Bégoua Pk12, c’est le point de jonction de deux axes routiers qui drainent quotidiennement des centaines de véhicules et de commerçants. Le premier part vers Boali, puis file vers le Cameroun via Béloko et Garoua-Boulaï. Le second descend vers Damara avant de bifurquer tantôt sur Bambari et Kaga-Bandoro, tantôt plus loin vers le Tchad ou le Soudan.
Ces deux axes, ce sont des couloirs de ravitaillement, des poumons économiques pour des milliers de familles. Et depuis des années, ils sont aussi les territoires de chasse des hommes en tenue qui y prélèvent leur dû au passage, sans reçu, sans raison, sans gêne. Policiers, gendarmes, militaires des FACA, gardes présidentiels — chacun y a planté son poste, chacun y a sa barrière.
À cela s’ajoutent les éléments de la milice russe Wagner, les commandos rwandais, positionnés ici comme partout ailleurs en RCA avec leurs propres règles et leur propre loi. Les casques bleus de la MINUSCA sont également présents dans ce périmètre, où cohabitent aussi la brigade territoriale de gendarmerie, la brigade motorisée, la garde républicaine, et une base des forces armées à moins d’un kilomètre.
C’est dans ce décor déjà chargé que la MINUSCA a financé la construction d’un commissariat de police, pour la somme de 42 millions de francs CFA. Le bâtiment d’environ 15 mètres sur 13 abrite un bureau de brigade d’accident, une unité de police judiciaire, un magasin d’armes et un poste de police. Le commissaire Claude Coutoulingar en a pris la tête.
Devant les caméras, les habitants du coin ont dit leur satisfaction. Ils ont demandé des patrouilles nuit et jour, évoqué leur sentiment de liberté retrouvée, salué l’arrivée de ces éléments déployés au Pk12 pour fluidifier la circulation sur les deux axes. La chaussée, jadis encombrée de vendeurs ambulants, serait déjà dégagée selon les autorités.
Mais derrière ce vernis de cérémonie, la réalité de Bégoua Pk12 n’a pas bougé d’un centimètre. Sur ces axes où circule l’argent des familles centrafricaines, chaque uniforme a toujours su se servir.
Par Brahim Sallé
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